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Retour économique de la diaspora

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Retour économique de la diaspora

1.1. La Diaspora et le Parti Communiste Chinois (PCC)

La Chine a toujours été un pays d'immigration à partir de la fin du 19e siècle du début du 20e siècle celle-ci s'est tournée vers les pays occidentaux pour des raisons à la fois économiques et éducatives. Les différents gouvernements des derniers Qing (清朝) à ceux du début du 20e siècle ont considéré cette immigration comme un potentiel de développement économique et une force politique. L'apparition des huaqiao (华侨 ), des guiqiao (归侨 ) et de leur affiliés les qiaojuan (侨眷 ) ainsi que des waijihuaren (外籍华人 ), (les chinois d'outre mer de l'intérieur dans les années 50) va être utilisé par le gouvernement de la 1ere république, suivi du gouvernement communiste pour obtenir un effet de levier économique pour lancer une modernisation et un développement du pays lié aux rentrées de devises du fait de ces groupes spécifiques.

La diaspora chinoise a peu intéressé le PCC du fait de son lien « privilégié » avec le Guomindang et n'a dans un premier temps en aucun cas remis en cause les acquis de fait obtenus e Chine par elle et ses affiliés. Et de ce fait l'abandon du jus sangunis au profit du jus solis marque le détachement du PCC vis-à-vis d'eux. Ainsi que le désir de reconnaissance international du nouveau gouvernement par le reste du monde et afin de calmer les craintes d'une 5e colonne dans les pays d'accueil.

Avec la Révolution Culturelle, la diaspora et ses affiliés, les chinois de l'intérieur vont être stigmatisés, leurs droits civiques niés…Un vaste mouvement répressif qui ne prendra réellement fin avec l'ouverture des années 80 de Deng Xiaoping (邓小平). La volonté de développement économique va de nouveau s'appuyer sur les guijiao, les qiaojuan et les waijihuaren et leurs descendants, les huayi (华裔 ), ainsi que sur les tongbao (同胞 ) de Hong-Kong (香港), Macau (澳门), et Taiwan (台湾).

Ces différents groupes vont servir de passerelles économies entre la Chine et le reste du monde dans sa volonté de développement économique.

1.2. L'ouverture économique

A l'heure actuelle, la richesse produite par la diaspora chinoise est évaluée à environ 200 milliards de USD. Dans certains pays, cette puissance est écrasante :

- Indonésie, 70 % de la richesse est créée par les sino-indonésiens (qui représentent 4 % de la population)
- Malaisie, 65 % de la richesse est créée par les sino-malais (qui représentent 30 % de la population)
- Thaïlande, 80 % de la richesse est créée par les sino-thais (qui représentent 10 % de la population).

De ce fait, la diaspora est au coeur de la dynamique régionale. Au moment de l'ouverture économique l'heure est au pragmatisme. L'attrait pour Taiwan et Singapour du fait de l'aspect moral de leur développement économique a renforcé le choix comme primo investisseurs ces différents groupes (cf. § ci-dessus). Cette ouverture s'est faite principalement dans le but de moderniser le pays en cherchant à contrôler les investissements, les secteurs ouverts à ceux-ci ; à pratiquer une ouverture progressive qui ne remettrait pas en cause une politique d'Etat fort tout en contenant les implications sociales. Le spectre de l'anarchie du début du 20e siècle servant d'épouvantail contre les velléités trop fortes. D'où le choix d'entreprises culturellement et géographiquement proche de la sphère d'influence chinoise.

En s'inspirant du modèle taiwanais de Gaoxiong (高雄), les mesures d'ouvertures économiques se sont traduites par l'ouverture de Zones Economiques Spéciales (ZES) dans un premier temps dans les régions côtières, traditionnellement de forte émigration : Fujian (福建), Guangdong (广东), Zhejiang (浙江) qui présentent une ouverture sur l'extérieur de part leur histoire et situation géographique. Les premières sont créées à Shenzhen (深圳市), Zhuhai (珠海), Shantou (汕头), Xiamen (厦门) au début des années 80 et sur l'île de Hainan (海南) en 1988. Les premiers secteurs à bénéficier de cette ouverture vont être : l'immobilier (49% des investissements), les infrastructures, les services. Dans les années 90, les secteurs suivants s'ouvrent : la distribution, les transports.

Enfin ces dernières années : les sociétés financières, la haute technologie.

Les avantages pour les Chinois outre mer d'investir en Chine outre ceux qu'ils ont dans leur pays d'origine sont :

• une main d'oeuvre bon marché et docile
• un marché intérieur à très fort potentiel de croissance
• une stabilité politique garantie par un Etat fort

1.2.1. Le modèle économique « affectif »

Le choix des investisseurs ayant un lien avec la Chine s'est dans un premier tourné vers les huaqiao des pays d'Asie du sud-est et plus précisément parmi 3 des 4 dragons : Taiwan, Singapour, Hong Kong tout simplement du fait de la réussite économique des ces pays à fortes identités chinoise. Le succès de ces pays dit ont est lié à l'application du Confucianisme au monde économique. En effet, les valeurs confucéennes ont servi longtemps d'explication à la réussite de pays comme le Japon ou des Tigres et Dragons asiatiques . Celles-ci privilégient l'ordre et le groupe, au centre duquel on retrouve la famille avec un sens accru du collectif. L'immigration a accentué la tradition d'entretenir l'indispensable réseau de relations (guanxi, 关系). Le centre de ce réseau construit en cercles il y a:

1. la famille
2. les amis
3. les natifs de la même région
4. l'ensemble des Chinois.

À ce système s'ajoute la force de la solidarité financière à travers le pot commun ou tontine. Il s'agit d'une sorte de micro crédit basé sur la confiance et la réputation, approvisionné par les versements périodiques des membres d'une parentèle et d'associés issus de la famille lointaine ainsi que des amis d'enfance. Chaque membre y dépose mensuellement ou périodiquement une somme, gonflant la réserve du pot commun. En échange chaque membre, plus tard, pourra bénéficier de l'avantage d'un prêt quasi-immédiat par ce micro crédit. Enfin, chaque bénéficiaire est moralement engagé vis-à-vis de la communauté.

Il se doit donc de continuer à cotiser dans la mesure du possible pour permettre à un autre de participer au système. La nécessité de croissance économique fait que ce modèle d'entreprenariat a été adopté en Chine continentale autant par les investisseurs issus de la Diaspora que par les entrepreneurs locaux eux-mêmes. Ainsi que les structures économiques de type familiale où les rapports humains (renshiguanxi 人事关系 et renqing 人情) sont aussi essentiels que la productivité ont été encouragés afin de reprendre en parti le rôle social que joue les danwei (单位).

1.2.2. Nature des investissements

La Chine avec des taux de croissance de 7 à 8 % par an est devenue l'un des pays les plus attractifs du monde. Singapour, dont la proportion de citoyen d'origine chinoise est de 75 % arrive en tête puisqu'elle fournit à elle seule 77 % des IDE de l'ASEAN vers la Chine. Taiwan dont les échanges avec la Chine n'ont cessé de croître (26 milliards de dollars en 2001). En effet, les Taïwanais aisés se précipitent désormais, s'installant en nombre à Shanghai où se trouvent les 60 milliards de dollars qu'ils ont investis sur le continent. Bien plus, 300 000 Taïwanais sont établis dans la « ceinture taïwanaise » de Shanghai.

Ces investissements drainent avec eux des technologies, le delta du Yangzi Jiang récupérant les savoir-faire de Taiwan en matière de hautes technologies et hissant la Chine qui produit déjà 36 % des téléviseurs et 60 % des photocopieuses fabriquées dans le monde, au rang de second constructeur informatique mondial. Ces investissements créent aussi des pôles de consommation enclenchant des cercles vertueux. De même, les investisseurs taiwanais bénéficient de règles les favorisant. Dernièrement, le gouvernement chinois a mis en place de nouvelles facilités pour les encourager à investir davantage dans le secteur tertiaire, le développement des ressources naturelles, les économies d'énergie, les projets industriels respectueux de l'environnement, ainsi que dans des projets lancés dans le centre et l'ouest de la Chine.

On voit donc qu'à mesure du renforcement de la coopération financière entre les deux pays, il est devenu intéressant pour les PME taïwanaises de trouver des financements dans la partie continentale. Les nouveaux investissements viendront s'ajouter à ceux des 75 000 entreprises à capitaux taïwanais qui ont déjà investi sur le continent ces 20 dernières années.

L'investissement de la diaspora chinoise a 2 conséquences :

- un effet moteur sur l'éveil et le développement des courants financiers et l'intégration entre le nord et le sud de l'Asie.
- et de la même façon entre l'Asie et le reste du monde.

Pour le moment, elle concentre le gros de ses investissements sur la Chine mais on voit s'opérer des investissements d'industriels chinois en Europe comme c'est déjà le cas en Amérique du Nord. Pour exemple, le rachat de Marionnaud par le groupe chinois AS Watson, propriété du milliardaire chinois de Hong Kong Li Ka-shing, en 2005.

Parmi les membres la diaspora une catégorie intéressent le gouvernement chinois tout autant que les waijihuaren ou les tongbao, ceux sont les huaqiao plus précisément haigui . En effet, l'investissement ne se mesure non plus en terme financier mais aussi en dans une recherche du progrès technologique source de fierté nationale. Le retour des haigui est donc vivement encouragé surtout dans les domaines de nouvelles technologies. Ainsi, on voit apparaître une augmentation des entreprises hi-tech sur le modèle occidental tant au niveau du management que des savoirs techniques. Cette augmentation du nombre de « technopreneurs » joue un rôle dans le changement rapide du secteur économique avec :

- la création d'emplois qualifiés
- la mobilisation de la croissance vers augmentation de la demande intérieure

Les haigui deviennent des acteurs du changement en science & technologies en Chine. Sur le modèle de la Silicon Valley en Californie des villes ou parcs dédiés à la recherche et l'innovation technologique voient le jour. Il y a plus de 60 « technopreneurship parks» dans les villes plus importantes du pays dont la valeur dépassent RMB10 milliards. Les technopreneurship parks les plus connus sont à :

- Beijing Zhongguancun中关村
- Shanghai Zhangjiangyuan 上海张江高科技园区

On peut dire que la diaspora chinoise à l'heure par le passé a joué un rôle plus politique mais à l'heure actuelle de la globalisation et du devant ultra rapide de la Chine son rôle en tant que force économique sur le continent tout comme dans les pays où elle est présente est indéniable. Et on peut se poser la question quel aurait été le destin de ce pays sans cette capacité à « s'exiler » de ses habitants et de leur solidarité.

Joy.L,
Pour Chine Informations
 
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