Les pays émergents comme la Chine sont un élément très important dans la reprise économique, selon le secrétaire général de l'OCDE (INTERVIEW)
OCDE
Les pays émergents comme la Chine sont un élément très important dans la reprise économique, a indiqué José Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), lors d'une interview avec l'agence Xinhua.
"Il faut dire qu'il y a une reprise généralisée, une reprise à trois vitesse", a jugé M. Gurria. "La première comme la Chine, l'Inde, des pays en développement et de grands pays émergents, qui vont très rapides. Mais je dirais c'est plutôt une accélération, parce qu'il n'y avait pas de récession. Il y a une reprise comme le cas aux Etats-Unis et au Japon, peut-être plus dynamique que ce qu'on envisageait originairement. Et après ça, on a la reprise européenne qui est moins dynamique, leurs taux de croissance sont de couleur noire au lieu de couleur rouge, ça veut dire qu'ils sont tous positifs, surtout dans les grandes économies, mais cela reste plus modeste", a-t-il précisé.
Malgré le dynamisme dont fait preuve des pays émergents, il ne faut pas leur demander de "tout faire et d'être la seule source de la solution face à la crise financière", a souligné le secrétaire général de l'OCDE.
Il a par ailleurs mis en garde contre deux principaux problèmes qui accompagnent la reprise. "Le premier c'est le taux de chômage très élevé, comme les Etats-Unis et certains pays européens. Dans le cas général de l'OCDE, ça approche 9% en moyenne", a déploré M. Gurria, ajoutant qu'un autre problème reste la question de la " fiscalité". "Une fois la reprise soit confirmée, il faut avoir une consolidation fiscale pour voir comment réduire le déficit budgétaire et comment arrêter la croissance très accélérée de la dette publique".
Interrogé sur la question de Renminbi, monnaie chinoise qui fait actuellement l'objet d'une pression croissante en faveur d'une appréciation de la part des Etats-Unis et de l'Europe, M. Gurria a indiqué avoir "pris note" de la récente déclaration du Premier ministre chinois Wen Jiabao, qui a affirmé que la Chine va continuer sa réforme du système du taux de change vers un régime du marché, et en même temps maintient une stabilité du yuan, considérée comme une des grandes priorités de ce pays.
"Ca c'est important, ça veut dire qu'il y a une intention de bouger dans cette direction et c'est de confirmer que la politique d'être liée au dollar deviendrait éventuellement plus flexbile, et il s'agit d'une question de 'timing', c'est-à-dire comment et quand... je crois qu'une flexibilité majeure pourrait être dans le meilleur intérêt de Chine", a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de l'OCDE a également fait part de sa satisfaction sur la coopération avec la Chine, qui n'est pas encore pays membre de son organisation. "On a travaillé avec la Chine sur les rapports économiques, dont le deuxième a déjà été présenté il y a un mois. On a aussi travaillé dans le développement rural, l'environnement, l'agriculture, la politique d'investissement, la politique d'aménagement de territoires ... Pendant mon mandat, ça c'est une de mes priorités, on a une coopération de plus en plus serrée, on apprécie énormément cette coopération et est toujours prêt à continuer à travailler pour et avec la Chine".
"Je vois avec beaucoup d'admiration le futur développement économique de la Chine", a-t-il ajouté.
La Chine joue un rôle important non seulement pour les Chinois, mais aussi pour l'économie mondiale en général, a conclu M. Gurria.
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