Pour sa première visite d'état en Chine, le président français Nicolas Sarkozy n'a pas chômé. Si les questions sur l'Iran, la Birmanie, l'environnement ou encore la liberté de la presse étaient au programme, on retiendra surtout de ce voyage de trois jours l'impressionnante moisson de contrats récoltée.
Entamée dimanche 25 novembre, la première visite d'état en Chine de Nicolas Sarkozy avait pour but, selon l'Elysée, de créer une relation forte entre la France et l'Empire du milieu. En succédant à Jacques Chirac, l'actuel numéro 1 français disposait d'une excellente base de travail : l'ancien président, considéré comme un «vieil ami» de la Chine, avait réussi à faire des deux pays des partenaires privilégiés tout en donnant à l'hexagone une image presque parfaite dans l'oeil de la population chinoise.
Pour mener à bien ses objectifs de voyage, Mr Sarkozy n'avait pas hésité à emmener dans ses bagages trois ministres (Jean-Louis Borloo pour l'Ecologie, Rachida Dati pour la Justice, Christine Lagarde pour l'Economie) ainsi que son conseiller diplomatique, Jean-David Levitte et une légion de chefs d'entreprise à l'affût de marchés à conquérir.
Des contrats records pour Areva et Airbus
Arrivé initialement dans la ville de Xi'an, célèbre pour son armée en terre cuite, le président français a surtout profité de sa visite pour finaliser plusieurs gros contrats commerciaux entre des entreprises françaises et la Chine.
Les principaux bénéficiaires s'appellent Airbus et Areva. Le constructeur d'avion a ainsi vendu 110 appareils de la famille A320 et 50 A330 pour la somme rondelette de 12 milliards d'euros. De son côté, le groupe nucléaire Areva a conclu le plus gros contrat de l'histoire du nucléaire civil en vendant à la Chine deux réacteurs EPR et les combustibles qui vont avec pour un montant de 8 milliards d'euros.
Les groupes EDF, CMA-CCM (transports de conteneurs), Alcatel-Lucent ou encore Sanofi-Aventis ont également décroché des accords importants bien que loin, en terme de chiffres, de ceux d'Airbus ou Areva.
Tête à tête avec Hu Jintao
Dès sa première journée dans l'Empire du milieu, le président français avait été honoré d'un dîner avec son homologue chinois Hu Jintao. Ensemble, ils ont préparé la fructueuse journée de signature des contrats du lundi, mais aussi parlé de nombreux sujets internationaux (Birmanie, Afrique, Iran), relatifs aux affaires internes chinoises (Taïwan, embargo sur les armes) ainsi que d'écologie et d'économie.
Si l'Iran n'a été que peu abordé, le président français a saisi l'opportunité de ce repas avec monsieur Hu pour se présenter comme dans la continuité de la politique de Jacques Chirac, très apprécié par Pékin du temps de son mandat. Si Nicolas Sarkozy a pris une position favorable à la Chine concernant Taïwan (opposition à un référendum, soutien à la politique d'une seule Chine), il a dû faire face à de sérieuses divergences à propos de la réévaluation souhaitée du yuan.
Le président français, qui a pris le temps de rencontrer une partie de la communauté française à Pékin, a été salué par une partie de la presse locale pour «sa diplomatie réaliste» envers la Chine. En parlant peu de la question des droits de l'homme en Chine, ainsi qu'en se montrant flexible sur la question de la peine de mort et celle de Taïwan, le président français s'est en effet démarqué de la politique allemande, actuellement très critiquée suite à la rencontre entre Angela Merkel et le Dalaï Lama.
Nicolas Jucha
Pour Chine Informations
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