Nouvel an Cambodgien

Nouvel an Khmer

Le Nouvel an Khmer ou Nouvel an Cambodgien, également dénommé បុណ្យចូលឆ្នាំថ្មី "Bon Chaul Chhnam", représente la plus importante fête religieuse bouddhiste au Cambodge, et prend place à la  mi-avril du calendrier grégorien chaque année. 

Présentation

Durant ces réjouissances, la population célèbre l'aboutissement des récoltes ainsi que l'arrivée de la nouvelle année. Les festivités se déroulent sur trois ou quatre jours et représentent une opportunité unique de s'imprégner des rites traditionnels bouddhistes du peuple Khmer, avec les multiples maisons parées de lanternes et de bougies, les fleurs à profusion et les oriflammes. Les danses ancestrales, les jeux et les chants sont également au rendez-vous. L'année 2012 coïncide avec l'année du Dragon tel que le "Moha Sangkran" du nouvel an se situait à la date du Vendredi 13 avril 2012.

Ce que l'on peut affirmer avec certitude c'est que la fête du Nouvel an Khmer du Cambodge est de loin la fête la plus prestigieuse du pays. Partout dans la région, ce sont de grandes vacances nationales qui s'allongent sur trois jours de célébration. Généralement, l'on peut dire que les réjouissances débutent vers le 13 ou le 14 du mois d'avril, toujours conformément aux dates retenues par l'horoscope traditionnel.

Origine

Dans l'histoire néanmoins, le nouvel an cambodgien trouve son origine au niveau du premier jour du premier mois figurant au calendrier lunaire, ce qui laisserait supposer entre autres que la fête avait jadis lieu en novembre, voire début décembre.

Mais c'est au 13ème siècle, notamment sous l'hégémonie d'Angkor et des rois du peuple Khmer : Suriyavaraman II ou Jayavaraman VII, que cette date fut changée pour finalement se situer au cinquième moi du calendrier lunaire. Paradoxalement, la date de la fête entre plutôt dans la répartition du calendrier solaire, soit effectivement en avril. On estime d'ailleurs que 95 % de la population cambodgienne est rurale, ce qui laisse supposer que la période qui s'échelonne de novembre à mars reste la saison la plus active et la plus propice à la récolte du riz.

Une autre hypothèse fait entendre que le mois d'avril demeure le mois le plus approprié pour faire des célébrations au Cambodge, dans la mesure où durant cette période, il n'y a pas de pluie et la saison est relativement chaude. De plus, après avoir durement oeuvré dans les champs pendant la période des récoltes, il semble tout à fait logique qu'une partie du temps soit dévoué à l'amusement et aux vacances. Par conséquent, le mois d'avril est incontestablement le mois idéal pour les khmers du Cambodge pour fêter le nouvel an.

En ce qui concerne l'origine historique du festival de la nouvelle année au Cambodge, on affirme qu'il faut remonter au bramhmanisme. Il s'agit en outre d'une religion également pratiquée par les Khmers bien avant le bouddhisme et qui découle vraisemblablement de l'hindouisme. Cependant, avec les années, seul le bouddhisme a jouit d'une association au festival, de telle sorte qu'il a englobé la majeure partie des fonctions cruciales dédiées à la réalisation des festivités.

Festivités

Pendant ces trois jours de fête, les activités sont relativement nombreuses. Ainsi, l'on constate que le déroulement est parfaitement régulé de cette manière :

Au cours du premier jour qui correspond au premier jour de la nouvelle année, soit l'année 2555 dans le calendrier bouddhiste ou "Moha Sangkran", l'on peut assister à l'inauguration dite par de nouveaux anges en vue de l'obtention du salut du monde tout au long de l'année. Le chef suprême des anges est alors appelé "Kimirea Devi".

En vérité, pendant cette journée les habitants se consacreront aux courses et aux divers préparatifs comme de nettoyer et décorer leurs maisons ainsi que de concocter les boissons à servir aux invités et à la famille. Le nécessaire est donc entrepris pour accueillir comme il se doit la nouvelle année et les nouveaux anges.

La coutume veut que chaque famille prenne soin de préparer une table bien garnie avec une variété appréciable de fleurs dont la plus prisée est certainement la fleur de lotus. C'est le même principe en ce qui concerne les fruits et les objets sacrés, de la meilleure qualité possible pour faire honneur au nouveau « Tevada », l'ange gardien qui vient remplacer le précédent.

L'on recense environ 3000 pagodes sur tout le territoire, toutes en attente du retentissement du bruit des tambours ancestraux annonçant le commencement des festivités en ce jour solennel. Les bouddhistes y voient en outre une incitation à allumer les bâtonnets et les bougies pour effectuer des mercis faisant accueil au nouvel ange. Si de leur côté les enfants avaient été couché un peu plus à l'avance, les adultes par contre sont exhortés à la prière de façon à s'immerger entièrement dans le processus.

Au cours de la matinée suivant le premier jour de l'an, une grande majorité des Khmers disposent la nourriture qui recevra la bénédiction et sera ensuite offerte aux bonzes. Les personnes du troisième âge affectionnent particulièrement la méditation ou les prières adressées au Dharma durant ces précieux instants, probablement en raison de la croyance selon laquelle tout ange qui viendra en leurs maisons à ce moment précis demeurera avec leur famille et en prendra soin toute l'année.

Ce jour également, les chefs d'état en profitent pour diffuser des messages pour souhaiter une bonne année à la population, une année du Chien aussi prospère qu'heureuse et doté d'une bonne santé. En effet, c'est à ce moment là qu'apparaît une nouvelle description solaire de signe du zodiaque.

Pendant le deuxième jour ou "Wanabot", le jour des cadeaux offerts aux parents, aux grands-parents et aux aînés, les Khmers ont pour habitude de partager des cadeaux au sein des entreprises tout en faisant de bonnes actions à l'endroit des personnes défavorisées. Le soir, les habitants se dirigent vers les temples afin d'y confectionner une montagne de sable qui servira à quérir la bénédiction des bonzes pour l'année.

Le troisième jour ou "Leung Sakk", les plus jeunes des Khmers prennent d'assaut les rues pour asperger les passants d'eau, dotés d'un bon esprit évidemment car il s'agit plus d'un geste symbolique de bénédiction plutôt que d'un mauvais comportement. Le soir se déroule le festival de la nouvelle année durant laquelle les Khmers doivent exécuter une cérémonie surnommée le "Pithi Srang Preah", ou "donner un bain (ou une douche) spécial aux statues de Bouddha". C'est alors l'occasion de demander la rédemption des péchés et pour être bénis.

Nouvel an Cambodgien

La Rédaction

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Dernière modification le 14/04/2013