Monparnasse à Shanghai (SHANGHAI, 1849-1946)

   
Archives diplomatiques

Shanghai, ville cosmopolite, placée au carrefour des cultures, est l'un des pôles les plus créatifs du pays. Enseignement, littérature, arts, débat intellectuel, tous les domaines mêlent influences occidentales et expériences chinoises. Des artistes chinois se rendent en France, étudient dans les universités, et, de retour à Shanghai créent ou animent des académies des Beaux-Arts qui sont autant de sources de diffusion des techniques picturales françaises.

C'est aux jésuites que l'on doit la création d'un véritable Centre d'art et d'artisanat occidental, avec les activités qu'ils développent dans le cadre de l'orphelinat créé en 1865 , à Zikawei. Les religieux et leurs élèves y réalisent des tableaux, des travaux d'orfèvrerie, du  mobilier, des vitraux pour divers établissements laïques ou missionnaires, tandis qu'une imprimerie édite ouvrages savants et gravures populaires.

Monparnasse à Shanghai (SHANGHAI, 1849-1946)

Des artistes chinois peuvent y suivre des cours de dessin et d'anatomie, rompant ainsi avec la tradition de la peinture nationale. Un fonctionnaire, Zhou Xiang, qui a fui en France après l'échec du mouvement réformiste des Cent Jours, fonde, à son retour, en 1910, sa propre école qui formera les pionniers de l'occidentalisme shanghaien. L'un de ses élèves, Liu Haisu, crée à seize ans, en 1912, dans la concession française, l'ancêtre des écoles modernes des Beaux-Arts, une académie dont les méthodes d'enseignement s'inspirent de celles en vigueur à Paris. Par ailleurs, le système "travail-études" mis en place sous l'impulsion de Cai Yuanpei, futiur ministre de l'instruction publique, promeut l'envoi de jeunes étudiants chinois en France, entre 1911 et 1930, et leur apporte un soutien financier et moral.

Formés en Europe, Jupéon (Xu Beihong), qui devient après 1926, le directeur de l'Ecole des Beaux-arts de Pékin et Lin Fong-min (Lin Fengmian), qui dirige dès la fin des années vingt la toute nouvelle académie nationale des Beaux-arts créée à Hangzhou, s'affirment comme les maîtres de l'art moderne en Chine. Lin Fengmian y prône la synthèse entre la tradition de la peinture nationale et la modernité découverte en Occident, soit le renouvellement des sujets et des techniques. A Shanghai, des amateurs d'art français achètent nombre de ses oeuvres De cette prestigieuse école sont issus les peintres Zao Wou-ki (Zhao Wouji), Chu Teh-chun (Zhu Dequn), Chao Chung-hsiang (Chao Chunxiang) et Wu Guanzhong.

Monparnasse à Shanghai (SHANGHAI, 1849-1946)

En 1929, à lieu la première exposition du Shanghai Art Club au collège municipal français, ancien club sportif. Par la suite les graphistes, peintres, sculpteurs, architectes - dont l'agence Léonard et Veysseyre - y présenteront régulièrement leurs œuvres. En 1929, toujours au collège municipal français, est réalisée la première exposition internationale des Beaux-arts où la peinture influencée par l'Occident, la xihua est officiellement présentée aux côtés de la peinture nationale chinoise, guohua ou zhongguohua.

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La Rédaction

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Dernière modification le 25/01/2006