Les grandes enseignes de vêtements craignent une pénurie de leurs approvisionnements de pantalons et pull-overs dès septembre, en raison du dépassement des quotas d'importation de Chine, souci non partagé par les petits commerçants qui se fournissent peu en articles asiatiques.
Avec l'arrivée de nouveaux quotas depuis le 21 juin, les distributeurs se retrouvent dans une situation embarrassante. "Les marchandises sont payées, livrées, conditionnées avec nos marques mais sont retenues en douane", a déploré Lucien Odier, président du Conseil national des succursalistes de l'habillement (CNSH : enseignes Benetton, Zara...).
Si la situation perdure, cela va devenir "catastrophique" pour certaines chaînes de magasins, qui pourraient manquer de pulls ou pantalons pour la rentrée scolaire, a-t-il indiqué à l'AFP. Et de rappeler que les commandes et achats ont été effectués il y a 8 ou 10 mois "sans qu'il y ait des conditions de quotas".
Des propos aussitôt réfutés par le président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH), Charles Melcer : "Il y a six mois, il nous a été rappelé que des quotas allaient être mis en place", rétorque-t-il.
M. Melcer dénonce l'approvisionnement des magasins de chaînes à 100% en Asie, ce qui contribue selon lui au chômage et à la fermeture d'usines en France. "Quand on continue à mettre tous ses oeufs dans le même panier, c'est de l'inconscience ou un coup médiatique. Se plaindre de ne pas avoir de marchandises quand on a joué la carte asiatique à 100%, c'est à la limite de l'indécence", s'insurge-t-il.
Les quotas, qui pendant 40 ans ont canalisé les importations de textiles dans les pays industrialisés, ont cessé d'exister le 1er janvier. Mais, pour apaiser les craintes des Etats-Unis et de l'UE devant la hausse spectaculaire des exportations de certains textiles chinois depuis le début de l'année, la Chine a introduit le 21 juin un nouveau système de quotas à l'exportation sur les textiles, entré en vigueur le 20 juillet.
Mardi, la Commission européenne a annoncé que les quotas fixés dans l'accord de juin pour les importations de pantalons chinois avaient été atteints lundi. Ils avaient déjà été atteints pour les pull-overs à la mi-juillet.
Mercredi, reconnaissant que les mesures prises par l'UE "sont efficaces", mais qu'elles posent des problèmes aux distributeurs", le ministre délégué à l'Industrie François Loos a invité ces derniers à "se tourner vers l'industrie (textile) euro-méditerranéenne".
"Nous, on fait travailler 25 pays, les pays du Maghreb, les pays de l'Europe de l'Est, et Madagascar", se targue M. Melcer. "Les commerçants indépendants multimarques que je représente, soit 30% de parts de marchés en France, n'importent même pas 5% de produits asiatiques", précise-t-il.
Les commerçants indépendants importent un peu plus de la moitié des vêtements qu'ils vendent, le reste est fabriqué en France. Ils sont vendus plus cher que ceux des chaînes, mais ce sont des produits "moyen-haut de gamme, de création. Les autres (ndlr: les succursalistes) ne font pas de la création, ils font de la quantité", lance M. Melcer.
Pour le consommateur, il est encore trop tôt pour savoir ce qu'il trouvera en magasins: sollicités par l'AFP, les groupes Auchan, Carrefour (Paris: FR0000120172 - actualité) , Leclerc, C et A, Galeries Lafayette, Le Printemps étaient dans l'impossibilité d'informer sur les répercussions de ce blocage, en raison de la trêve estivale.
En attendant, il sera toujours possible de ressortir de l'armoire les vêtements de l'automne dernier.
AFP
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