Selon un dicton répandu parmi le peuple
dong, établi dans la province de Guizhou dans le sud de la Chine, « le riz nourrit le corps et les chants nourrissent l’âme ». Leur tradition de transmission de la culture et des connaissances musicales trouve une illustration dans le grand
chant du groupe ethnique
Dong,
chant en plusieurs parties exécuté sans accompagnement instrumental ni chef qui dirige. Le répertoire se compose de plusieurs genres tels que ballades, chansons enfantines, chants de salutations et chants d’imitation qui mettent à l’épreuve la virtuosité des interprètes pour imiter les bruits d’animaux. Enseigné par les maîtres à des chœurs de disciples, le grand
chant est exécuté cérémonieusement dans la tour du tambour, le lieu important pour les rites, les spectacles et les réunions dans tout village
dong, ou plus spontanément dans les foyers ou les lieux publics. C’est une véritable encyclopédie
dong qui raconte l’histoire de ce peuple, louant sa croyance dans l’unité des hommes et de la nature, préservant les connaissances scientifiques, exprimant des sentiments d’amour romantique et défendant des valeurs morales telles que le respect des anciens et des voisins. Le grand
chant est souvent exécuté aujourd’hui encore, chaque village ayant plusieurs chœurs, divisés selon les âges et parfois le genre. Non seulement il propage le mode de vie et la sagesse du peuple
dong, mais il reste un symbole crucial de son identité ethnique et de son patrimoine culturel.