La dynastie Zhou, (Tcheou en transcription EFEO et Chou en transcription Wade-Giles) est la troisième dynastie chinoise, fondée au XIIe siècle av. J.-C., et qui domina le pays jusqu'en 221 av. J.-C.

Une autre dynastie nommée Zhou exista entre 690 et 705.
Histoire de la Dynastie
La dynastie Zhou fut la dynastie la plus longue de l'empire chinois, elle dura presque un millénaire. Elle succèda peu avant l'an -1000 à la dynastie Shang qui, d'après les chroniques chinoises, était devenue tyrannique. Son fondateur fut le roi Wu (Wu Wang). Le prédécesseur de celui-ci, qui n'avait eu que le rang de duc, reçut le titre posthume de « roi Wen ». La première capitale fut la cité de Hao, sur la rivière Wei, dans l'actuelle province du Shenxi.
Après avoir renversé les Shang, Wu Wang essaya d'administrer le pays avec Zhougong, son oncle. Parallèlement, il souhaite mettre par écrit tout le cérémonial de la vie quotidienne et la vie de la cour des Zhou. A la mort du roi Wu, des querelles de successions voient le jour, mais Zhougong organise la régence et stabilise l'Empire.
Sous les Zhou orientaux, le pouvoir des empereurs fut de plus en plus symbolique et les principautés vassales devinrent pratiquement des royaumes indépendants, entraînant le morcellement de la Chine.
Pingwang, petit fils de Youwang, règna de -771 et –721. Après avoir déplacé sa capitale et s'être installé à Luoyang, il maintint le mode de gouvernement des Zhou de l'Ouest. Cependant, ilil répartit son territoire en sept provinces héréditaires. À la tête de chaque province, il plaça un des alliés qui l'avait aidé à conquérir le pouvoir. A la mort de chaque prince, la province était partagée entre tout ses fils : la Chine d'alors est morcelée.
Ce fut la période des « Printemps et Automnes », jusqu'en -481, puis celle des « Royaumes Combattants », qui s'achèva par la chute des Zhou en -221. La dernière période vit l'émergence de nombreuses écoles philosophiques, celles des légistes, des confucéens, des taoïstes, des mohistes..., qui transformèrent en profondeur la société chinoise.
Des progrès techniques se produisirent également. La Période des Printemps et des Automnes vit l'apparition de la métallurgie du fer en Chine. Très rapidement, grâce à leur maîtrise des hautes températures, les Chinois apprirent à faire fondre ce métal. Durant la Période des Royaumes Combattants, ils remplacèrent le char de guerre par la cavalerie montée, sur le modèle des peuples de l'Asie centrale et de la Mongolie.
Les plus anciens textes écrits de la Chine remontent à l'époque des Zhou occidentaux. Ce sont le Shi Jing, un recueil de poèmes, le Shang Shu, encore appelé Shu Jing, qui rassemble des documents historiques, et le Yi Jing, un manuel de divination.
Sur le plan mythologique, les Zhou disaient descendre d'un dieu appelé Houji, le Prince Millet, qui était lui-même le fils de Shangdi, le Seigneur d'En Haut. Houji aurait enseigné l'agriculture aux hommes et établi le premier sacrifice. Quant à Shangdi, c'était le dieu du Ciel. C'est avec les Zhou que le titre de « Fils du Ciel » est pour la première fois utilisé pour désigner les empereurs.
Selon l'historien Sima Qian, les Zhou étaient à l'orgine des nomades, qui se sont sédentarisés et ont adopté les coutumes chinoises après leur installation dans la vallée de la Wei: leur souverain « renonça aux moeurs des Rong et des Di (des peuples nomades) ; car il construisit un rempart et une enceinte, des maisons et des salles ; la ville fut alors un lieu distinct. Il attribua les cinq fonctionnaires, qui eurent des attributions ». Il est alors certain que les Zhou n'étaient pas des Chinois. Ils figurent, comme les Mongols ou les Mandchous, parmi les peuples étrangers qui ont pu gouverner la Chine
Il s'inspire directement du modèle des Shang. Il y a un souverain : le fils du ciel, un premier ministre, issu d'une grande famille : Qinshi ; puis Trois sages/vieillards : ce sont trois ministres sur le même rang :
En dessous, il y a trois ministres de second rang. Ils s'occupent :
En dessous, il y a des fonctionnaires (scribes, ce sont plus des gestionnaires) pour l'administration centrale. Ils appartiennent souvent à de grandes familles. Ils sont recrutés sur les « 6 arts libéraux » : il faut savoir lire, écrire, compter, connaître un peu de poésie, savoir tirer à l'arc, conduire un char et avoir des connaissances de bases sur les rites.
Les rois Zhou justifient leurs conquêtes et leur domination sur une idéologie qui constituera le fondement de l'État chinois durant des millénaires : le pouvoir leur est donné par la divinité suprême mais celle-ci ne leur permet de gouverner que s'ils sont vertueux. S'ils manquent à leur devoir une rébellion ou une invasion extérieure peuvent leur retirer ce « mandat du ciel ».
Les rois Zhou offrent des sacrifices au seigneur d'en haut (Tian, le ciel) ainsi qu'à leurs ancêtres. Leur palais, orienté selon en axe nord-sud, est composé de trois cours successives. Au nord de la cour centrale s'ouvre la salle des audiences, surélevée de trois degrés, où le prince se tient au moment des sacrifices rituels. A l'est de cette cour centrale se trouve le temple des ancêtres et à l'ouest, l'autel de la Terre (ou du dieu du sol sous les Zhou). Au nord de la résidence princière est établit un marché. Au sud habitent les artisans nécessaires aux activités de guerre et de chasse de la classe noble (charrons, fabricants d'arcs, de flèches et de cuirasses, fours des fondeurs et des potiers…), ainsi que divers assistants du pouvoir noble : intendants, scribes, devins, chefs des rites… Les autres cités-palais sont organisées selon un même plan.
Le monde paysan de l'époque des Zhou, et sans doute déjà celui des Shang, connaît une répartition très stricte des fonctions et des activités entre hommes et femmes. Le tissage, la culture des vers à soie, la fabrication des alcools incombent aux femmes. Les travaux des champs, la cueillette, la chasse du petit gibier, la pêche sont des activités masculines (origine de la dualité yin et yang).
La paysannerie vit sous le régime de la grande famille à parenté classificatoire (le père n'est pas distingué des oncles maternels et fait partie du même groupe ; de même la mère et les tantes maternelles). Le type le plus courant de mariage est entre cousins croisés (on épouse la fille de l'oncle maternel, c'est-à-dire que les femmes sont choisies de préférence dans la famille de la mère). Ce sont les filles qui viennent s'établir dans le village de leur mari à l'époque des poèmes du Shi Jing (IXe-VIIIe siècle) mais il semble que le fosterage (pratique selon laquelle le futur gendre est élevé par ses oncles maternels) ait été beaucoup plus courant à la haute époque.
La vie paysanne est réglée par l'opposition tranchée qui sépare la période de réclusion d'hiver et celle des travaux agricoles, dont des festivités marquent le début et la fin. Les fêtes de printemps paraissent être l'occasion de joutes sexuelles, de danses et de chants alternés entre groupes de garçons et groupes de filles appartenant à différents villages. Elles se déroulent dans des lieux saints, souvent au confluent des rivières, endroits où rôdent les âmes ancestrales, prêtes à se réincarner.
Source : wikipédia
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