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Ni underground ni pessimiste, le «nouveau» cinéma chinois

Le Festival du film de Salonique, qui s'achève dimanche, a projeté une sélection du «nouveau» cinéma de Chine continentale présentant une image contrastée du pays, moins sombre et pessimiste que celle en général prisée à l'Ouest.

«L'élément commun de ces films est qu'ils parlent d'une réalité de la Chine d'aujourd'hui qui n'a pas forcément à voir avec la misère, économique ou politique, et qu'ils ne sont pas formatés pour les festivals de l'ouest», raconte à l'AFP Derek Elley, critique cinéma à l'origine de la sélection.

Parmi les films chinois qui marchent à l'étranger, en incluant Taïwan, Singapour et Hong Kong, figurent toujours en bonne place les films de kung-fu ou les grandes fresques épiques en costume (comme Héros de Zhang Yimou).

Mais dans le domaine du cinéma d'auteur, les réalisateurs venus de Pékin les plus connus à l'Ouest sont ceux qui à travers des films fauchés réalisés hors circuits officiels racontent les douloureuses mutations de la société chinoise, comme Zhang Yuan ( Palais du levant, palais du couchant) et Jia Zhangke (Plaisirs inconnus).

«Ces films indépendants sont effectivement vus dans les salles européennes mais pas du tout en Chine. Et ils ne montrent qu'un aspect du pays», déplore le réalisateur Zhang Jiarui, venu à Salonique avec son film The road.

Parmi les longs-métrages présentés figure notamment Waiting alone, de Dayyan Eng, comédie drôle et rythmée qui raconte une histoire d'amour entre d'insouciants jeunes bobos pékinois, publicitaires, antiquaires ou concepteurs de jeux vidéos, qui vont en boîte, s'amusent et font des projets d'avenir.

«Je voulais faire un film pour le marché chinois en forme de comédie moderne et romantique et ça a très bien marché dans le pays», rapporte son auteur à l'AFP. Son précédent long-métrage, «Bus 44», plus sombre, avait été montré à Cannes, Venise et au festival de Sundance. Mais il sait que Waiting alone était «trop léger» pour concourir dans les festivals.

«Il y a une attente à l'Ouest : que les films chinois fassent forcément du commentaire social. Du coup certains cinéastes sont assez hypocrites pour évoquer les droits de l'Homme parce que c'est leur ticket d'entrée pour les festivals», dit-il.

Derek Elley et les réalisateurs qu'il présente se défendent de verser dans l'angélisme
en présentant une société chinoise plus apaisée que dans l'image qu'en ont les occidentaux, ou d'offrir un cinéma plus accommodant pour le régime communiste en place.

«Parmi les jeunes cinéastes d'aujourd'hui certains n'ont plus autant de difficultés pour pouvoir faire leur travail mais moi je suis assez vieux pour m'en souvenir», raconte Zhang Jiarui (né en 1968), en évoquant le rapport des cinéastes avec les autorités. «Et même encore aujourd'hui la censure nous interdit d'évoquer de nombreux sujets», déplore-t-il.

Dans Life show, Huo Jianqi raconte l'histoire d'une petite propriétaire de boutique en butte à un promoteur immobilier qui va démolir sa rue, archétype des nouveaux entrepreneurs chinois. Mais cette trame sert simplement de fond pour dresser le portrait d'une jeune Chinoise volontaire et individualiste, affranchie de sa famille et de la tutelle des hommes.

«La question en gros est de savoir si un film chinois peut être bon même s'il ne parle pas frontalement de politique ou de drame social», affirme Konstantinos Kontovrakis, qui a assisté Derek Elley pour la sélection. «Les vingt-deux films que nous présentons sont la réponse».

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Source : Cyberpresse,
Le 26 novembre 2006
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