Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a tenté mercredi de rassurer les médias étrangers, affirmant que la politique chinoise à leur égard n'avait "pas changé", après le tollé suscité ces derniers jours par la réaffirmation du monopole de l'agence officielle Chine Nouvelle.
Lors d'une visite à Londres où il rencontré son homologue britannique Tony Blair, dans le cadre d'une tournée européenne, M. Wen a affirmé qu'il y avait "beaucoup d'incompréhension". "La politique d'ouverture adoptée par le gouvernement chinois envers les médias d'information étrangers et les agences étrangères d'information financière demeure inchangée", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse commune avec M. Blair.
Suscitant la condamnation de l'Union européenne et des organisations de défense de la liberté de la presse, l'agence d'Etat Chine Nouvelle avait réaffirmé dimanche, de manière menaçante, son monopole sur la distribution et la publication en Chine des informations d'agence étrangères.
Deux ans avant les jeux Olympiques de Pékin, les règles, visant explicitement le texte, la photo et l'infographie, étaient pour la plupart déjà connues. La nouveauté réside surtout dans l'apparente volonté de Chine Nouvelle de s'accaparer le juteux marché chinois des informations économiques et financières.
Alors que Chine Nouvelle annonçait mercredi de nouvelles restrictions à la communication dans le domaine judiciaire, le Premier ministre chinois a assuré depuis Londres que "l'information sur le développement commercial, financier et économique circulera librement, sans aucune obstruction", dessinant en creux une distinction entre les différents types d'information.
La Chine, a promis M. Wen, "assurera la liberté et les droits" des médias étrangers opérant sur son sol.
"Nous espérons et nous sommes confiants", a-t-il ajouté, qu'en retour ces médias "observeront les lois et réglementations chinoises".
Le dirigeant chinois a également déclaré qu'il avait eu avec M. Blair une "discussion honnête sur un grand nombre de sujets", notamment le changement climatique, un dossier sur lequel Londres et Pékin se sont engagés à travailler ensemble.
Il a précisé que les relations entre la Chine et le Royaume-Uni, premier investisseur européen en Chine, "étaient les meilleures de leur histoire".
La visite de M. Wen a également été marquée par la signature de plusieurs contrats commerciaux, dont l'un de 425 millions de livres (629 millions d'euros) pour la livraison par Rolls Royce de moteurs à Air China.
M. Blair a, de son côté, profité de leur conférence de presse commune pour rappeler à leur "devoir" les pays membres de l'Otan vis à vis de l'Afghanistan.
Ils ont "le devoir de répondre" aux demandes de l'Alliance concernant les effectifs militaires en Afghanistan, a-t-il déclaré, estimant que la situation dans ce pays était de la responsabilité de tous.
"Nous suivons de près la situation en Afghanistan", a déclaré pour sa part Wen Jiabao, assurant que la Chine "espère la stabilisation (et) la reconstruction" de ce pays.
Plusieurs centaines de manifestants ont manifesté devant Downing Street à l'occasion de la visite de M. Wen, en deux groupes à la taille comparable, l'un favorable au dirigeant chinois, l'autre hostile.
M. Wen devait ensuite se rendre en Allemagne pour une visite de deux jours. Des manifestations de protestation y sont également prévues.
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