Définitivement, provisoirement ou sans papiers, près de 450.000 Chinois sont installés en France, où leur présence devrait augmenter avec l'arrivée de touristes, à la suite d'un accord entre Pékin et l'Union européenne qui leur ouvre l'espace Schengen.
Aux Chinois vivant dans l'Hexagone vont bientôt s'ajouter de "vrais touristes qui passeront de quelques jours à quelques semaines en France dans le cadre de leur découverte de l'Europe", explique le directeur des Libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l'Intérieur, Stéphane Fratacci, qui accompagne le ministre Nicolas Sarkozy, arrivé jeudi à Pékin pour une visite de deux jours en Chine.
L'accord de destination touristique autorisée entre la Chine et les 13 pays de l'espace Schengen, qui entrera en vigueur en mars et dont les décrets d'application doivent encore être finalisés, répond au "développement de l'économie chinoise et à l'émergence d'une classe moyenne", selon M. Fratacci.
Le texte prévoit une "clause de réadmission" avec laquelle la Chine s'engage à réadmettre sur son territoire les éventuels fraudeurs, rapatriés après avoir tenté de rester clandestinement en Europe à l'expiration de leur visa.
"C'est la première fois que la Chine admet le principe de la réadmission", note M. Fratacci, pour qui il s'agit d'un "accord équilibré."
En 2003, la zone d'attente de l'aéroport de Roissy a vu passer "4.242 Chinois, soit parce que non-admis sur le territoire national, soit demandeurs d'asile, soit en faux transit", selon Pierre Debue, directeur central de la Police aux frontières (PAF), qui accompagne aussi le ministre français.
Parmi eux, "3.282 ont été renvoyés en Chine ou dans le pays d'où ils étaient arrivés. Les autres, poursuit M. Debue, sont revenus sur leur refus de transit ou ont bénéficié d'un sauf-conduit pour pouvoir présenter leur demande d'asile à l'OFPRA.
L'immigration clandestine et sa prévention sont au centre des préoccupations de M. Sarkozy et au menu de ses discussions avec son homologue chinois, le ministre de la Sécurité publique Zhou Yongkang.
"Par définition, impossible d'établir le nombre de personnes en séjour irrégulier", constate le directeur de la PAF.
Parmi les 450.000 Chinois installés en France, en grande majorité en toute légalité, seuls "environ 70.000 viennent directement de Chine, la plupart des autres appartiennent à la diaspora chinoise et, pour beaucoup, disposent de la nationalité de leurs pays d'accueil", c'est-à-dire un pays tiers par lequel ils sont passés ou sont nés avant de s'établir en France, précise M. Debue.
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