SUIVEZ-NOUS :
S'identifier  |  Créer un compte

La place du cheval dans la culture chinoise

© Chine Informations - La Rédaction, le 27/01/2014 07:13

cheval chinois

Le 31 janvier 2014, le signe chinois du Serpent laissera la place à celui du Cheval lors du Nouvel an chinois. C'est l'occasion de s'intéresser à la place de cet animal dans la culture chinoise.

Une ancienne passion

L'amour des Chinois pour le cheval ne date pas d'hier. Aussi loin que remonte son histoire, vers 7000 an avant J.-C., les Chinois ont toujours eu une relation très privilégiée et une passion très forte avec cet animal. Beaucoup disent qu'en théorie, les Chinois n'auraient pu conquérir et administrer un aussi vaste territoire que la Chine sans le cheval. D'ailleurs l'empereur n'avait en sa possession d'autres moyens à part lui pour communiquer avec ses sujets, et leur faire connaitre ses décrets et ses volontés au 4 coin du pays. Les édits impériaux étaient transportés à dos de cheval d'une région à l'autre pour être lus ou affichés en place publique. Ce n'est qu'une théorie parmi tant d'autres mais la vérité est que le cheval (et son cavalier) a été à maintes reprises, un élément décisif qui pouvait modifier l'issue des batailles.

On peut facilement se rendre compte à quel point ce "culte" du cheval est très important, et ce, grâce à la découverte de sépultures de propriétaires chinois où l'on aussi retrouvé les ossements de leur animal. A l'instar des pharaons qui étaient ensevelis avec leurs esclaves, le funeste destin de ces fiers destriers était de suivre leur maitre dans l'autre monde. Ceci démontre bien la place que tenait le cheval dans la vie et la culture chinoise. A l'époque déjà, on mesurait la puissance et la richesse d'un homme au nombre de chevaux qui tiraient son chariot.

Il apparait à maintes reprises dans la mythologie chinoise. Il est souvent muni d'une paire d'ailes et il est associé la plupart du temps au dragon. La légende de l'empereur Huang Di, qui fut amené au Ciel par un cheval volant en est un parmi tant d'autres. D'un point de vue artistique, on constate que ce même cheval ailé revient souvent en peinture et en sculpture. Le pays était à cette époque souvent confrontée à des crises politiques et des guerres de frontières à répétition. De nombreuses nations frontalières menaçaient la Chine de toute part.

Il est devenu évident que le pays avait besoin de chevaux pour combattre les ennemies potentielles. Il fallait donc s'approvisionner. Il est encore possible aujourd'hui de retrouver des écrits témoignant des tractations menées entre les autorités chinoises et les marchands de chevaux. A l'époque les chevaux étaient rares et donc très chers. C'est d'ailleurs le début des échanges avec les européens qui importaient en Chine des chevaux de races pures. Le pays a aussi fait beaucoup de commerce avec les pays voisins comme l'Inde. Cette recherche constante de nouvelle race pure pour améliorer la performance et la puissance des chevaux a conduit à l'ouverture de plusieurs types de commerce, comme celle de la soie.

Vers 618-907 après J.-C. avec la dynastie des Tangs, le cheval acquiert ses titres de noblesses. C'est grâce à cette puissante famille que des programmes sélectifs furent mises en place afin d'obtenir des races pures sangs et améliorer ainsi le cheptel. Le cheval commence à inspirer beaucoup de respect. Non seulement pour sa noblesse et son caractère fier mais aussi parce qu'il a contribué à unifier un pays entier. Il est donc assez normal de le voir figurer parmi les animaux qui composent l'astrologie chinoise. Ce qu'il faut savoir sur le signe du Cheval c'est qu'il est souvent  nomade et reste rarement en place. Les personnes nées sous ce signe possèdent en général un esprit vif et une présence rayonnante.

D'ailleurs, on peut attribuer plusieurs inventions aux Chinois comme le collier de trait qui se porte au niveau du poitrail et qui ne gêne plus le cheval dans ses efforts et décuple ses forces. Les chinois ont mis un certain temps avant d'utiliser la selle et le harnais. Mais au fil des siècles, ils ont, sans aucune doute, apporté des modifications importantes sur ces accessoires indispensables afin de les rendre plus maniables et plus confortables. Les Chinois ont été les premiers a inventé les haras royaux. Comme l'animal était symbole de prestige, il était tout naturel que l'empereur possédait les plus beaux chevaux du royaume.

Une passion retrouvée

Ces dernières années, le cheval commence à nouveau à intéresser les couches aisées de la population chinoise. De nombreuses activités équestres et des courses hyppiques voient le jour un peu partout en Chine. On compte à peu près 500 centres équestres en Chine comme le fameux "Nine Dragons Hills" à une heure et demi de Shanghaï. Le secteur remporte beaucoup de succès auprès de la jeune génération chinoise qui souhaite suivre des voies différentes que la culture musicale.  Il rencontre néanmoins plusieurs difficultés. A savoir, le respect des exigences de l'équitation moderne concernant les chevaux eux mêmes, le manque de compétences et de connaissances des éleveurs chinois, les problèmes sanitaires et le manque de vétérinaires spécialisés. Ce marché se révèle pourtant être un marché très intéressant. Même si l'on ne peut pas encore parler de jouer au PMU sur une hyppodrome chinois pour le moment, en raison d'une prohibition datant de 1949, il y a de fortes chances qu'avec plus de 10 milliards de recettes par an, cela saura tarder. 

On peut tout de même mesurer déjà dès maintenant à quel point le cheval devient une véritable passion et fait naitre des vocations chez les jeunes chinois. Un budget de 2 milliard de dollars a été investit dans la création d'un grand complexe équestre à Tianjin. Ce dernier portera le nom bien symbolique du "Cité du Cheval" et pourra accueillir environ 4000 chevaux à temps plein, nuit et jour, avec une clinique vétérinaire à disposition et un centre d'entrainement.

Les chevaux chinois et mongols sont trop petits pour les compétitions. On peut ainsi constater de nombreux croisements avec des argentins, des arabes et des français. Ces derniers sont plus résistants et plus grands aussi, donc ils sont parfaits pour les courses, le polo ou encore l'équitation.

En résumé, le cheval a encore un bel avenir en Chine pour les années à venir.  Il représente même un marché potentiellement fructueux pour de nombreux pays producteurs et éleveurs de chevaux comme la France, l’Allemagne et les Pays Bas. 

La Rédaction