Sida : 5 millions de personnes sous traitement et 400.000 naissances infectées par an en Afrique
AFRIQUE
L'Afrique demeure le continent le plus touché par le Sida avec 5 des 7 millions de personnes sous traitement dans le monde et environ 400.000 enfants nouveaux-nés infestés par an, annonce l'Onusida dont le directeur exécutif Michel Sidibé préconise des solutions africaines pour mieux lutter contre la terrible pandémie.
Certes, dans 22 pays africains, d'après cet organisme basé à Genève en Suisse, "le nombre annuel des nouvelles infections à Vih a diminué de plus de 25% entre 2001 et 2009. Cela concerne notamment certains des pays les plus touchés au monde comme l'Ethiopie, le Nigeria, l'Afrique du Sud, la Zambie ou le Zimbabwe ".
En 2010, précise-t-on, plus de 5 millions de personnes en Afrique subsaharienne recevaient un traitement antirétroviral contre 50.000 en 2002. A l'échelle mondiale, ce sont 7 millions de ces malades qui sont recensés. 6 à 7 millions d'autres sont en attente de traitement, à en croire l'Onusida qui annonce un objectif de 15 millions au moins sous traitement avant 2015. C'est l'échéance fixée en Afrique pour l'élimination de la transmission du Vih de la mère à l'enfant. Contre 40-45% il y a quelques années, les résultats réalisés dans certains pays du continent s'établissent jusqu'à plus de 80% de taux d'amélioration de cette situation sanitaire.
C'est le cas de la Namibie ou du Botswana, s'est réjoui samedi le Dr. Sidibé répondant une question de Xinhua lors d'une conférence de presse à Addis-Abeba, à la veille du 18e sommet ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine dimanche et lundi dans la capitale éthiopienne.
Mais pour l'Onusida, malgré les progrès enregistrés, "deux personnes sur trois vivant avec le Vih se trouvent en Afrique, alors que le continent ne représente que 10% de la population mondiale. Depuis 1998, le Sida a fait au moins un million de victimes chaque année en Afrique".
De même, "aujourd'hui, la moitié seulement des Africains vivant avec le Vih et qui devraient bénéficier d'un traitement antirétroviral ont accès à un tel traitement".
Le chef de l'Onusida saisit l'occasion de ce rendez-vous ponctué samedi par l'inauguration du nouveau siège de l'organisation continentale construit par la Chine, pour soumettre aux dirigeants africains des solutions innovantes visant à lutter efficacement contre le fameux fléau, consistant à faire baisser le coût des médicaments par exemple.
Parmi les propositions, figurent les achats groupés de médicaments et, plus important, la fabrication favorisée par le transfert de technologies entre l'Afrique et les pays émergents, dont la Chine et le Brésil.
En gros, il est question du renforcement de l'appropriation par les Africains des investissements pour le développement par le recours à des sources de financement plus diversifiés, la création d'une Agence africaine de règlementation des médicaments accélérant la mise sur le marché des médicaments et offrant une meilleure garantie de qualité.
S'y ajoute, l'avènement rapide d'une production pharmaceutique locale en partenariat avec les BRICs (groupe des pays émergents constitué du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine) et d'autres pays émergents.
D'après les estimations, 11 à 12 milliards USD seront nécessaires chaque année d'ici à 2015 pour prévenir les nouvelles infections à Vih et intensifier les traitements en Afrique; si d'importants progrès en termes d'efficience et des investissements judicieux dans des programmes efficaces sont réalisés simulténament.
Jusqu'ici, les gouvernemenst africains investissent moins que prévu dans la riposte au Sida. "Pour le continent dans son ensemble, environ 5% du total des budgets de la santé sont consacrés au Sida, alors que la maladie représente plus de 7% du poids global de la morbidité dans plus de la moitié des pays", regrette une analyse du président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka.
"L'achat de médicaments antirétroviraux, poursuit-t-il, dépend fortement de financemnts extérieurs. Dans 27 pays d'Afrique subsaharienne disposant de données précises, les dépenses consacrées aux traitements antirétroviraux sont financés à 84% par des fonds internationaux", contre 99 (Niger, Centrafrique, Erythrée) voire 100% (Rwanda, République démocratique du Congo, Madagascar, Somalie) pour les dépenses totales de santé.
Or, à cause de la crise économique mondiale, pour la première fois en 2010, les investissements internationaux consacrés au Sida ont diminué de 13% par rapport à 2009, passant de 8,7 à 7,6 milliards USD.
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