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Marché du textil : Le coton pourrait faire un retour en force

COTON

Copyright © http://argent.canoe.com - Daweide, le 02-05-2007 00:00
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L'offre excédentaire a contribué à la faiblesse des cours de cette marchandise, mais la hausse de la demande sur les marchés du textile pourrait bien lui redonner de l'allant.

À l'encontre du maïs, du sucre et de diverses autres cultures, la fameuse fibre a été largement ignorée par les investisseurs, qui ont par ailleurs fait grimper les prix des produits de base agricoles un peu partout dans le monde.

Comme le coton n'est pas tellement utilisé pour la fabrication d'énergies de remplacement telles que l'éthanol, il n'a pas profité de la récente poussée de la demande liée au carburant, contrairement à d'autres produits fermiers. De plus, des millions de balles excédentaires ont été laissées en plan à la suite des récoltes exceptionnelles des dernières années, ce qui fait plafonner les prix.

Selon certains analystes, ce contexte transforme le Roi Coton, qui se fait de plus en plus rare tandis que le boom mondial des marchandises entame sa cinquième année, en super bonne affaire. Cette phase d'expansion a fait bondir les prix d'un grand nombre marchandises et de matières premières.

Mais maintenant que certains d'entre eux reculent par rapport à leurs récents sommets et que bien des investisseurs n'entrevoient plus de nouvelles hausses importantes à court terme, les fonds d'arbitrage et autres commencent à prospecter ailleurs.

Avantages

Le coton offre beaucoup d'avantages, disent-ils. La croissance de la Chine et l'essor fulgurant du commerce des textiles stimulent la demande, et la consommation mondiale augmente d'environ 5 % par année -- soit plus du triple que le taux annuel moyen observé entre 1995 et 2004.

Mais par-dessus tout, les besoins croissants en matière de biocarburants provoquent une diminution des cultures peu employées pour leur fabrication, y compris le coton. Dorénavant, les agriculteurs devront consacrer encore plus d'hectares au maïs, au sucre et aux autres végétaux générateurs d'énergie afin de répondre aux nouveaux objectifs de production de biocarburants des États-Unis et d'Europe.

En mars, le Département de l'agriculture américain a prédit que cette année, les fermiers du pays allaient réduire leurs cultures de coton à leur plus bas niveau en 17 ans.

Le National Cotton Council (conseil national américain du coton) a récemment ajouté qu'en 2007, la superficie des champs de coton pourrait diminuer de près de 14 % relativement à l'année passée et tomber à quelque 5,2 millions d'hectares.

Un tel revirement de la part de la plus grande nation exportatrice de coton, et de loin, est très significatif, surtout si la tendance se maintient, déclare Ricardo Leiman, directeur de l'exploitation chez Noble Group, un gestionnaire de chaîne logistique en marchandises de Hong Kong. «Il faut se demander qui fournira tout le coton à long terme.»

Inde et Chine

On pense évidemment à d'autres pays, et en particulier à ceux en développement comme l'Inde, où les récoltes ont considérablement augmenté ces dernières années.

Néanmoins, l'Inde et les autres pays producteurs n'ont probablement pas suffisamment de terres et d'eau pour soutenir un boom prolongé, d'autant plus que le coton est l'une des cultures les plus exigeantes sur ce dernier plan.

La Chine, de loin le plus grand consommateur au monde, se trouve dans le même guêpier. «Les Chinois ont le même problème avec le coton qu'avec toutes les autres cultures. Ils utilisent déjà chaque parcelle de terre qui n'a pas été affectée à la construction», souligne Dan Basse, président d'AgResource, une firme de recherche de Chicago.

La Chine accroît sa production dans ses provinces occidentales moins avancées. Toutefois, les réserves d'eau de ces contrées sont déjà en grand péril, occasionnant une désertification généralisée, ce qui fait dire à M. Basse que les prix du coton pourraient facilement bondir de 45 % dans les deux prochaines années.

Énorme stock

Certains sceptiques soutiennent qu'il faudrait des années pour passer à travers l'énorme stock des États-Unis et d'ailleurs. Les programmes d'aide américains compliquent également la donne en encourageant potentiellement des agriculteurs à cultiver encore du coton malgré la faiblesse des prix face aux normes antérieures. En outre, les pays émergents pourraient finir par intensifier leurs cultures bien plus que prévu, créant ainsi un risque de surproduction.

Quoiqu'il en soit, le coton a plein d'illustres défenseurs, dont Jim Rogers, qui fait preuve d'un optimisme de longue date à l'égard des marchandises. À son avis, les prix du coton pourraient plus que doubler dans quelques années, notamment parce que certains textiles de remplacement -- comme les fibres synthétiques à base de pétrole -- coûtent également plus cher.

Un marché en pleine mutation

Le coton joue depuis longtemps un rôle important dans l'économie mondiale. Cultivé sous des climats chauds et parfois humides, il est expédié en balles aux usines de textile et sert à confectionner un grand pourcentage des vêtements fabriqués à l'échelle planétaire.

Le marché du coton donnait des signes de perturbation avant même l'explosion de la demande en énergies de remplacement.

Les États-Unis ont subi de fortes pressions de la part d'autres producteurs concurrents qui voulaient les obliger à supprimer certains subsides et la Chine a cherché des options plus économiques plus proches, comme l'Inde et l'Afrique.

En Chine, les importations de coton indien ont presque quintuplé l'année dernière par rapport à 2005 et représentent maintenant à peu près 15% des approvisionnements entrant au pays, alors que ces importations étaient pratiquement inexistantes en 2002.

Cependant, ces retournements ne peuvent qu'exacerber les pressions qui pourraient éventuellement surgir. Parallèlement, la consommation intérieure augmente dans les nations en développement, surtout en Inde, ajoutant à l'incertitude entourant leur capacité à répondre à la demande mondiale si la production des puissances cotonnières encore existantes périclite.

Il est même possible que le coton devienne un joueur de taille dans le boom des énergies renouvelables. En effet, certains raffineurs des États-Unis et d'ailleurs prévoient fabriquer des biocarburants à partir d'huile de graines de coton, même si d'autres huiles sont plus prisées.

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