Quand Hudson et Maria mirent leurs affaires au garde-meuble, préparèrent la petite Gracie et embarquèrent pour l’Angleterre en 1860, ils n’avaient aucune idée que cela leur prendrait quasiment six longues années avant qu’ils ne revinrent dans leur chère Chine. Bien qu’ils furent ravis d’être parmi les membres de leur famille et leurs amis, leurs pensées et leurs cœurs étaient souvent très loin, dans la petite région de Shangai et de Ningpo et dans les autres lieux où leur travail avait débuté. Ils étaient revenus en Angleterre pour se rafraîchir et pour inviter d’autres personnes à les joindre en Chine dans leurs ministère. Hudson n ‘avait pas eu de mal à se séparer de la Société d’Evangélisation en Chine qui l’avait tout d ‘abord envoyer en Chine car les deux partis s’étaient compris. Son fardeau et celui de Maria étaient d’évangéliser l’intérieur de la Chine et non de s’arrêter aux régions les plus urbanisées.
Leur temps en Angleterre était mis à profit. Ensemble avec un chrétien chinois, qui les avait accompagné durant leur voyage, ils avaient travaillé à la révision du Nouveau Testament chinois. Hudson avait également été invité à écrire plusieurs articles concernant la Chine et ses besoins. Il était très heureux de faire cela puisque ces articles et les différents discours qu’il avait tenu intéressaient plusieurs personnes qui s’inquiétaient du champs qui était resté inutilisé en Chine. Pendant ces années, cinq travailleurs avait été recruté et envoyé en Chine alors même que les Taylors ne pouvaient pas encore y retourner. Hudson et Maria avaient également ajouté trois petits garçons à leur famille pendant ces années.
Malgré des progrès dans toutes les régions, en 1865, après avoir été en Angleterre pour 5 ans , Hudson était découragé, se demandant s’il y aurait assez de missionnaires en Chine. Au lieu d’augmenter le nombre de missionnaires protestants en Chine ne cessait de diminuer, et ceux qui tenaient le coup se regroupaient généralement le long des côtes. Très peu s’aventuraient dans le cœur de la Chine.
Maria ne pouvait que se tenir à l’écart et voir que son mari faisait marche arrière. Elle essaya de lui faire comprendre qu’elle était prête à l’écouter s’il avait besoin de parler, mais il se renfermait de plus en plus. Pendant plusieurs mois il ne dormait qu’une heure. Maria essaya de retenir les enfants de trop déranger leur père et continua à mener de front la routine familiale avec autant d’humour que possible.
Quand ils reçurent l’invitation de passer quelques jours à Brighton, une ville maritime, Maria était ravie. C’était certainement ce dont avait besoin Hudson.
Dès qu’ils arrivèrent, la petite Gracie demanda à son père d’aller jouer dans l’eau. « Papa !Papa ! emmène-moi jouer dans l’eau !S’il te plaît !S’il te plaît ! »
Hudson ne pouvait s’empêcher de regarder sa fille et de lui sourire. Mais il n’avait pas envie d’aller jouer dans l’eau , il ne se sentait pas encore prêt. Il caressa dans ses cheveux et lui expliqua qu’ils auraient tout le temps qu’il faudra pour aller jouer dans l’eau plus tard. Mais pour le moment, Papa a besoin de rester un peu seul.
C’était un Dimanche matin clair que Hudson enfila ses chaussures et s’en alla marcher sur la plage. C’était une journée parfaite, avec un paysage très calme, seulement Hudson n’était pas en paix avec lui-même. Même en venant à Brighton, son tourment intérieur ne l’avait pas abandonné. Ses pas devenaient de plus en plus rapides et il finit par courir sur le sable, le long des vagues.
Il ne pouvait s’empêcher de se rappeler qu’il n’avait pas les fonds suffisants pour soutenir les personnes qu’il voulait envoyer en Chine. S’il demandait aux personnes d’y aller, ils auraient à rencontrer d’énormes dangers et peut-être même l’encastrement. Etait-ce juste ?
Il savait qu’il était trop malade pour courir davantage. Maria le gronderait sans doute si elle le voyait dans cet état. Cependant il continua à avancer, ses pensées ne faisaient que se précipiter encore et encore dans sa tête. Même si des missionnaires mourraient. Ils iront directement au ciel, et si seulement un Chinois était sauvé, cela ne vaudrait-il pas la peine ?Mais pouvait-il demander aux missionnaires de faire un tel sacrifice ?
Fatigué, Hudson s’effondra sur le sable et se reposait contre un rocher. Le soleil brillait, et il ferma les yeux. La chaleur du jour tapa sur sa peau et il sentit qu’il pouvait se laisser aller à son besoin de dormir.
Soudain, il se leva brusquement. Si ces missionnaires allaient en Chine, ce ne serait pas parce que Hudson Taylor le leur aura demandé, ce sera parce que Dieu lui-même le leur aura demandé. Assis dans le sable, Hudson dit tout fort « Si nous obéissons au Seigneur, la responsabilité repose sur lui, et non sur nous ! ! »
Il leva ses bras et regarda au ciel « Le fardeau est le tien, Seigneur ! En tant que ton serviteur, je continuerai à travailler, laissant entre tes mains le soin du résultat ! ! »
Hudson se sentait maintenant tout léger. Le fardeau n’était plus sur ses épaules - il ne l’a jamais été !Les cinq missionnaires qu’il avait envoyé en Chine faisait le travail du Seigneur, et non le travail d’Hudson Taylor. La conviction qu’il avait au sujet de l’évangélisation de la Chine Intérieure était une conviction venant de Dieu lui-même.
Tandis que les vagues se heurtaient contre ses pieds et que le soleil tapait sur ses épaules, Hudson prit un stylo et sortit sa Bible de sa poche . Il avait trouvé une place vierge dans la marge et marqua simplement « Ai prié pour 24 travailleurs motivés, qualifiés à Brighton le 25 Juin1865 ». 25 nouveaux missionnaires, y compris ceux qui avaient été envoyé récemment en Chine travailleraient en équipes pour toucher les régions les plus à l’écart de la Chine.
Avec une énergie renouvelée, Hudson reprit le chemin de la maison où l’attendait sa tendre famille et ses amis. Quand Maria l’aperçut, elle sut immédiatement que quelque chose d’extraordinaire s’était passé. Ils restèrent longtemps éveillés dans la nuit, assis près de la rive et Hudson raconta d’une voix émerveillée ce qui lui était arrivé, ils étaient tous deux enthousiaste à propos de ce que cette expérience signifiait pour leur mission et pour leur famille.
La première chose qu’Hudson fit dans la matinée était de retourner à Londres et d’ouvrir un nouveau compte bancaire avec un petit apport spécialement pour la Mission de la Chine Intérieure.
Maria et Hudson restèrent en Angleterre encore pour une nouvelle année, formant de nouvelles équipes à emmener avec eux en Chine. Hudson en profita pour achever un livre de grande influence : « Les besoins et les réclamations spirituelles de la Chine », qui encouragea énormément de personnes à participer d’une manière ou d’une autre à cette cause. Le compte en banque ouvert d’une manière si humble se gonfla continuellement grâce à des participations généreuses.
Le 26 Mai 1866, les Taylors et leurs quatre enfants furent accompagnés par un couple marié, cinq jeunes hommes et neuf jeunes femmes lorsqu’ils embarquèrent sur le navire nommé « The Lammermuir » et qu’ils naviguèrent en direction de la Chine.
La Mission de la Chine Intérieure était née grâce à la foi par un dimanche ensoleillé à Brighton.