Peu de visiteurs occidentaux savent que le nombre « 9 » avait une signification particulière en Chine ancienne. En effet, les Chinois de cette époque considéraient les nombres impairs comme masculins et les nombres pairs comme féminins. Le 9 étant le nombre à un chiffre le plus élevé, il représentait pour eux la « masculinité ultime » et symbolisait la souveraineté suprême de l’empereur. Ainsi, le 9 ou ses multiples sont souvent employés dans les conceptions et les architectures impériales. Un exemple frappant est le nombre de clous décoratifs sur les portes du palais. Ceux-ci sont ordonnés en neuf rangées de neuf, ce qui totalise 81. Ceci est également vrai des portes en marbre du « palais souterrain » du mausolée Dingling à Beijing : 81 clous décoratifs y ont été sculptés. La même chose se constate au temple de Guan Yu à Luoyang, car cet homme s’est vu conférer le titre d’empereur après sa mort.
Les anciens palais comprennent habituellement neuf cours; il en est ainsi pour le temple de Confucius à Qufu, un complexe architectural magnifique, digne d’une résidence impériale et qui témoigne de l’importance accordée à ce grand sage par les cours des différentes dynasties.
Les bâtiments de la Cité interdite de Beijing ont 9 900 pièces − certains disent même 9 999 — ce qui est probablement une exagération. Les quatre tours de garde aux quatre extrémités possèdent neuf poutres et 18 colonnes, et les trois murs-écrans célèbres (Cité interdite et parc Beihai à Beijing et Datong, province du Shanxi) présentent neuf dragons. Le 9 était parfois combiné avec le 5 pour représenter la majesté impériale. Il y a 17 arches au pont du Palais d’Été; ceci est également lié au 9, puisque, si l’on compte les arches, quelle que soit l’extrémité à partir de laquelle on le fait, l’arche la plus large est la neuvième.
L’exemple ultime est fourni par le « jeu de neuf » de l’autel circulaire du temple du Ciel, lieu où les empereurs des Ming et des Qing vénéraient le Ciel. Cet autel a trois étages. La terrasse supérieure est faite de neuf cercles de pavés, la deuxième, de 18, la troisième, de 27, et ainsi de suite jusqu’au dernier cercle comprenant 81 pavés.
Le 9 n’est pas employé seulement en architecture. Le repas impérial du Nouvel An était composé de 99 plats. Pour célébrer l’anniversaire d’un empereur, il devait y avoir 99 numéros dans le spectacle offert en son honneur, en symbole de longévité et de bon augure.