Le mot HEXIE = Harmonie en chinois
Harmonie, tel est aujourd'hui le maître mot de la politique chinoise. Il faut “promouvoir l'harmonie entre l'homme et la nature”, “renforcer l'harmonie sociale”, “raffermir et développer l'unité de la population, pour un environnement politique vivant, sûr et harmonieux”, “travailler à la cohabitation harmonieuse des diverses forces, préserver la stabilité de la société internationale”. Dans un discours prononcé devant les cadres du parti et de l'armée en février 2005, Hu Jintao a ainsi défini les conditions d'une “société socialiste harmonieuse”.
L'harmonie est une notion centrale dans la culture chinoise, d'abord un idéal social préconisé par les philosophes antiques, puis un modèle politique observé par les empereurs à travers les dynasties. Le roi Zhou You, des Zhou occidentaux, Confucius, Mencius, et bien d'autres hommes politiques et penseurs y ont fait référence.
Mais, dans une dictature, l'harmonie ne peut exister que par hasard et est de courte durée. C'est la dysharmonie qui est logique et durable, à un degré variant avec celui d'oppression. L'idéal d'harmonie n'est qu'une galette jetée aux affamés et qui ne peut les assouvir – une utopie. Une dictature de parti telle que nous en connaissons aujourd'hui, insidieuse, répressive et corrompue, voit partout surgir les oppositions et ne peut maintenir la stabilité que par de fortes pressions – l'harmonie est obtenue sous la lame du couteau.
Celle que préconise Hu Jintao est tout entière tournée vers la préservation de la dictature d'un parti unique. Comment ose-t-il évoquer “l'Etat de droit démocratique, la justice et l'équité, la fraternité et la confiance, l'animation, l'ordre et l'harmonie entre l'homme et la nature” ? Sur l'étal des mots d'ordre politiques, les belles paroles ne coûtent pas cher. Tous les mots porteurs d'idéaux humains sont pervertis par le Parti communiste.
En 1941, un journal écrivait : “Il faut appliquer une politique démocratique, et pour cela mettre fin à la dictature du parti unique.” C'était le journal Jiefang Ribao [Libération] du Parti communiste chinois, en lutte contre le Kuomintang.
(D'après Donghai Yixiao, province du Guangxi, et Yibao, Boston.)
Source : Courrier International
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