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Pourquoi apprendre le chinois ?

PUBLIÉ LE 2006/07/29 | © 2009 LA CHINE AU PRéSENT

La popularité de la langue chinoise connaît une nette recrudescence, mais les motivations à l'étudier ont changé.

Dans le monde, des cours de langue chinoise sont offerts dans plus de 2 300 universités d'environ 100 pays, sans compter les nombreux étudiants étrangers qui apprennent le chinois en Chine. En 1996, quelque 41 200 étudiants étrangers y sont venus, alors qu'en 2004, le pays en a accueilli 400 000, provenant de plus de 150 pays et unités territoriales.

Selon le ministère de l'Éducation de Chine, ces cinq dernières années, le nombre d'étudiants étrangers en Chine a augmenté de 20 %, et le record va être battu cette année.

Le chinois, un atout sur le marché de l'emploi

Les époux Lambert, qui habitent dans le 6e arrondissement à Paris, sont des architectes réputés. M. Lambert a son propre cabinet d'architecture et de design, et il est professeur invité dans une université. Quand leur fille a atteint l'âge scolaire, ils ont décidé de choisir l'École alsacienne, pas très loin de leur domicile. « C'est une bonne école. Elle donne des cours de chinois dès le jardin d'enfants. Avec mes collègues, je viens de participer à un colloque à Shenzhen. Le développement de la Chine est incroyable. J'estime que le futur appartient à ce pays. Ma femme et moi, nous parlons le français, l'anglais et l'espagnol, mais ça ne suffit pas. Je voudrais que ma fille apprenne le chinois, parce que cette langue sera très utile dans le futur », a déclaré M. Lambert. En effet, L'École alsacienne offre des cours de chinois jusqu'au niveau pré-universitaire; elle a même établi des relations officielles avec l'École Jingshan, un des bons établissements d'enseignement primaires et secondaires à Beijing. Chaque année, les deux écoles procèdent à des échanges d'étudiants.

Ces dernières années, en France, au fur et à mesure de l'augmentation du nombre de personnes qui apprennent le chinois, l'offre d'admission des départements universitaires d'études chinoises ou des cours de chinois qu'elles dispensent ne satisfait pas à la demande. Dans le monde, l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, un institut en France) est le plus grand établissement d'enseignement supérieur à offrir des cours de chinois. D'après Mme Xu Xin, directrice du département de chinois de cet institut, ces dernières années, la préinscription au cours de chinois est toujours remplie à capacité, et le nombre d'étudiants est en hausse. Le chinois et le japonais se classent ex æquo parmi les langues les plus demandées à l'INALCO. En raison du dynamisme de l'économie chinoise et de la montée de la Chine dans le monde, la demande de diplômés en études chinoises connaît aussi une augmentation en France. Auparavant, c'était à cause de leur intérêt pour la Chine et de la culture chinoise que les élèves apprenaient le chinois; aujourd'hui, ils considèrent la maîtrise du chinois comme un atout sur le marché de l'emploi.

Bernard, un étudiant de 3e année à l'INALCO, parle couramment le chinois. Il déclare « J'ai obtenu une licence en droit à l'université Paris II. J'étudie le chinois pour aller travailler en Chine comme avocat international. Je suis allé dans ce pays il y a 5 ans. J'aime la culture chinoise. Mes parents appuient mon choix parce qu'ils pensent que l'économie chinoise se développe rapidement et que quelqu'un qui travaille en Chine peut avoir de bonnes perspectives de carrière. »

Patrique Penniat est un jeune Français qui exploite la SARL de consultations Beiyan. En collaboration avec la Télévision centrale de Chine (CCTV), cette société présente les us et coutumes de la France. De concert avec l'Université des relations économiques et commerciales avec l'étranger de Beijing et l'Université centrale des finances et de l'économie, cette compagnie a créé des programmes de formation. L'un d'eux consiste à fournir trois semaines de formation en Chine aux Français qui désirent connaître la langue chinoise et la ville de Beijing. En 2005, Patrique a créé le cours « Les Chinois et la gestion en Chine ». Il organise aussi des séminaires pour permettre aux gestionnaires français de bien comprendre les entreprises chinoises et le fonctionnement des affaires en Chine. Ainsi, il aide les entreprises françaises à se développer avec succès et à coopérer avec les entreprises chinoises sur la base des avantages mutuels.

En Allemagne, les départements d'études chinoises étaient peu fréquentés dans le passé. Aujourd'hui, le nombre d'étudiants y est beaucoup plus élevé. De plus, de grandes compagnies invitent des enseignants étrangers de langue chinoise à donner des cours intensifs aux employés qui vont travailler en Chine. Le directeur de Siemens-Chine a déclaré lors d'une conférence : « Si vous faites des affaires avec la Chine, il faut employer des personnes qui comprennent le chinois. »

En Grande-Bretagne, le ministère de l'Éducation a même élaboré un programme d'enseignement du chinois pour les écoles secondaires.

Comme ils le font pour le français, l'espagnol et l'allemand, les États-Unis ont pour leur part annoncé l'établissement d'un programme d'enseignement où le chinois figure sur la liste des cours obligatoires. Les écoles secondaires reconnaissent les crédits des cours de chinois définis par ce programme. C'est un tournant dans l'enseignement de la langue chinoise aux États-Unis : le chinois est désormais officiellement inclus dans le système d'éducation nationale. On compte actuellement 2 500 écoles primaires et secondaires qui offrent un cours de chinois défini par ce programme.

Les attentes en matière de culture

À l'apogée de l'histoire de la Chine, la langue chinoise était répandue dans les pays voisins, tels la Corée, le Japon et le Vietnam. Ces pays ont utilisé le chinois pendant une longue période. Basé sur les caractères chinois et la culture confucianiste, un monde sinisé s'était ainsi formé en Asie. L'enseignement du chinois est aussi en plein essor ces dernières années, après avoir connu une période de régression, puis de stagnation et de lent développement.

Un étudiant singapourien vient d'obtenir un diplôme en relations internationales à l'université de Beijing. Il révèle : « Dans les années 1970, à Singapour, tout le monde voulait apprendre l'anglais. À cette époque, l'anglais était considéré comme la langue la plus importante du monde. Maintenant, si on ne parle pas couramment le chinois, c'est un désavantage. »

L'ambassadeur d'Allemagne en Corée du Sud a fait le commentaire suivant au vice-ministre de l'Éducation de la Chine, M. Zhang Xinsheng : « En Corée du Sud, les enseignants qui donnent des cours d'allemand et de français sont obligés de changer de spécialisation pour apprendre et enseigner le chinois. Sinon, ils n'auront plus de travail… »

En Corée du Sud, le résultat du HSK (test d'évaluation du niveau de chinois langue seconde) est devenu l'un des critères d'embauche et de promotion dans beaucoup de grandes entreprises. Le nombre d'universités qui ont ouvert un département d'études chinoises ou qui offrent un cours de chinois est en effet passé d'une vingtaine dans les années 1980 à 347 aujourd'hui. Le ministre de l'Éducation de la Corée du Sud a déclaré que des cours de chinois seront offerts dans toutes les écoles primaires et secondaires d'ici à 2007.

En Thaïlande, le chinois est plus répandu que le japonais, et il est devenu la première langue étrangère. La vogue du japonais a faibli progressivement, et elle est remplacée par le fort intérêt pour la langue chinoise qui est en pleine croissance. Le nombre de gens qui apprennent le chinois est actuellement dix fois plus élevé qu'il y a une décennie.

Après la chute du président Suharto en 1998, le gouvernement de l'Indonésie a levé progressivement les contraintes imposées à la langue chinoise. Cela a ranimé le désir des gens d'apprendre le chinois, qui avait été étouffé pendant des années. L'intérêt des Indonésiens d'origine chinoise à rechercher leurs racines a également été ravivé. De même, il y a une augmentation du nombre d'écoles qui offrent des cours de chinois.

En Malaysia, les citoyens d'origine chinoise ont une conviction : les enfants doivent apprendre le chinois. Ils les envoient dans les écoles chinoises et ils souhaitent que les traditions et la culture chinoises se perpétuent. À la rentrée scolaire, certains parents font même la queue pendant une nuit pour que leur enfant soit admis dans une école primaire de langue chinoise.

Que font les Chinois face à la popularité de leur langue ?

Pour aider les gens de différents pays à apprendre la langue chinoise, le gouvernement de la Chine projette établir cent instituts Confucius. Ces instituts sont des établissements à but non lucratif qui contribuent à promouvoir l'enseignement du chinois dans le monde et les échanges culturels de la Chine avec l'étranger. Ces instituts offrent des formations sans diplôme et des cours de chinois par Internet. Le premier Institut Confucius a été ouvert en novembre 2004 à Séoul. D'autres instituts ont été fondés aux États-Unis, en Suède, en France et en Ouzbékistan.

Pour susciter l'intérêt des enfants envers le chinois, douze experts chinois et étatsuniens ont créé un logiciel d'enseignement qui prend les Jeux olympiques pour thème et qui se décline sous plusieurs formes : histoires, jeux et dessins animés. Ce logiciel facilite l'apprentissage du chinois et soulage la pénurie d'enseignants dans le domaine.

Pour résoudre ce dernier problème, la Chine a créé des centres de formation des enseignants étrangers, et elle envoie des enseignants chinois à l'étranger pour y former sur place des professeurs de chinois. Jusqu'à maintenant, un millier de bénévoles ont été envoyés par la Chine dans quatre continents : Asie, Europe, Amérique et Afrique.

L'augmentation du nombre de ceux qui apprennent le chinois a permis au test HSK de devenir de plus en plus populaire. Le nombre de candidats étrangers à ce test est passé de 21 000 en 1996 à 100 000 en 2004. La Chine a établi 151 sites d'examen dans 34 pays. Pour les étudiants étrangers, le HSK est le TOEFL de la langue chinoise.

Les Nouvelles d'Europe, le plus grand journal en langue chinoise en Europe, a publié un commentaire intitulé : « Prendre le train express du développement de l'économie chinoise ». Cet article analyse la vogue mondiale de la langue chinoise et des études en Chine sous les angles économique et culturel. Selon son analyse, ce phénomène est lié au facteur économique : les jeunes de différents pays apprécient le développement rapide de l'économie chinoise et le rôle de la langue chinoise dans leur future carrière. Il y a dix ans, c'est comme préparation pratique à venir travailler en Chine que les étrangers apprenaient le chinois. Aujourd'hui, c'est pour se préparer stratégiquement. En effet, les étrangers croient que la Chine jouera un rôle important dans le domaine économique et que le chinois sera une langue très importante dans le futur. Ils veulent prendre le train express du développement de l'économie chinoise. Cette stratégie est le moteur de la vogue du chinois dans le monde.

Selon cet article, sous-jacentes à cette vogue, il y a les attentes en matière de culture. La croissance économique annuelle moyenne de 10 % enregistrée par la Chine ces deux dernières décennies, est considérée comme un miracle. Derrière ce miracle économique, il faut reconnaître la contribution de la culture. Si on veut saisir les débouchés qu'offre le développement de l'économie chinoise, il faut maîtriser la langue et bien comprendre la culture chinoise.

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