Portraits : Le président chinois Hu Jintao a effectué une visite officielle en France du 26 au 29 janvier dernier. Selon le quotidien français Le Monde, le gouvernement français a accordé à cette visite une importance particulière en lui réservant un accueil exceptionnel. Cela est évidemment rare dans l'histoire diplomatique française.
M. Wu, que pensez-vous de l'importance que le président Jacques Chirac a accordée à la visite du président chinois ?
Wu Jianmin : Lors de la dernière visite du président chinois Hu Jintao en France, Jacques Chirac et son épouse sont venus tous les deux à l'aéroport pour le saluer. Un protocole d'un tel niveau est effectivement rare dans l'histoire française. Etant donné que dans les activités diplomatiques, tout protocole est destiné à servir la politique, il ne nous est pas difficile de découvrir, rien qu'à travers l'accueil que le gouvernement français a organisé en l'honneur du président chinois, combien il faisait cas de sa visite. Car chaque fois qu'il y a la visite d'un chef d'Etat étranger en France, on a l'habitude de voir le président français venir seul saluer celui-ci à l'aéroport, le rencontrer dans un entretien officiel, puis l'inviter à un banquet de bienvenue. Or, lors de la dernière visite du président Hu Jintao en France, le président Chirac l'a rencontré d'abord dans un entretien en tête à tête le jour même de son arrivée, ensuite dans un entretien élargi suivi d'une conférence de presse et d'une cérémonie de signature organisés le lendemain, puis dans un dîner officiel où étaient présents de nombreux hauts fonctionnaires français. Il est vraiment rare de voir ces derniers se montrer au public au si grand complet ! Par ailleurs, le couple Chirac a invité le président chinois et son épouse à un dîner romantique au restaurant de la Tour Eiffel, où ils ont eu l'occasion de s'entretenir plus ou moins longuement. Chirac a par ailleurs accompagné personnellement le président chinois lors d'une visite à l'"Exposition de Confucius" à Paris. Tout compte fait, le président français a rencontré cinq fois son homologue chinois durant sa visite en France respectivement dans deux entretiens, deux dîners et une visite d'exposition. Cela nous permet de dire que l'accueil que le gouvernement français a réservé au président chinois est d'une norme nettement plus élevée que celle accordée aux autres chefs d'Etat. Ce protocole spécial ne peut, selon moi, que faire passer le message suivant : le gouvernement français attache une importance particulière à la Chine et souhaite promouvoir dans une plus grande mesure ses relations avec celle-ci.
Portraits : Les commentaires sont nombreux à propos de la dernière visite du président chinois en France. On estime par exemple qu'elle a permis d'"ouvrir un nouveau chapitre et de nouvelles opportunités aux relations sino-françaises de partenariat" (citation du président Chirac) et d'"actualiser encore une fois" le partenariat diplomatique entre ces deux pays depuis son amélioration en 1997. Puisque vous avez dit que "les Français sont en train de réapprendre à connaître la Chine", quel doit être, selon vous, le processus de cette nouvelle prise de connaissance ?
Wu Jianmin : Dans les relations entre les Etats comme entre les hommes, on doit obligatoirement prendre le temps de se connaître. Or, vu que la connaissance que l'on a d'un partenaire n'est pas forcément objective, ce n'est pas une tâche facile que d'aboutir à une compréhension mutuelle parfaite. Aussi, selon moi, dans son réapprentissage pour connaître la Chine, la France est-elle passée par les étapes suivantes : Vers 1989, il régnait en France une opinion publique prédominante selon laquelle l'économie chinoise était sur une très mauvaise pente, la réforme chinoise ne tarderait pas à connaître l'échec et une guerre interne y était imminente? C'était dans un tel contexte qu'en 1992, la France a vendu aux autorités de Taiwan des avions, des bâtiments d'escorte et d'autres armements. Voici la logique qui guidait alors les Français : puisque rien ne va pour la Chine, il vaut mieux de profiter de l'occasion pour se faire fortune. Plus tard, s'étant aperçus qu'au lieu de dégringoler, la Chine se tenait toujours ferme et remportait progrès sur progrès, les Français ont décidé de réparer leurs relations avec celle-ci. C'est pourquoi on a vu publier en 1994 un communiqué conjoint des deux gouvernements dans lequel la France s'engageait à appliquer la politique d'une seule Chine et à ne plus vendre d'armements à Taiwan. Voilà la phase dite de "réparation des relations sino-françaises". Après 1994, à mesure du développement en profondeur des relations entre les deux pays, les Français ont constaté qu'au lieu de s'effondrer, l'économie chinoise faisait preuve d'un grand dynamisme, et que la situation politique en Chine était stable. Par ailleurs, ce qui les étonnait plus encore, c'est que pendant la crise financière asiatique qui a éclaté le 2 juillet 1997 et qui a été à l'origine de la récession économique de certains pays ou territoires jadis florissants, la monnaie chinoise (renminbi) a réussi à maintenir son taux de change par rapport aux autres monnaies, au lieu d'être dévaluée comme l'avaient prévu bon nombre de spécialistes internationaux. Voilà la raison pour laquelle quand je me suis rendu en France dernièrement, plusieurs dirigeants français ont tenu toujours à me témoigner de leur reconnaissance pour le sens de responsabilité dont faisait preuve le gouvernement chinois, affirmant que par là, la Chine avait contribué à la fois à la stabilité de l'économie asiatique et à la croissance de l'économie mondiale. Ce fut une époque marquée surtout par l'approfondissement de la connaissance qu'ont les Français de la Chine. A partir de là, les Français ont commencé à adopter une attitude de réflexion sur tout ce qui concerne la Chine. Autrefois opposés au régime socialiste, nombre d'entre eux pensent aujourd'hui qu'au lieu d'aller vers son déclin, le régime chinois est plutôt compétitif. D'autre part, les Français commencent à changer d'opinion à propos des dirigeants chinois. Ils trouvent, par exemple, que par rapport aux dirigeants d'autres pays et à la différence des chefs d'Etat occidentaux qui ne pensent qu'à être réélus, ceux de la Chine se préoccupent davantage de l'avenir de leur pays. Telles sont les connaissances nouvelles que les Français ont acquises sur la Chine. Ces deux dernières années, s'est formée chez les Français une nouvelle forme d'évaluation : on compare la Chine avec l'ancienne URSS et on trouve par exemple que les Chinois ont su faire preuve d'intelligence en préservant le statut du Parti communiste chinois, que sous la direction de celui-ci et grâce à la politique de réforme, des résultats notables ont été obtenus dans les secteurs divers de l'économie chinoise, tandis que la réforme politique entreprise en URSS n'a eu pour conséquences que l'effondrement de son Parti communiste, la dissolution de son gouvernement et la création d'un vide du pouvoir comblé plus tard par la mafia. Cette situation en Russie a été évidemment redressée avec l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine mais son peuple a beaucoup souffert. C'est en faisant la comparaison entre ces deux pays que l'on découvre la sagesse du gouvernement chinois.
Cette révolution révèle que les Français sont en train de reconsidérer la Chine, et qu'il reste de l'espace pour un développement plus en profondeur des relations entre nos deux pays.
Portraits : Vous avez dit : "L'homme est sentimental et il n'y a pas de diplomatie sans l'homme." Etant donné que durant votre mandat à l'ambassade de Chine en France, vous avez eu l'occasion de rencontrer maintes fois le président Chirac, pourriez-vous nous parler de votre impression sur celui-ci ? Vu que M. Chirac est passionné des antiquités chinoises, dont le bronze, comme le rapportent certains articles, pourriez-vous nous faire part de quelques anecdotes concernant l'attachement du président Chirac à la culture chinoise ?
Wu Jianmin : Le président Chirac a commencé en fait à se passionner pour l'art asiatique dès son adolescence. Il m'a appris que lors de ses études secondaires, il avait un jour fait l'école buissonnière pour aller visiter le Musée des arts asiatiques, et que profitant d'un voyage qu'il avait fait en Chine pendant sa jeunesse, il s'était spécialement rendu à Shanghai pour assister à une conférence de Ma Chengyuan sur le bronze chinois. A partir de cette époque, il s'est lié d'amitié avec le professeur Ma. Chaque fois que celui-ci passait en France, le président Chirac essayait toujours de prendre le temps de le rencontrer, alors que d'habitude, il rechigne à recevoir des dirigeants étrangers du rang de ministre ou de vice-ministre?
En 1998, peu après ma nomination au poste d'ambassadeur de Chine en France, le conseiller des affaires étrangères du président français m'a raconté l'anecdote suivante : pendant une séance d'une conférence des chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Union européenne qui s'est tenue il n'y a pas longtemps, on a vu Chirac entièrement occupé à écrire quelque chose. Quand il a fini sa rédaction, il a fait venir son conseiller et lui a demandé de vérifier l'exactitude de ce qu'il venait d'inscrire. Qu'est-ce qu'il avait donc écrit sur cette feuille ? Ce n'était en fait qu'une chronologie des différentes époques de l'histoire chinoise ! Il a même réussi à écrire de mémoire la chronologie des principales dynasties chinoises, alors qu'il n'est pas du tout évident pour le commun des Chinois de s'en souvenir. Le président Chirac m'a en outre fait savoir que tous les soirs avant d'aller au lit, il avait l'habitude de se consacrer à la lecture de quelques pages d'un livre sur la culture chinoise. D'ordinaire, le président est fort occupé et ceux qui souhaitent obtenir un rendez-vous avec lui sont légion. Cependant, chaque fois que je l'ai invité à visiter quelque exposition d'antiquités ou de culture chinoises organisée à Paris, il n'a jamais hésité à l'accepter et à y passer avec plaisir une bonne heure.
En 2002, lors d'un sommet de l'OTAN qui traînait quelque peu en longueur, un reporter-photographe a surpris le président Chirac prenant sa tête dans les mains et se penchant sur la table, en train de lire une publication. En braquant son objectif sur cette publication, le reporter-photographe a découvert qu'il s'agissait en fait d'un magazine sur le bronze chinois. Et la photo ainsi prise a été publiée sans tarder dans la presse.
L'intérêt vif que le président Chirac porte à la culture chinoise lui a permis d'en acquérir une connaissance très développée. Il m'a dit : "La civilisation européenne est connue de tous mais peu de gens dans le monde connaissent la civilisation chinoise, qui a pourtant non moins contribué au rayonnement de la culture mondiale. Cette situation est injuste." C'est justement dans l'intention de redresser une telle situation qu'il encourage les Français, voire les Européens, à mieux connaître la Chine. Il n'est donc pas étonnant qu'il soit toujours pour la promotion des échanges culturels entre nos deux pays.
Portraits : La France est le premier grand pays occidental à avoir reconnu la République populaire de Chine. Les dirigeants chinois et français ont toujours accordé une importance particulière aux relations sino-françaises depuis 40 ans, et en particulier lors de sa visite en Chine en mai 1997, le président Chirac a signé, avec son homologue chinois Jiang Zemin, la Déclaration conjointe sino-française, annonçant l'établissement entre la Chine et la France d'un partenariat global orienté vers le XXIe siècle. Cela marque le début de la période de développement rapide des relations sino-françaises.
Bien que certains dirigeants étrangers aient reporté leur visite en Chine en raison de l'épidémie de pneumonie atypique en avril 2003, le Premier ministre français M. Raffarin est arrivé à Beijing à la date prévue, exprimant l'amitié et le soutien du gouvernement et du peuple français vis-à-vis de la Chine. En mai, bien que l'épidémie faisait toujours rage en Chine, le 47e Championnat du monde de ping-pong organisé par la France a invité chaleureusement les sportifs chinois à participer à la compétition malgré une vive opposition. Pourquoi la France a-t-elle une telle "préférence" pour la Chine ?
Wu Jianmin : Cela s'explique par trois facteurs : 1. Les Français ont l'esprit d'avant-garde, une qualité fort précieuse de la nation française. Dans l'histoire, la révolution prolétarienne s'est déclenchée d'abord en France, la France est le premier pays à avoir tenté le socialisme utopique, la Grande Révolution bourgeoise est la plus complète en France, ce sont les Français qui ont inventé la gauche, le centre et la droite en politique, la France est le premier pays occidental à avoir établi des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, la France a préconisé en premier lors de la Conférence des droits de l'homme le dialogue plutôt que l'antagonisme vis-à-vis de la Chine, la France est aussi le premier à avoir levé l'interdiction de vente d'armes à l'égard de la Chine. 2. Les deux pays admirent mutuellement leur culture. Les Chinois se passionnent pour la culture française. En ce qui concerne la culture française, le camarade Jiang Zemin est intarissable, des Alexandre Dumas Père et Fils à la Dame aux camélias, au Comte de Monte-Cristo en passant par les Misérables. Quant à la cuisine, tout le monde sait que la cuisine française est la meilleure des pays occidentaux. La France en tire de la fierté, alors que sur le plan mondial, la cuisine chinoise jouit de la même popularité que la cuisine française. Les deux peuples sont tous des gastronomes, ont un amour profond pour la vie, cela fait partie de la similitude de culture. 3. Durant la période du SRAS, de nombreux dirigeants ont reporté leur visite en Chine, alors que les Chinois souhaitaient ardemment que le Premier Ministre français ne fasse pas de même. J'ai contacté les Français, qui ont donné une réponse claire et nette : comme la Chine a approuvé la France sur le problème d'Irak, la France devait aussi soutenir la Chine qui était en temps difficile. Lors de l'arrivée du Premier Ministre Raffarin, je suis allé l'accueillir à l'aéroport et l'accompagner à l'hôtel. En entrant dans l'ascenseur, il m'a dit secrètement : "Le président m'a envié fortement de venir en Chine".
Portraits : Bien que les Français connaissent mal l'histoire de la Chine, ils estiment profondément l'ancienne culture chinoise. Durant le festival de l'Année de la culture chinoise organisé en France en 2003, fonctionnaires et civils ont présenté un vif intérêt à l'Exposition de pièces archéologiques de Sanxingdui et à l'Exposition de Confucius. Les cultures chinoise et française ont une compatibilité innée. Il existe en fait aussi de nombreuses similitudes en politique et en économie ?
Wu Jianmin : Exactement. Sur le plan culturel, Chine et France ont toutes une longue histoire et une civilisation ancienne, l'histoire de la Chine étant un peu plus longue que l'histoire de la France. Dans le contexte de la mondialisation, les Français sont fort inquiets de l'uniformité éventuelle, sous l'enseigne de Mcdonald's, de frites, de grandes productions de Hollywood. Ils préconisent la diversité culturelle, que chaque pays a une culture propre à lui. C'est un point commun aux Chinois. Ils aiment donc communiquer avec la Chine. La diversité mondiale pour nous et la diversité culturelle pour eux sont en fait la même chose.
Les économies chinoise et française sont fort complémentaires. Les priorités de développement économique en Chine sont justement les avantages de l'économie française, telles que l'énergie, les transports, l'agriculture et la protection de l'environnement.
Quand les Etats-Unis ont attaqué l'Irak le 20 mars 2003, la France s'y est opposée fermement et la Chine n'était pas non plus d'accord. On commençait alors à songer à la méthode de gestion du monde. On pratique l'unilatéral, à savoir un seul pays a la parole, ou tout le monde participe à la prise de décision ? La France et la Chine partagent la même opinion à ce sujet. Le multipolaire actuel signifie en fait la participation générale, la démocratie dans les relations internationales. C'est une position politique partagée à la fois par la Chine et par la France.
En un mot, les relations entre les deux pays ont un grand potentiel de développement. "Cela fait 39 ans que Chine et France établissent des relations diplomatiques et nous voilà entrés dans la meilleure période", en reprenant les propos que le président Hu Jintao a tenus devant son homologue français le 1er juin 2003.
Portraits : Selon les statistiques de la douane chinoise, le volume des échanges bilatéraux sino-français a dépassé la première fois en 2003 les 10 milliards de dollars pour atteindre 13,39 milliards, soit une croissance de 60,9% en un an. La France est devenue le 4e partenaire commercial chinois, devant l'Italie, au sein de l'Union européenne. L'objectif de la France est de s'assurer 5,2% des parts du commerce international et d'exporter pour 550 milliards d'euros d'ici 2010, alors que la Chine constitue un énorme marché de marchandises pour que la France réalise son objectif. De ce fait, pas mal de médias étrangers laissent entendre que l'objectif final des efforts de M. Chirac en vue de développer les relations avec la Chine est d'ordre économique.
Wu Jianmin : Il faut envisager le problème sous tous ses aspects. Je ne suis pas d'accord avec la version "la culture sert de scène sur laquelle l'économie joue". C'est trop vulgaire. En 1999, on a organisé à Paris une Semaine de la culture chinoise. L'idée initiale voulait que "la culture soit la scène sur laquelle l'économie joue". Après avoir entendu cela, le camarade Li Lanqing a dit que la culture, c'est la culture ; l'économie, c'est l'économie et qu'il ne faut pas croire qu'une seule représentation puisse aboutir à un succès économique. Tout au début du décollage de notre économie, on a réussi par cette méthode à réunir les gens, lesquels négociaient et passaient des contrats. Il semblait que c'était plus ou moins efficace. Après cela, cette approche ne peut plus aboutir. On dit donc que la culture, c'est la culture. La culture permet aux gens et pays de mieux se connaître. Après quoi, beaucoup d'affaires s'arrangent facilement. La base de la coopération, c'est la compréhension.
Portraits : Que pensent les entrepreneurs français des relations sino-françaises ?
Wu Jianmin : Le milieu industriel français est optimiste à l'égard de la Chine. Un exploitant de ciment français m'a dit : "La Chine consomme environ 30 à 40% du ciment fabriqué dans le monde entier. Etant un fabricant de ciment, comment pourrais-je ne pas aller en Chine ? D'ailleurs, le développement économique se poursuit en Chine, il faut absolument que j'y aille". Carrefour a ouvert une cinquantaine de supermarchés en Chine, tout en espérant en avoir bientôt une centaine. Il suit une bonne idée de gestion, adaptée à la Chine et très humaine. Le patron de Carrefour s'est déclaré optimiste quant à l'avenir de la Chine. Lorsque Shanghai a présenté sa candidature au droit d'organisation de l'Exposition mondiale, Carrefour a pris l'initiative de former un Club d'entreprises de Paris en vue de soutenir la candidature de Shanghai à l'Exposions mondiale. De nombreuses grandes entreprises y sont allées, étant optimistes envers Shanghai et pensant que Shanghai est pleine d'énergie et qu'elle est une ville du XXIe siècle. Le patron de la compagnie d'assurance AXA m'a dit : "Nous attachons de l'importance à la Chine, non seulement au marché chinois, mais aussi à sa civilisation de cinq millénaires. La Chine a de belles perspectives et les Chinois éduqués par cette civilisation, combien ils sont intelligents !"
Portraits : Quand ils font des reportages sur la Chine, les médias occidentaux font preuve généralement d'arrogance et de préjugés. Durant votre mandat d'ambassadeur chinois en France, vous avez souvent été invité au Sénat français, à faire des exposés dans les provinces, même à des banquets de déjeuner, à des conférences et à des débats. Profitant de ces occasions, vous avez tenté de convaincre les Français de changer leurs préjugés à l'égard de la Chine. Vous avez fait grand cas du contact avec les médias locaux, et avez réfuté les médias français en maintes occasions officielles. Vous avez laissé une vive impression aux médias étrangers. Quel est leur jugement à votre égard?
Wu Jianmin : Ils parlent de moi toujours en bons termes (éclat de rire) : "instruit, éminent, son français étant excellent, il sait communiquer avec tout le monde et expliquer clairement les choses chinoises". J'accorde chaque année une cinquantaine d'interviews médiatiques. En général, je ne refuse pas de rencontrer les journalistes. Je peux débattre, face à face, avec autrui à la télévision, je peux faire face simultanément à cinq journalistes qui m'interrogent à tour de rôle. Ils posent diverses questions auxquelles je dois réfléchir avant de répondre adéquatement. "On peut aller partout quand on a la justice de son côté ; sinon, on ne peut faire un seul pas". J'aime ce proverbe.
Le Quotidien du Peuple
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