Né au milieu des années 80 sous l'influence entre autres de Cui Jian, le Rock chinois reste à ce jour en Chine un style musical en retrait. Malgré une période prospère au début des années 90, ce mouvement jouit d'une faible médiatisation due à son côté revendicatif, peu apprécié par les autorités.
C'est à Pékin, dans les années 80, que le rock chinois a fait ses premiers. Dans une capitale chinoise relativement ouverte aux influences étrangères, le groupe Wan Li Ma Wang a été le premier à jouer du rock classique dans l'Université des Langues Etrangères.

Cui Jian
Par la suite, le courant est principalement emmené par celui qu'on décrit encore aujourd'hui comme le père du mouvement : Cui Jian. Ce dernier sort son premier album en 1985 (The Libertine Back Home), une combinaison pop-rock.
L'année suivant, sa chanson «I own nothing» devient l'un des plus grands succès de la musique moderne en Chine, et donc un morceau légendaire du rock chinois. Le mouvement rock semble lancé, et se succède plusieurs périodes comme celle du style Xibeifeng -le Vent du Nord-Ouest, de 1986 à 1989, un style engagé et aux sonorités aggressives- ou encore les chansons des prisons, de 1988 à 1989, avec des sonorités plus lentes et des textes anti-conformistes.
Après les événements de la place Tian Anmen, le rock chinois connaît encore quelques moments de gloire avec un grand concert au Capital Gymnasium de Pékin en 1990, et une apogée de sa créativité et de sa popularité entre cette même année et 1993.
Par la suite, la traversé du désert commence... Dans une société où le pouvoir d'achat progresse et où les médias officiels ne lui offrent aucune médiatisation, le rock ne rencontre plus un échos aussi significatif.
L'augmentation du niveau de vie induit la baisse des intentions protestataires, donc le message des groupes rocks est peu entendu. A contrario, la pop cantonaise, beaucoup plus commerciale et consensuelle, est soutenue par les pouvoirs financiers ou politiques, qui n'y voient aucune menace.
Le rock chinois n'en est pas pour autant mort, même si son côté contestataire limite actuellement son influence et son public. Depuis 2000, et à l'exception de cette année (JO oblige), se tient tous les ans le festival rock «Midi Festival». Une occasion de rassemblement pour ces jeunes chinois qui veulent s'exprimer, contester, et dénoncer les abus de leur société... Une preuve également que le courant vie toujours.
Qui sait, d'ici quelques années un nouvel âge d'or du rock pourrait traverser la Chine, quand de nombreux chinois auront goûté aux limites du développement économique et aux besoins, totalement humain, de crier bien haut ses divergences d'opinion...
Nicolas Jucha
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