
Paris a fêté dans la bonne humeur le nouvel an chinois samedi avec un défilé géant sur sa plus prestigieuse avenue, les Champs Elysées, envahis de spectateurs, mais aussi de dragons, ballons, lions et lampions rouge et or.
Presqu'au même moment, une centaine de personnes ont manifesté près du Centre Pompidou contre les violations des droits de l'Homme en Chine, à la veille de la visite en France du chef de l'Etat chinois Hu Jintao du 26 au 29 janvier.
Sur les Champs Elysées, 200.000 personnes s'étaient massées sur le parcours selon la police, le double environ selon les organisateurs, pour saluer l'entrée dans l'année du Singe, avec deux jours de retard, mais aussi avec un éclat sans précédent en France.
Même le ciel parisien, grincheux depuis plus d'une semaine, s'était mis au bleu.
Une délégation venue de Pékin --quatre chars somptueux, dont un évoquant le rendez-vous olympique de 2012, et 800 artistes, danseurs, acrobates, jongleurs-- ouvrait cette fête réussie.
La manifestation, tout comme l'illumination de la Tour Eiffel le soir même pour une semaine en "rouge de Chine", s'inscrit dans le cadre des années croisées France-Chine.
Elle précédait de deux jours l'arrivée à Paris du chef de l'Etat chinois Hu Jintao.

Les professionnels pékinois ont ébloui par la perfection de leurs chorégraphies, la beauté de leurs maquillages et de leurs masques, la variété fastueuse de leurs costumes: princesses lointaines aux coiffures-sculptures, statues animées aux ailes d'or, patineuses de cartes postales en jupes roses shocking bordés de cygne, nobles vieillards aux chefs surmontés d'interminables plumes de faisans.
Derrière les enchaînements impeccables de cette délégation --arts martiaux, pyramides humaines, sabres, danses de l'Opéra, duo de dragons doré et argenté-- les chars et tableaux suivants, offerts par 45 associations chinoises de France, avaient un petit air plus débraillé.
De même le "superdragon" qui promettait d'être le clou du spectacle avait en réalité un corps scindé en huit tronçons --autant de camions plate formes-- et il fallait de l'imagination pour y voir le plus grand dragon du monde.
Mais, sur les 54 chars comme à pied, tous les participants arboraient un large sourire, déployant bannières et éventails, brandissant des grappes de ballons.

Ils ont été 7.500 marcheurs à descendre, pendant un peu moins de trois heures, les Champs Elysées sur 1,2 kilomètres, entre l'Etoile et le Rond-Point.
Le maire de Paris Bertrand Delanoë et son homologue de Pékin Wang Qishan, arrivé la veille en France, ont donné le top sur la place de l'Etoile, et peu après 14H00, avec un petit quart d'heure de retard dû à la bousculade médiatique et du public, ils ont peint chacun l'oeil d'un "lion", donnant vie ainsi à cet animal mythique.
Aussitôt, tambours, gongs, cymbales ont retenti. Les haut-parleurs ont débité une chanson chinoise répétant sans relâche "Paris-Beijing".
La mairie de Paris a largement subventionné ce défilé: 210.000 euros pour coût total de 480.000. Le reste a été financé par les actives associations asiatiques d'Ile-de-france : Amicale des Cantonnais, Compatriotes du Qingtian, Fraternelle de Wencheng, etc.
Bertrand Delanoë a eu, avant le début de la parade, un déjeuner de travail avec son homologue, au cours duquel il a évoqué le dossier des droits de l'Homme et des libertés.
Après le défilé, ceux des Parisiens que de nombreuses barrières de sécurité avaient contenu trop loin du spectacle, pouvaient encore admirer des chars rassemblés sur la Place de la Concorde: poisson géant ou Pont d'or.
Lepoint.fr / AFP