Pollution : La Chine s'investit à 40%

© Chine Informations - , le 27/11/2009 19:35

Pollution : La Chine s'investit à 40%En marge du Sommet de l'ONU sur le climat prévu à Copenhague du 7 au 18 décembre, Pékin a annoncé jeudi 26 novembre qu'elle s'engageait à réduire ses émissions polluantes par unité de PIB de 40 à 45% d'ici à 2020 par rapport à 2005.

Premier pays pollueur du monde

La Chine arrive en tête de liste des pays émetteurs de CO2 avec 24%, suivie de près par les États-Unis (21%), l'Europe des 15 (12%), l'Inde (8%) et la Fédération Russe (6%). Dépendante du charbon dont elle tire 70% de son énergie, l'Empire du milieu a été exempt des directives du Traité de Kyoto en 1998 parce que considéré comme un pays en voie de développement.

Aujourd'hui, elle devance tout le monde tant au niveau économique qu'environnemental. Ses mesures prises pour réduire la pollution ont été de nombreuses fois saluées par la communauté internationale en 2008. De plus, sous la pression internationale, le gouvernement chinois a mis les bouchées doubles avant et après les jeux, en développant une politique de protection de l'environnement efficace, mais encore jugée insuffisante.

Le pays a vu émerger une multitude d'initiatives telles que: les énergies renouvelables, les panneaux solaires, les fermes éoliennes, les barrages gigantesques, le recyclage du méthane....

La Chine ne renie pas ses responsabilités en la matière

L'engagement de la Chine en matière de protection de l'environnement a réellement prit forme en mars 2008, lorsque le ministère de la Protection de l'environnement a officiellement été mis en service. Ce dernier est né de l'ancienne Administration de la protection de l'environnement.

Les experts internationaux admettent que Pékin fait preuve d'une volonté d'évolution en matière de pollution. Notamment depuis l'adoption en 2007 d'un "programme national sur le changement climatique". Deux ans plus tôt, le plan 2005-2010 qui prévoyait une réduction de 20% de la consommation énergétique par point de PNB en 2010 a été bien accueillit, bien que les résultats n'aient pas été à la hauteur des ambitions. En effet, la réduction a atteint 4% en 2008 contre 3,2% en 2007 et 1,2% en 2006.

Le nouveau plan de réduction qui sera mis sur la table lors du Sommet de Copenhague devrait selon les autorités chinoises être suivit par des objectifs chiffrés selon les secteurs. Mais, Yang Ailun, directrice de campagne de Greenpeace pour le climat et l'énergie, a indiqué que "pour atteindre ses objectifs en 2020 la Chine aura besoin d'une révolution énergétique" et devra lutter contre sa dépendance excessive au charbon".

Xie Zhenhua, membre de la Commission Nationale pour le développement et la réforme, a rappelé que "La Chine est un pays en développement et la première tâche à laquelle elle est confrontée est le développement économique et la réduction de la pauvreté". Malgré les perspectives économiques chinoises, cette annonce a donné espoir aux pessimistes du Sommet de Copenhague.

Cette nouvelle baisse saluée par la communauté internationale

L'annonce de réduire ses émissions polluantes de 40 à 45% par unité de PIB par rapport à 2005 d'ici à 2020 a été accueillie comme "un signe de bon augure avant la conférence de Copenhague". Fatih Birol, économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a expliqué qu'"A elle seule la Chine va être responsable de plus de 25% des réductions dont le monde a besoin."

L'initiative chinoise ravie. Malgré le fait que la Chine ait durant des années mis de côté l'environnement pour sa croissance à deux chiffres. Comme l'explique Tom Grieder, expert sur l'énergie pour la région Asie au sein de IHS Global Insight à Londres, "Tout le monde aimerait voir la Chine s'engager à une limite absolue mais elle ne veut pas limiter ses perspectives de croissance".

Jean-Louis Borloo, le ministre français de l'Écologie en visite à Pékin a déclaré "C'est une étape complémentaire très significative de la Chine". Ce dernier a favorablement accueille la "volonté chinoise de trouver (à Copenhague) un accord (..) où chacun apporte en fonction de sa situation".

Tous salue la Chine, mais n'oublient pas que la crise financière risque de bloquer les négociations du Sommet de Copenhague prévu le 7 décembre, notamment avec l'Inde.

Céline Tabou
http://celinetabou.wordpress.com

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