Un rêve: le dollar asiatique
DOLLAR ASIATIQUE
Copyright © Beijing Information - Daweide, le 21-04-2004 00:00
Après la faillite du concept d’une devise unique pour l’Asie de l’Est, on croyait généralement que l’initiative actuelle de coopération des devises était une alternative facile. La collaboration, toutefois, est encore dans sa phase initiale.
Selon la théorie de Robert Mundell connu comme le père de l’euro, ce n’est que lorsque les modèles économiques et le niveau de diverses régions concordent que la devise unifiée devient un avantage pour tous. L’établissement d’une zone de libre-échange en Asie de l’Est constituera une révolution majeure du XXIe siècle, la plus grande zone du genre au monde avec un marché de plus de 2 milliards de personnes. Pour y parvenir, il faut superviser le flot des capitaux, établir des mécanismes d’auto subsistance et d’appui et promouvoir la réforme financière internationale.
Rôles du Japon et de la Chine
Le Japon a joué un rôle actif dans la coopération de l’Asie de l’Est. En 2003, plus de 80 économistes et experts japonais ont recommandé d’établir une communauté économique en Asie de l’Est, de stabiliser les marchés financiers, avant de passer à un système de monnaie unifiée.
L’aspiration politique des pays d’Asie de l’Est est vitale car la politique sous-tend presque tous les aspects de la coopération économique. Des raisons subjectives et objectives, comme la culture et l’histoire, influencent aussi la coopération.
Lors d’une conférence à l’université Qinghua en 1998, le Prix Nobel de Sciences économiques, Merton H. Miller, a suggéré que les pays du Sud-Est asiatique définirent d’abord leur monnaie par rapport au yen japonais. Miller semblait ignorer les différences qui existent entre les pays d’Asie, entrainant1 une rude compétition entre la Chine et le Japon, et surtout le fait que les voisins du Japon ne peuvent faire confiance au géant économique jusqu’à ce qu’il s’excuse pour ses crimes de guerre. La plupart des pays d’Asie ne prennent tout simplement pas au sérieux la proposition de Miller.
La tendance du yuan chinois mérite attention. Comme la Chine et le Japon sont les principaux membres de la coopération de la devise d’Asie de l’Est, et les deux pays qui possèdent les plus grosses réserves de devises étrangères au monde, l’initiative Chiengmai prône la conversion mutuelle entre le yuan et le yen. Le point de vue n’est qu’à long terme, la collaboration de la devise finira par en être une de taux de change. À côté du yen, le taux du yuan est crucial dans la coopération économique asiatique. Mundell a dit à l’université Nankai de Tianjin en juin 2002 que l’Asie devrait établir une organisation de monnaie unifiée, et que le dollar asiatique devrait être établi au plus tôt. Et la Chine pourrait jouer le premier rôle.
Le dollar asiatique bloqué
L’intervention extérieure ne peut être ignorée. Pour sauvegarder leurs intérêts économiques, les pays développés d’Europe et d’Amérique du Nord n’encouragent pas le dollar asiatique. Le plan japonais de l’établir avorté sous la pression des États-Unis et du Fonds monétaire international (FMI), inquiets de l’influence grandissante du Japon en Asie, qui menaçait leur monopole financier international.
L’objectif de l’Asie de l’Est consiste à renforcer sa possibilité de surmonter une crise financière dans la région, le même concept qui avait motivé la naissance de l’euro. Selon les experts, la première phase vise à établir un fonds de roulement ; la deuxième, de construire un système de devise à taux flottant ; et la troisième, à établir le dollar asiatique – une alliance économique et monétaire.
Le 22 juin 2003, les ministres des Affaires étrangères de dix-huit pays d’Asie ont signé un accord à la Conférence de dialogue sur la coopération en Asie. Leur désir était de développer un marché de bons. Vingt jours plus tôt, onze banques centrales d’Asie de l’Est et de la région du Pacifique avaient annoncé l’établissement d’un fonds d’un milliard de USD en collaboration avec la Banque des règlements internationaux. C’était en quelque sorte l’embryon du futur fonds monétaire asiatique.
En 2003, à la conférence de Manila, l’ANASE a fait part de son programme de coopération qui menait à l’établissement d’un marché commun pour l’ANASE avant 2020, avec la possibilité d’une monnaie unique. À Singapour, le 7 avril 2004, l’ANASE mettait l’accent sur l’application du programme.
En Asie de l’Est, économistes et politiciens sont parvenus à un consensus : la collaboration de leurs pays ne peut actuellement résulter en une devise unique pour contrôler les fluctuations, car ces entités économiques n’ont pas atteint suffisamment d’uniformité. La priorité actuelle consiste à établir des systèmes financiers nationaux stables, qui seront le meilleur abri contre les tempêtes financières et la condition d’une coopération monétaire plus approfondie.
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