John Rabe

John Rabe

John Rabe (Le juste de Nankin) est un film réalisé par Florian GALLENBERGER et produit par NICOLAS TRAUBE sorti dans les salles françaises le 27 avril 2011.

Nominé dans sept catégories aux German Films Awards, John Rabe en a gagné quatre dont ceux du meilleur film et du meilleur acteur. Tourné en Chine, l'ouvrage a bénéficié de moyens colossaux de sorte qu'on a affaire à une grande fresque historique digne des meilleures réussites du genre, avec un parfait équilibre entre réalité, suspense, bravoure et romantisme.

L'histoire

L'histoire véridique de John Rabe, un membre du Parti Nazi et employé au sein de la multinationale Siemens. De Décembre 1937 à Janvier 1938, Rabe s'employa à sauver 200 000 chinois durant le massacre de Nankin.

Créant une zone de front au sein même de la ville chinoise et de ses combats sanglants, la narration retrace le sauvetage de la population chinoise des atrocités japonaises qui ont fait 300 000 morts parmi les civils. Rapatrié en Allemagne en février 1938, John Rabe fut accusé de désobéissance et longuement questionné par la Gestapo. Libéré grâce à l'intervention de la direction de Siemens, il fut écarté des affaires. Arrêté par les troupes russes en 1945, il fut aussitôt remis aux alliés occidentaux. Jusqu'à sa mort, en 1950, il vécut modestement grâce à des dons du gouvernement chinois, encore sous contrôle nationaliste.

Sa dépouille a été transférée en Chine en 1997. Le film n'évoque que les trois mois du Viol de Nankin, que les Chinois comparent légitimement à la bombe d'Hiroshima.

Tel que décrit dans le film, l'héroïsme de John Rabe ne sortit de l'oubli qu'en 1997, lorsque fut publié son journal, traduit en anglais. Écartée durant le règne de Mao Tse-toung, sa mémoire fait, depuis, l'objet d'un véritable culte derrière la Grande Muraille où il est désormais surnommé le Schindler de la Chine.

Repères Historiques

L'homme d'affaires John Rabe (né le 23 Novembre 1882, à Hambourg, mort le 5 Janvier 1950, à Berlin) est, avec Marx et Engels, l'allemand le plus connu en Chine. Pour ses actions humanitaires lors de la seconde guerre sino-japonaise, le New York Times l'a surnommé le «Schindler de la Chine ».

Après des études de commerce puis plusieurs années passées en Afrique, John Rabe est arrivé en Chine en 1908.

De 1911 à 1938, il a travaillé chez Siemens China Co., une filiale de la société allemande Siemens. En 1931, il a été nommé gérant de société Siemens à Nankin.

En collaboration avec plusieurs autres étrangers qui ont séjourné dans la ville, John Rabe met en place entre1937 et 1938 une zone de sécurité d'environ quatre kilomètres carrés au cours du tristement célèbre « massacre de Nankin » (ville maintenant connue sous le nom «Nanjing») pour protéger une partie de la population civile de l'armée japonaise. Ainsi, il a pu sauver des milliers de vies. Environ 250 000 civils ont trouvé refuge dans la zone de sécurité. Environ 600 personnes ont campé dans sa propre cour. En outre, Rabe fit en sorte que les personnes reçoivent des soins médicaux, mais il a également personnellement protégé les femmes et les enfants menacés par des soldats japonais. Rabe a dressé un drapeau nazi sur sa propriété pour dissuader les pilotes japonais de bombarder sa maison. Ainsi, l'usine
fut en grande partie épargnée par les bombardements ou attaques de l'armée japonaise.

En Février 1938, Siemens a ordonné à John Rabe de revenir à Berlin.

La Gestapo l'a arrêté après qu'il ait souligné les crimes de guerre des Japonais à des conférences et dans une lettre à Adolf Hitler. Ils ont détruit ses photographies et ses films du massacre. Après la guerre, la demande de réhabilitation de Rabe fut refusée par les britanniques au début, mais après avoir eu vent de ses actions humanitaires, elle a été accordée. En guise de reconnaissance, le gouvernement chinois lui a versé une petite pension jusqu'à sa mort. Cependant, John Rabe, est décédé pauvre et oublié à Berlin le 5 Janvier 1950, d'un accident vasculaire cérébral.
En 1997, le gouvernement chinois a transféré le cercueil de Rabe au Mémorial du massacre de Nankin. Ce n'est qu'en 2003, que l'Allemagne a rendu hommage aux actions humanitaires de John Rabe.

Synopsis

Nankin (Chine), 1937. Tandis que l'Europe est en proie à la montée en puissance d'Hitler, à l'autre bout du monde, les Japonais ont entrepris d'envahir la Chine.
Depuis 30 ans John RABE vit à Nankin où il dirige l'usine Siemens qui y construit un générateur gigantesque et un barrage, quand il apprend, qu'il est rappelé à Berlin et que l'usine de Nankin va être confiée à FLIESS, un Nazi convaincu pour lequel il n'éprouve que du mépris. Mais lors du bal donné pour son départ, Nankin est bombardé par des avions japonais. Les habitants sont terrorisés et RABE leur ouvre les grilles de Siemens pour leur offrir un refuge, sauvant ainsi la vie de plusieurs centaines de personnes.

Le lendemain, les diplomates étrangers discutent de la conduite à adopter dans ce contexte critique et décident de mettre en place une zone de sécurité pour civils à Nankin afin de protéger la population chinoise. JOHN RABE est choisi pour diriger cette zone.

Tandis que l'armée impériale japonaise se déchaîne et se livre à des brutalités, décapitations, meurtres et viols sur la population civile, 250.000 chinois affluent dans la zone de sécurité. Les Japonais projettent alors d'utiliser un prétexte pour l'attaquer. C'est le début pour RABE et ses camarades d'une lutte incessante…

Florian Gallenberger et le projet "JOHN RABE"

En Mars 2006, je suis allé pour la première fois en Chine, avec le journal de John RABE dans mes bagages avec l'idée de faire une adaptation filmée des événements du journal relatifs à l'année 1937.

Bien sûr, j‘étais tout à fait conscient qu'aujourd'hui encore la figure de John RABE et son histoire était un sujet particulièrement sensible pour diverses raisons. Tout d'abord, le massacre de Nankin fût et est toujours une cause de tension diplomatique entre la Chine et le Japon, car les faits tout comme la question de la culpabilité sont perçus différemment dans les deux pays. Mais le film présentait également une question sensible d'un point de vue allemand : En tant qu'allemand,
peut-on faire un film qui a pour personnage principal un membre du parti Nazi qui va sauver des civils chinois de l'agression japonaise grâce au drapeau nazi ?

Afin de répondre à cette question, j'ai décidé de connaître le contexte, le pays, les lieux où se sont déroulés les événements relatifs à John RABE. Je voulais autant que possible comprendre qui était cet homme avant de savoir si l'on pouvait faire un film sur lui, et si l'on se devait de faire un film sur lui.

J'ai donc été en Chine comme un simple touriste, sans prévenir personne des motivations de ma visite. Je voulais me faire ma propre image, sans être influencé.

Après avoir passé les premiers jours à Shanghai et impressionné par la fascinante et terrifiante vivacité de cette métropole, je suis parti pour Nankin accompagné d'un interprète. Sur le trajet mon téléphone chinois sonna, celui que je venais d'acheter et dont seuls ma femme et des amis allemands avaient le numéro. J'ai entendu la voix d'une femme chinoise, qui me remerciait en anglais d'effectuer un voyage en Chine dans le but de faire un film sur John Rabe et le massacre de Nankin.

Mais malheureusement, elle devait m'informer que je n'aurai pas d'autorisation pour tourner ce film, car le Comité Central du Parti Communiste Chinois avait décidé qu'il n'y aurait qu'un seul film autorisé à traité le sujet, et qu'un réalisateur chinois avait déjà été choisi. Elle s'est dit vraiment désolée, et m'a souhaité un très bon
séjour en Chine. Puis elle a raccroché.
J'étais stupéfait. Comment savait-elle que j'étais là, que j'avais l'intention de faire un film sur John Rabe, et par-dessus tout, comment avait-elle eu mon numéro ?
Après cet appel j'ai été envahi par une sensation que je n'avais encore jamais ressenti. La sensation d'être espionné. La sensation d'être suivi par quelqu'un que je n'avais pas remarqué. Une expérience extrêmement déconcertante.

Après être arrivé à Nankin je suis allé visiter le Nanjing Massacre Memorial Hall, qui vous donne une idée précise de l'intensité des atrocités et de la souffrance. Quand j'ai demandé à l'administration du musée si il y avait encore des survivants, et s'il était possible de les rencontrer, j'ai appris qu'effectivement il y en avait un grand nombre, mais qu'une rencontre ne pouvait être organisée que par un responsable du parti Communiste, et bien sur avec son autorisation… Mais si j'étais le réalisateur venu d'Allemagne, la demande serait forcément refusée car on m'avait déjà prévenu que je n'aurai pas l'autorisation de faire un film à ce sujet.

Cette fois, ce n'était plus une sensation de stupéfaction ni de malaise mais bel et bien de la frustration. Je ne comprenais pas pourquoi je continuais à me heurter à un mur. Qu'avaient-ils contre notre film alors qu'ils ne nous avaient encore jamais rencontré ? Chacune de mes demandes d'explications ou de permissions pour expliquer mes intentions furent rejetées. Pour la première fois, j'étais prêt à abandonner.

Dévasté, je me promenais dans les rues de Nankin avec ma nouvelle interprète (je m'étais séparé de la première car je la suspectais d'être « la taupe »), quand tout à coup nous rencontrons un grand homme aux cheveux blancs. Nous nous sommes salués chaleureusement, puis je lui ai dit « Ni Hao » et il m'a sourît avec un sourire bienveillant.

Puis j'ai eu une idée : j'ai demandé à l'interprète de lui demander s'il était né à Nankin, et sans vouloir être grossier, quel âge avait-il ? Il sourît encore et répondit qu'il avait 83 ans et qu'il vécut toute sa vie à Nankin. J'ai attendu qu'il me dise, « mais si vous êtes le réalisateur allemand, vous devez être au courant que vous n'avez pas l'autorisation pour faire le film et aussi que je ne suis pas autorisé à vous parler ».
Mais il n'en fit rien. Au contraire, lorsque l'interprète lui a dit que j'étais allemand et que je venais afin de découvrir ce que John Rabe avait accompli, ses yeux se sont mis à briller, et il nous invita chez lui.

M. Gao et sa femme se rappelaient très bien du temps de l'invasion japonaise. Il avait 13 ans au moment des faits et était intimement persuadé que lorsque vous étiez attaqués par des étrangers, seuls des étrangers pouvaient vous protéger – et ce fut le cas, car lui-même, sa mère, et ses semblables avaient trouvé refuge dans la cour d'un étranger.
Et où était-ce, lui ai-je demandé.
« La maison était sur Xiaofen Qiao, au coin de Guangzhou Street. »
Je ne pouvais plus contenir mes émotions. C'était l'adresse de John Rabe.
A ce moment, à la question peut-on faire ce film ? Doit-on faire ce film ?
La seule réponse à mes yeux était : On doit faire ce film.

Distribution

- John RABE : Ulrich Tukur
- Dr. Georg Rosen : Daniel Brühl
- Dr. Robert Wilson : Steve Buscemi
- Valérie Duprès : Anne Consigny
- Dora Rabe : Dagmar Manzel
- Langshu : Zhang Jingchu
- Prince Asaka Yasuhiko : Teruyuki Kagawa
- Werner Fliess : Mathias Herrmann
- Colonel Kesago Nakajima : Tetta Sugimuto
- General Iwane Matsui : Akira Emoto
- Dr. Oskar Trautmann : Gottfried John

Équipe Technique

- Réalisé et écrit par Florian Gallenberger
- Producteurs : Nicolas Traube, Mischa Hofmann, Jan Mojto, Benjamin Herrmann
- Directeur de la photographie : Jürgen Jürges
- Décor : Tu Juhua
- Montage : Hansjörg Weibrich
- Musique : Laurent Petitgirard, Annette Focks
- Costume : Lisy Christl
- Maquillage : Heike Merker, Kitty Kratschkle
- Co-producteurs : Wang Zhongjun, Wang Zhonglei
- Producteur associé : Qiao Ling

La Rédaction

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Dernière modification le 19/04/2011