L'encre de Chine est certainement l'encre la plus riche en qualités. Elle peut être appliquée à la plume, au calame ou au pinceau (entre autres) et sert aussi bien, depuis des temps immémoriaux, à la peinture qu'à l'écriture.

Calligraphie de Wang Shiyan
Selon certaines sources non confirmées, elle aurait été utilisée dès 2500 ou 3000 BC. Sa fabrication "industrielle" remonterait à 1500 BC.
L'enjeu qu'elle représentait était si important que la très puissante administration chinoise nomma des "administrateurs de l'encre" chargés d'en surveiller la fabrication.
Préparation traditionnelle
Sa composition exacte est encore inconnue de nos jours, non sans raison car il s'agit d'un secret. Nous croyons savoir, cependant, que l'encre de Chine contient notamment
Le noir de fumée et la colle seraient cuits ensemble durant environ six heures. C'est le point le plus critique de la fabrication car il est très difficile de mêler noir de carbone et liant aqueux. C'est dans cette phase que résident les secrets de fabrication les plus importants.
La préparation, après le premier séchage des bâtonnets (ou autres formes), détermine la qualité de ceux-ci : ils sont placés une semaine dans une cendre humide changée deux fois par jour, puis, de nouveau séchés pendant 15 à 45 jours en fonction de la qualité recherchée. Ils sont ensuite lissés au pinceau et polis avec un coquillage avant d'être décorés avec des motifs en or et en argent (voir photo), puis sont éventuellement enduits de sucre ou d'autres ingrédients solidifiants.
On mentionne aussi des préparations à base de pin, de graisse de porc, de fer, de poudre de charbon, etc. Les encres obtenues n'étaient pas ce que nous nommons "encres de Chine", mais elles furent aussi utilisées en peinture et en écriture.
L'encre de NARA
Au Japon, le lieu de fabrication traditionnelle des encres de Chine est à Nara (information confirmée), une cité très emprunte de culture bouddhique et de traditions shinto. Le rayonnement de ce centre de production est international.
Ci-contre, une photo prise dans la forêt de Nara (inscrite au patrimoine international). Parmi les essences uniques que l'on y trouve, il existe un arbre nommé KUZU. On tire de ses racines une poudre qui permet de réaliser une gélatine très visqueuse.
Cette gélatine entre-t-elle dans la composition des encres de Nara ? Nul ne saurait l'affirmer. Si c'est le cas, c'est certainement en très faibles quantités car elle se liquéfie vers 20 ou 25°C et présente un pH 6, donc non neutre.
Son emploi est théoriquement alimentaire. Cependant, la coïncidence géographique est troublante, d'autant plus que la gélatine est sans doute l'élément le plus important de l'encre de Chine, celui sur lequel de nombreuses recherches ont dû être effectuées, celui sur lequel le secret industriel s'est imposé très tôt, comme nous le disions.
Utilisation du bâton d'encre
En principe, une bonne encre est brillante à la cassure. Un petit sacrifice n'est pas inutile. N'hésitez pas à casser le bâtonnet pour vous assurer de sa qualité.
Il suffit ensuite de diluer le bâtonnet dans l'eau sur une pierre à encre (voir photo). L'application se fait généralement au pinceau, au calame ou à la plume.
L'encre de Chine vendue sous forme liquide est plus homogène - et plus pratique - que l'encre des bâtonnets dilués.
Fabrication d'imitations
Voici ci-dessous une recette permettant de fabriquer une encre très semblable à l'encre de Chine solide. Nous vous la livrons sans aucune garantie car nous ne l'avons pas testée. Merci de nous communiquer vos observations expérimentales. Une autre recette nous est parvenue mais nous ne souhaitons pas la divulguer car elle met en oeuvre de la potasse, ingrédient bien trop dangereux à manipuler en atelier ou dans une cuisine. Voici donc la recette sans danger dont nous parlions. Les quantités indiquées sont des poids et non des volumes.
En ce qui concerne l'encre de Chine liquide, nous avons trouvé des recettes invraisemblables, dangereuses et incorporant des éléments introuvables. Nous vous livrons la seule qui nous ait semblé raisonnable à tous points de vue avec la même réserve exprimée ci-dessus : nous n'avons pas testé ce procédé. Les quantités sont des poids. Elles sont approximatives et doivent être adaptées aux produits choisis. Il ne s'agit pas, de toute façon, de réaliser une véritable encre de Chine.
Source : dotapea.com