Le président Hu Jintao en Zambie dans un climat de grogne anti-chinoise
AFRIQUE
Le président chinois Hu Jintao est arrivé samedi en Zambie pour une visite d'Etat de deux jours dans un climat de grogne croissante contre les investisseurs chinois, accusés d'exploiter à bas prix leurs salariés zambiens et de ne pas respecter le droit du travail.
A son arrivée à l'aéroport en provenance du Soudan, vers 11H00 (13H00 GMT), M. Hu a été accueilli par une garde d'honneur et quelque 2.000 membres du parti du président zambien Levy Mwanawasa, qui agitaient des drapeaux chinois, a constaté un correspondant de l'AFP.
Mais son voyage de l'aéroport à la capitale s'est déroulé sous haute sécurité. L'université de Zambie, haut lieu de l'opposition situé sur la route vers Lusaka, était encerclée par des centaines de paramilitaires armés afin d'éviter toute manifestation spontanée.
Les sentiments anti-chinois sont à vif en Zambie, où les investisseurs de la superpuissance asiatique sont accusés de pomper les ressources minières du pays et d'exploiter les travailleurs locaux en les payant mal et en n'assurant pas des conditions de sécurité décentes.
Alors que les investissements chinois - essentiellement dans les mines, la construction et le textile - sont en hausse constante dans ce pays pauvre d'Afrique australe, la litanie des plaintes ne cesse de s'allonger.
"Il y a beaucoup de monde (en Zambie) qui n'est pas content de la présence chinoise", a affirmé Guy Scott, secrétaire général du principal parti d'opposition, le Front patriotique (PF), dans une déclaration publiée alors que M. Hu s'entretenait avec le président zambien.
"Le président chinois doit être conscient du fait qu'il y a plus d'une opinion sur la Chine en Zambie", a ajouté M. Scott.
Le leader populiste du PF, Michael Sata, n'a pas été invité à un dîner donné en l'honneur de M. Hu, auquel participeront d'autres membres de l'opposition. M. Sata avait fait de la présence des investisseurs chinois l'un de ses principaux thèmes de campagne pour l'élection présidentielle de septembre, promettant de les expulser s'il était élu.
Afin d'éviter toute situation gênante, une visite prévue du président Hu dans la mine de Chambeshi, un site exploité par des Chinois dans la ceinture de cuivre (nord) où 50 travailleurs ont péri à la suite d'une explosion en avril 2005, a quant à elle été annulée en raison de manifestations annoncées.
Après l'explosion, le gouvernement zambien avait accusé le groupe chinois propriétaire de la mine de ne pas avoir respecté les règles élémentaires de sécurité.
La semaine dernière encore, des salariés de Zambia China Mulungushi Textiles (ZCMT), la plus grande usine textile du pays détenue en joint-venture par un groupe chinois, ont manifesté devant l'ambassade de Chine pour protester contre la fermeture temporaire de l'entreprise pour difficultés financières.
Le chef de l'Etat zambien s'était alors emporté contre ces manifestants, leur rappelant les investissements réalisés par la Chine dans le pays.
"Il y a quarante-deux ans, la Zambie a été le premier pays d'Afrique australe à établir des relations diplomatiques avec la Chine", a rappelé le président Hu dans une déclaration remise aux journalistes à son arrivée à l'aéroport. "Depuis, nos deux peuples se sont toujours soutenus mutuellement".
Le président chinois a entamé mercredi au Cameroun sa troisième tournée africaine depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Après la Zambie, il se rendra en Namibie, en Afrique du Sud et au Mozambique.
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