Orientations du sommet du G8 à Rome
G8
Le sommet du G8 et des économies émergentes permettra de renforcer la coopération
Le sommet qui se tiendra le 9 juillet entre les dirigeants des pays du G8 et des économies émergentes sera centré sur la récession économique mondiale et visera à renforcer la coopération entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement, a déclaré jeudi le vice-ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei.
"Nous espérons que cette réunion des 8+5 transmettra un message positif pour la future coopération face à la crise financière sur la base du sommet du G20", a indiqué le vice-ministre lors d'un briefing sur le programme du président chinois Hu Jintao pour cette rencontre.
Le président mexicain Felipe Calderon, en tant que coordinateur des +5 (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique), présidera le sommet avec les dirigeants du G8 à l'Aquila, au centre de l'Italie.
Le sommet sera consacré aux défis mondiaux tels que le changement climatique, la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire, le commerce international et la question du développement.
"Nous souhaitons que cette rencontre aide à éveiller les inquiétudes sur l'influence de la récession économique mondiale sur la sécurité alimentaire et les questions liées au développement, en particulier dans les pays africains", a ajouté le vice-ministre.
Le cycle des négociations de Doha de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sera également abordé lors du sommet, a révélé He Yafei, qui a souligné que la Chine était contre le protectionnisme commercial sous couvert des efforts contre le changement climatique.
"La réunion des 8+5 sert de plate-forme pour les échanges d'opinions entre les pays industrialisés et les pays en développement face à la crise financière", a affirmé Shen Jiru, chercheur de l'Institut d'économie et de politique internationales de l'Académie chinoise des Sciences sociales.
Les pays "+5" étant également membres du G20, le dialogue des 8+5 sera un prélude au sommet du G20 qui aura lieu à Pittsburgh, aux Etats-Unis, en septembre prochain, a ajouté Shen Jiru.
En plus de ce dialogue, le président chinois Hu Jintao effectuera une visite d'Etat en Italie et au Portugal, a informé le ministre assistant des Affaires étrangères Wu Hongbo.
Le succès du 11e sommet Chine-UE témoigne du bon développement des relations Chine-UE, a indiqué Wu Hongbo, soulignant que la visite de M. Hu permettrait de promouvoir davantage le développement stable des relations.
Lors de sa visite, Hu Jintao rencontrera des chefs de gouvernement et des présidents de parlement en Italie et au Portugal, a informé le vice-ministre He Yafei.
"Pour traduire son opposition contre le protectionnisme de façon concrète, la Chine enverra un groupe d'environ 200 entrepreneurs chinois avec le président Hu Jintao en Italie, afin de promouvoir le commerce et l'investissement", a-t-il souligné.
Hu Jintao assistera également à des forums commerciaux en Italie et au Portugal en marge de cette visite.
Le sommet du G8 cherche à faire sortir l'économie de la récession
Comment faire sortir l'économie de la récession la plus grave depuis le début des années 1930, est l'un des grands thèmes à aborder lors du sommet des dirigeants du Groupe des Huit, à un moment où l'économie mondiale se trouve encore dans une situation difficile même si le pire moment de la récession en mai a passé.
Les sept grands pays industrialisés du G8 sont entrés dans une grave récession économique au cours des deux dernières années avec les Etats-Unis en tête. L'économie américaine a plongé dans la récession à la fin de 2007, suivie par la zone euro, le Japon et la Grande-Bretagne en 2008.
Certains analystes estiment que le pire moment de l'actuelle crise économique dans les principaux pays industrialisés a déjà passé et qu'il y a des signes de rétablissement dans ces pays. Selon des prévisions économiques publiées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à la fin de juin, l'économie des pays membres de l'OCDE diminuera de 4,1% cette année et augmentera de 0,7% en 2010.
Selon les prévisions initiales de mars de l'OCDE, l'ensemble de l'économie des pays membres pourrait réduire de 4,3% en 2009 et augmenter de 0,1% au cours des prochaines années. Plus de 50% des économistes à London City ont déclaré que l'économie britannique est en train de se rétablir en juin, d'après un sondage d'opinions réalisé par le Financial Times au début de juin.
Pourtant, il n'y a pas encore de suffisantes preuves à ce moment pour confirmer que le ralentissement économique mondial a atteint le fond du gouffre et le rétablissement a déjà commencé. Et les statistiques des grandes entités économiques au premier trimestre de cette année sont inquiétantes : l'économie américaine a baissé d'un taux annuel de 5,5%, l'économie des pays de la zone euro a reculé de 2,5% par rapport à la quatrième trimestre de l'année dernière, chiffre record dans son histoire, et celle du Japon a chuté d'un taux annuel de 14,2%, chiffre jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale.
Dans le même temps, les énormes plans de sauvetage élaborés par les grands pays industriels au cours de ces derniers mois ont poussé leur déficit budgétaire à des niveaux record et a augmenté le risque d'inflation, ce qui a suscité une préocupation croissante sur les situations économiques et budgétaires futures.
Pour faire face à la pire récession économique depuis environ 70 ans, les pays industriels ocidentaux ont utilisé tous les moyens possibles dont ils se disposent, y compris la réduction des taux d'intérêt à court terme à des niveaux historiquement bas, pour stimuler l'économie, mais il n'y a pas de preuves évidentes qui puissent prouver que le rétablissement économique est déjà venu ou viendra dans les mois à venir.
Par conséquent, comment faire sortir l'économie mondiale de la récession dans les plus brefs délais et assurer l'entrée de l'économie dans une étape de développement stable et soutenu constitue une urgence pour les dirigeants du G8 et ils doivent trouver de nouveaux moyens pour renforcer la confiance des consommateurs et des chefs d'entreprises qui souffrent au cours de ces deux dernières années de crise de crédit résultant de la crise financière d'origine des Etats-Unis.
Une série de problèmes sera débattue lors du sommet du G8 (ministre italien des AE)
Une série de problèmes sera débattue lors du sommet du G8, a indiqué le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.
Lors d'une interview accordée à l'agence Xinhua avant le sommet des huit pays les plus industrialisés du monde à savoir les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, le Royaume Uni, l'Italie, le Canada et la Russie, M. Frattini a noté que la crise financière mondiale, le changement climatique, l'Afrique et les pays en développement, la sécurité alimentaire et la non-prolifération seraient à l'ordre du jour du sommet.
Il a estimé qu'une solution globale serait nécessaire pour faire face à la crise économique mondiale.
"Notre idée est d'avoir un accord de principe sur les normes financières unifiées à l'échelon mondial et de les transformer en règlements pratiques", a ajouté M. Frattini.
"Nous organiserons ce sommet à L'Aquila comme une étape intermédiaire entre le sommet du G20 à Londres et le sommet du G20 à Pittsburgh prévu en septembre prochain, le sommet du G8 va décider les principes et le sommet du G20 transformera les principes en règlements concrets, tels que la réforme de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international", a dit le ministre.
Quant au changement climatique, M. Frattini a souhaité que les principaux pays industrialisés parviennent à un consensus lors de ce sommet, en vue de paver la voie pour les négociations de Copenhague qui se tiendra au Danemark en décembre prochain pour un accord post-Protocole de Kyoto.
Le sommet se penchera aussi sur l'Afrique et les pays en développement. "Nous souhaitons transformer l'Afrique en nouvelle opportunité dans les termes des ressources naturelles, de la protection de l'environnement et de nouvelles industries. Il s'agit de trois principales priorités qui devraient être débattues", a affirmé M. Frattini.
Il a mis l'accent sur l'importance de la Chine en Afrique. "La Chine attache une plus grande importance au continent africain et joue un très important rôle. C'est pourquoi nous estimons que le rôle chinois est particulièrement important pour aider les pays pauvres, en particulier les pays africains", a-t-il dit.
M. Frattini a noté que la sécurité alimentaire serait un nouveau domaine pour lequel le G8 prendra d'importantes initiatives.
"Notre idée est de coopérer étroitement entre tous les huit pays membres du G8 plus les cinq autres importantes économies, dont la Chine, en vue d'envoyer un message au monde extérieur que la quantité comme la qualité des aliments seraient primordiales pour l'avenir du monde", a-t-il déclaré.
Outre la Chine, les autres économies émergentes invitées au sommet du G8 sont l'Afrique du Sud, le Brésil, l'Inde et le Mexique, plus l'Egypte qui est un important pays islamique et africain.
Mais il a exprimé son inquiétude sur les résuldats des stratégies et des promesses du G8.
"Nous élaborons souvent d'importantes stratégies, mais après, nous ne considérons pas les résuldats", a indiqué le ministre Frattini.
Il a déclaré qu'il proposerait à ses homologues du G8 de se réunir en septembre prochain pour vérifier si les engagements ont été honorés.
La décision d'organiser le sommet du G8 à L'Aquila, gravement endommagé par un séisme en avril dernier avec près de 300 morts et 60.000 sans-abris, vise à présenter les efforts déployés par l'Italie pour reconstruire la ville, a noté le ministre Frattini.
Le sommet du G8 va fixer des objectifs de réduction des émissions
Les dirigeants du Groupe des Huit (G8) envisagent de fixer des objectifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre lors de leur sommet de trois jours.
Selon un projet de déclaration préparé par les pays du G8, les émissions de gaz à effet de serre dans le monde seraient réduites de 50% d'ici 2050.
Le projet a également demandé une culmination des émissions d'ici 2020 et ensuite une réduction significative de sorte que la montée de la température mondiale serait inférieure à deux degrés Celsius au-dessus de niveaux pré-industriels.
Le sommet du G8 est considéré comme une occasion cruciale pour les dirigeants des pays les plus industrialisés et des principaux pays émergents de faire une nouvelle percée sur le nouvel accord global sur le climat comme la date limite s'approche.
Les dirigeants de la Grande-Bretagne, du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, de la Russie et des États- Unis se rencontreront d'abord à L'Aquila le 8 juillet, le premier jour du sommet, puis ils se retrouveront avec leurs homologues de la Chine, de l'Inde, du Brésil, du Mexique et de l'Afrique du Sud afin de discuter des changements climatiques et de questions économiques dont la surveillance des institutions financières internationales.
La feuille de route de Bali, approuvée en décembre 2007 fixe un délai de deux ans pour un accord global sur le climat en vue d'adopter cet accord lors de la conférence de Copenhague en décembre prochain pour assurer le suivi du Protocole de Kyoto, qui expirera en 2012.
Pour aboutir à un accord global sur le climat, les dirigeants devraient mener des négociations difficiles comme les divergences entre les pays développés eux-mêmes et avec les pays en développement n'ont pas été encore résolues.
Les pays les plus industrialisés sont divisés sur la quantité d'émissions à réduire, sur l'année à laquelle se fonde la réduction et sur la façon d'aider les pays pauvres à lutter contre le changement climatique.
L'Union européenne (UE) a fixé son objectif de réduire de 20% des émissions de gaz à effet de serre en 2020 sur la base de 1990, tandis que les États-Unis ont dévoilé un objectif de 17% de réduction en 2020 par rapport au niveau de 2005, objectif qui ne représente qu'une baisse de 4% sur la base de 1990. L'UE a déclaré que le but des États-Unis n'est pas suffisant.
Le Japon a récemment annoncé un plan visant à réduire les émissions de 15% en 2020 par rapport au niveau de 2005, qui se traduit par une réduction de 8% sur la base de 1990, tandis que l'Australie a fixé son objectif de réduire des émissions de 5-15% d'ici 2020 par rapport au niveau de 2000.
Le Canada prévoit de réduire de 20% d'ici 2020 sur la base du niveau de 2006.
Les pays développés demandent aussi à certains riches pays émergents de fixer des objectifs de réduction des émissions, ceux- ci sont fermement opposées à cette demande.
Greenpeace a exhorté les pays développés à assumer plus de responsabilités pour lutter contre le changement climatique, disant qu'ils sont le plus souvent à l'origine de l'actuel réchauffement de la planète.
Le sommet annuel du G8 a commencé à inclure le sujet du changement climatique dans son ordre du jour depuis 2005, à Gleneagles, en Ecosse.
Merkel appelle à l'expansion du G8
La chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé jeudi à l'expansion du Groupe des Huit pays les plus industrialisés du monde (G8), affirmant que les principales économies émergentes devraient être inclues.
S'adressant au parlement, Merkel a briefé les parlementaires sur les priorités du pays au prochain sommet du G8 qui se tiendra à L'Aquila en Italie du 8 au 10 juillet. Elle a indiqué que la baisse actuelle de l'économie mondiale ne pouvait pas être résolue uniquement par les nations industrialisées.
"Le sommet à L'Aquila démontrera que le sommet du G8 n'est plus adéquat", a-t-elle estimé.
Les économies émergentes telles que l'Inde, la Chine, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Mexique avaient également un rôle à jouer, a déclaré Merkel.
"Il est important pour nous de surmonter rapidement la crise", a-t-elle ajouté.
La chancelière a indiqué que le volume commercial mondial devrait chuter de 16% cette année, ce qui portera un coup dur à l'Allemagne, le plus grand exportateur du monde.
Merkel a affirmé qu'elle mettra la pression à la fois sur les nations riches et celles en développement au sommet du G8 afin de s'accorder sur un nouvel ordre financier mondial pour s'assurer que la crise économique actuelle ne se répétera plus.
Merkel est active depuis dans la stimulation du dialogue entre les nations riches et les économies émergentes.
En accueillant le sommet du G8 à Heiligendamm en 2007, elle a initié le processus de Heiligendamm, qui a institutionnalisé le dialogue à un niveau élevé entre le G8 et les cinq plus grandes économies émergentes, connues comme G5 qui regroupent la Chine, l'Inde, le Mexique, le Brésil et l'Afrique du Sud.
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