Livre "Le Consul qui en savait trop" de Désirée Lenoir
AUGUSTE FRANÇOIS
Avec Auguste François (1857-1935), portons un regard neuf sur les relations Franco-Chinoises à l'aube du XXe siècle.
par Désirée Lenoir
La Chine ne cesse de nous surprendre. Son avenir comporte évidemment un certain nombre de points d'interrogation et de nombreux défis à relever tant pour elle, que pour un monde perplexe devant son poids croissant dans la vie internationale.
Mais son passé aussi recèle encore bien des mystères ... dont certaines stratégies jusqu'ici peu connues de la diplomatie de la France - Chine.
A la fin du XIXe s., la France était présente en Indochine. Ce fait historique vous est familier. Mais avez-vous lu, dans vos manuels ou dans vos encyclopédies, que la diplomatie mise en œuvre par la France en Indochine avait des aspects très chinois ? Il y a fort à parier que non. Et ce pour des raisons complexes, le principale étant que la mémoire officielle est sélective.
Heureusement, il est possible de corriger la vision des faits qui nous a été transmise, d'avoir de cette période troublée une idée plus précise et plus juste en allant puiser les informations à la source, dans les archives de nos administrations, grâce aux traces écrites laissées par ceux qui en furent les acteurs.
Quel était le vrai visage de la présence française en Indochine et en Chine à la fin du XIXe s. ? Qui en étaient les promoteurs ? Quel regard chinois et vietnamiens portaient-ils sur elle ? Le Consul qui en savait trop apporte des réponses à ces questions en exposant des faits inédits surprenants et authentiques, dignes de Joseph Conrad. Il veut ainsi contribuer à ouvrir le débat.
Au-delà de l'Indochine, la France avait en réalité des vues sur la Chine. La politique menée par le Gouverneur Général d'Indochine Paul Doumer, futur 13e Président de la République Française [1], visait à annexer au moins deux provinces chinoises. Le chemin de fer transfrontalier Chine-Vietnam à créer devait en être le cheval de Troie.
L'ouvrage met en lumière cette page occultée de l'Histoire de la colonisation française en Extrême-Orient à travers l'évocation du "grand projet" que fut le chemin de fer Tonkin-Yunnan et le rôle décisif qu'y tint Auguste François. Pour ce dernier, non seulement une telle politique d'annexion n'avait pas de sens économiquement, mais elle était illégitime, illégale et dangereuse.
Le livre décrit comment ce diplomate, en avance sur son époque, s'est opposé seul aux projets de puissants lobbies coloniaux fédérés en une structure méconnue, le Parti Colonial, au nom de la défense des valeurs de la République française. Il restitue les intérêts en présence, l'attitude ambiguë de la classe politique. Il décrit également les relations entre métropole et outre-mer, entre occidentaux et chinois.
« J'ai pour mission de dire ce que je vois, ce qui crève les yeux pour qui les a braqués, comme je les ai, sur les faits de cette région, et rien ne m'empêchera de dire ce que je pense », écrivait le Consul François.
La reconstitution de la cohérence de ces faits est inédite. Elle constitue une révélation tant d'un point de vue historique français, que pour l'Histoire chinoise, comme l'auteur en a reçu confirmation directement en Chine. Auguste François nous épargna une guerre avec l'Empire du Milieu, mais aussi avec LA grande puissance du moment, la Grande-Bretagne.
L'accueil, l'étonnement, les amitiés nouées plus d'un siècle après avec les Chinois qui s'intéressent au véritable rôle d'Auguste François témoignent côté chinois d'une soif d'en savoir plus sur le passé de la "Chine profonde" et de ses relations avec l'Occident à cette époque. Des contacts sont d'ailleurs en cours pour une traduction de l'ouvrage en Mandarin. Souhaitons que viennent s'y ajouter des expositions des magnifiques photographies prises par le Consul.
Titre : « LE CONSUL QUI EN SAVAIT TROP
Les ambitions secrètes de la France en Chine »
Auteur : Désirée Lenoir
Editeur : Nouveau Monde Editions
432 pages
ISBN : 978-2-84736-571-9
EAN : 9782847365719
Distribution : SODIS
Prix : 24 €
Les lecteurs sont invités à se reporter au site complémentaire de l'ouvrage : www.augustefrancois.com. ils y trouveront actualité, commentaires, figures d'époque, et à la page "Bonus" 2 textes supplémentaires ainsi qu'un choix de photographies prises par l'auteur en Chine lors de ses voyages sur les traces d'Auguste François.
[1] sa présidence fut éphémère : il fut abattu le 06 Mai 1932 par un déséquilibré moins d'un an après son élection.
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je rappelle ici, à ce sujet, l' histoire de Fort Bayard , qui est lié à la présence française dans cette région:
ancienne concession française, dénommée à l' époque Fort-Bayard.
territoire occupé par la France en mai à juillet 1898 pour contrebalancer le pouvoir de Hong Kong et de Macao et pour étendre la zone d'influence de la France à partir de l'Indochine au sud-ouest de la Chine (Yunnan, Sichuan et Guangdong). Les Français s'en servent de comptoir pour l'expédition des produits miniers tirés des concessions accordées par la Chine.
Les projets d'extension des chemins de fer indochinois Hanoi-Kunming vers le Yunnan et le reste de la Chine sont un espoir supplémentaire pour asseoir une légitimité géopolitique de la France en Chine.
En janvier 1900, l'occupation se transforme en un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans, à la suite de l'accord du 16 novembre 1999, et devient le Territoire de Kouang-Tchéou-Wan. Son centre administratif est baptisé Fort-Bayard. Il passe sous l'autorité du gouverneur général d'Indochine française. Envahi par les Japonais en 1943, il est rétrocédé à la République de Chine en 1946.
En septembre 1945, Fort-Bayard est déclaré "ville libre", suite à la capitulation japonaise. La France, en plein chaos à la fin de la guerre, n'avait pas envoyée des troupes militaires. Le territoire était donc livré à lui-même. De plus, il était difficile de trouver un interlocuteur valable, le sort du territoire étant disputé à la fois par les nationalistes chinois et les communistes. De sortes que la cession du territoire ne fut jamais ratifiée par l'assemblée nationale,contrairement aux Établissements français de l'Inde, cédés en 1954, mais dont la ratification ne fut adoptée qu'en 1962. Le territoire de Kouang-Tchéou est occupé par les communistes chinois dès la fin de 1948 et définitivement intégré à la république populaire de Chine en décembre 1949. En 1995, il restait environ 1000 Francophones sur le territoire, le plus souvent âgés de plus de 65 ans.
Fort-Bayard a été rebaptisé Zhanjiang. c' est désormais un port militaire.
http://www.chine-informations.com/actualite/chine-france-des-historiens-vont-retracer-histoire-de-la-concession-francaise-de_33419.html
http://www.chine-informations.com/guide/auguste-francois_3716.html
http://www.chine-informations.com/guide/guangzhouwan_3701.html






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