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Dernière mise à jour le 05 juillet 2008 à 13:32

Le nationalisme chinois, un outil à double tranchant

S'il n'a jamais été un secret pour personne, le nationalisme chinois a pris de l'ampleur depuis les récents problèmes au Tibet et au parcours international difficile de la flamme olympique. Mais attention à ne pas diaboliser les Chinois à travers ce phénomène, ils en sont souvent les premières victimes.

Une réaction d'auto-défense

La Chine est redevenue un grand pays avec lequel il faut compter sur les questions internationales. Mais depuis les insurrections au Tibet et les incidents de parcours de la flamme olympique, les JO,et par la même occasion l'image de la grande Chine moderne ont pris du plomb dans l'aile...

Il n'en fallait pas plus en Chine pour attiser un sentiment nationaliste déjà bien présent dans la population. Pas toujours agressif, il s'apparente surtout à un réflexe d'auto-défense du prestige national. Depuis quelques semaines, Carrefour l'apprend à ses dépends avec une campagne de boycott contre ses magasins de Chine continentale. Sa faute ? Etre français et avoir selon les rumeurs financé le Dalaï Lama... Depuis le passage de la flamme à Paris, cela ne facilite pas les affaires.

A l'heure actuelle, critiquer la Chine s'apparente à vouloir ternir les Jeux Olympiques ou saper les progrès du pays sur les dernières décennies... Une vision qui peut paraître démesurée en occident, mais est totalement justifiée pour la majorité des Chinois.

Un passé toujours present dans les têtes

Comment un nationalisme aussi répandu, et surtout aussi sensible a t-il pu s'installer dans l'Empire du milieu ? Les racines sont profondes et comparer la situation en Chine avec ce qui peut se faire en Occident n'aurait aucun sens. Ce qui aujourd'hui crée la discorde avec le Tibet ou les JO, existait déjà hier avec Taïwan ou le sanctuaire japonais de Yakusuni...

Sur le plan historique, les XIXe et XXe siècle chinois ont été marqués par leur lot d'humiliations face aux puissances occidentales plus modernes. Aujourd'hui de retour dans la cour des grands, il y a une certaine logique à ce que le peuple chinois n'ait plus envie de se sentir inférieur, ni se faire dicter ce qu'il doit faire.

Un besoin de faire face à l'occident

Dans les faits, un certain complexe d'infériorité, ou plutôt une fascination pour l'Occident persiste également : les standards américains ou européens sont souvent pris pour modèles dans la vie quotidienne, l'alimentation, les modes vestimentaires, la culture...

Même sur le plan physique, les ressortissants occidentaux, de préférence blancs de peau, sont souvent considérés comme des modèles de beauté extérieure : les nombreuses femmes chinoises cherchant la solution miracle pour avoir la peau blanche, l'importance accordée à la taille des yeux, ou la célébrité de stars comme David Beckham en sont des exemples parmi d'autres.

Les médias et l'éducation pour apprendre à aimer son pays

Pour contrer ce phénomène, le gouvernement n'a jamais hésité à utiliser la propagande à ses fins : les médias évoquent avant tout les succès de la politique locale, mais ne perd jamais l'occasion de souligner l'échec d'un autre pays. Le cinema aussi a souvent entretenu l'image du héros chinois face à de méchants étrangers occidentaux. 

Le plus important reste néanmoins l'éducation, servant à entretenir ce sentiment nationaliste chez les enfants des nouvelles classes moyennes et aisées : rapidement, on fait comprendre aux jeunes l'importance de l'unité chinoise, le devoir de chacun d'en protéger la réputation, de ne pas critiquer le gouvernement, voire de ne pas laisser autrui le faire...

La situation aujourd'hui est telle qu'il est malvenu pour un étranger de critiquer la Chine devant un ou plusieurs chinois. Ces derniers sont les seuls à pouvoir théoriquement se permettre de critiquer leur pays, un «laowai», quelque soit son pays d'origine, n'a pas le droit «d'ingérence dans les affaires intérieures chinoises». Ce qui est écrit noir sur blanc notamment dans les contrats des professeurs étrangers (waijiao).

Tibet : une réalité, deux visions différentes

La crise tibétaine et les problèmes de la flamme olympique, ainsi que les réactions pro-chinoises qui ont suivi, sont donc le fruit de deux lectures différentes d'une même réalité : là où la majorité des occidentaux souligne les droits de l'homme et la liberté des peuples à disposer d'eux mêmes, les Chinois et leurs défenseurs mettent en avant les spécificités de l'Empire du milieu, son unité nationale au dessus de tout, et le devoir de non-ingérence dans ses affaires intérieurs par les pays étrangers.

Pour les Chinois, le Tibet, Taïwan, ou tout autre partie du territoire sont inaliénables à la Chine. L'important n'est pas que les peuples concernés se sentent différents, l'important est qu'ils fassent partie de l'unité chinoise «historique». Peu surprenant à partir de là que de nombreux témoignages virulents contre la France ou d'autres pays ayant critiqué Pékin puissent fleurir librement sur le net chinois, d'habitude tellement contrôlé...

Le nationalisme chinois et son ampleur sont incontestables. Le rôle du gouvernement dans son entretien n'est pas négligeable, et cela demeure logique puisqu'il s'agit d'un outil efficace voir indispensable pour entretenir un sentiment de fierté nationale suffisamment fort.

Réaction nationaliste oui, réaction xénophobe non

Mais vouloir, comme certains médias occidentaux l'ont fait, comparer les réactions chinoises avec de la xénophobie ou du racisme est quelque peu maladroit voire irresponsable. Si le racisme anti-occidentaux peut exister dans l'Empire du milieu, sa proportion dans les grandes agglomérations chinoises est négligeable. Ce sont plutôt d'autres voisins asiatiques qui pourraient s'en sentir victimes...

En dépit des récents problèmes politiques, les occidentaux présents en Chine jouissent toujours d'un traitement relativement accueillant de la part de la population locale. A condition bien sûr de ne pas se promener dans la rue avec un T-Shirt «Free Tibet»...

Nicolas Jucha pour C.I.


Source : Chine Informations,
Le 03 mai 2008 à 09:39
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Commentaires

le monde est un village... (michel - 04 mai 2008)
et les nationalismes sont une perversité. Tous les hommes sont des frères en humanité et leur seul souci doit être de se demander comment parvenir à ce que toutes les cinq minutes il n'y ait plus un enfant sur cette petite planète qui meurt de faim... Tout le reste est billevesée.

Un article censé... (Loup Solitaire - 04 mai 2008)
"Même sur le plan physique, les ressortissants occidentaux, de préférence blancs de peau, sont souvent considérés comme des modèles de beauté extérieure : les nombreuses femmes chinoises cherchant la solution miracle pour avoir la peau blanche, l'importance accordée à la taille des yeux, ou la célébrité de stars comme David Beckham en sont des exemples parmi d'autres."

J'ai toutes mes chances avec les petites chinoises alors! ^^
Par contre, autant je trouve notre beauté occidentale très belle, autant j'adore les petites asiatiques (un des fantasmes les plus courants chez les français sont les "petites japonaises", mais çà peut aussi s'appliquer aux chinoises je pense) et je trouve çà triste de voiloir changer sa couleur de peau ou se faire débrider les yeux. Venaient plutôt en France vous trouver un marri qui aime votre charme asiatique! ^^

pas surprenant (gogodancer.y - 05 mai 2008)
ca fait quelque tps que j'apprends le chinois. lorsque je suis allé en chine j'ai constater l'extremisme a peine voilé de certains chinois vis a vis des japonais...a ce moment la je me suis dis "heureusement qu'ils aiment bien la France" (même si c'est pour des raisons imaginaires: romantisme par exemple)....et la PAF! manif anti francaise + croix gammées sur le drapeau francais...haha ^^ 欢迎你来北京"bienvenu a pekin" ^^ (c'est d'ailleur la que je vais en septembre prochain - -" )

YOUPIII (jean.h - 14 mai 2008)
moi je suis belge et j aime bien la chine et les chinois un quart de l humanite .
Faut surtout pas vouloir copier les occidentaux .... ce sont des cons et le pire c est qu ils pensent etre un modele

YOUPIII (michelem - 09 juin 2008)
Lorsqu'un quart de l'humanité a réussi de façon autonome a trouver une unité derrière un drapeau,il est tout à fait justifié qu'il le défende .Laissons les Chinois determiner ce qui est bon pour eux,nous n'avons pas de leçons à leur donner .Ils ne sont pas présents militairement dans d'autres pays ,à ce que je sache !!!

Nationalisme chinois ? (jean.s - 11 juin 2008)
Je rentre d'un voyage de 3 semaines en Chine. Je n'ai jamais vu des gens aussi gentils et souriants. Partout des Hello et Ni hao adressés au Lao Wai que je suis...et français de plus...

J'aime la Chine, et je retournerai dès que possible retrouver mes chers amis laissés là bas.

L'avance des technologies chinoises à la fin du XVe siècle (Daniel.C - 12 juin 2008)
... Sur le plan historique, les XIXe et XXe siècle chinois ont été marqués par leur lot d'humiliations face aux puissances occidentales plus modernes. Aujourd'hui de retour dans la cour des grands, il y a une certaine logique à ce que le peuple chinois n'ait plus envie de se sentir inférieur, ni se faire dicter ce qu'il doit faire...
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A la fin du XVe siècle, alors que Christophe Colomb accoste en Amérique, l'Europe aborde une période de croissance scentifique qui, à partir de réflexions théoriques, va la conduire au développement technique que l'on connait. La Chine, au contraire, a derrière elle la plupart de ses périodes fastes où ses penseurs, ses explorateurs et ses techniciens ont acquis un rayonnement incomparable. Cette avance, dont ila faut chercher les sources bien en arrière, elle en profite encore dans beaucoup de domaines technologiques.
La fonte a été couramment utilisée dans les moulages répétitifs dont on à daté à -513 (av. J.-C.) la fabrication en série au monde. L'usage d'outils en fer dans l'agriculture (socs de charrues, haches pour le défrichage) conduit à une véritable révolution sociale à la période des Royaumes combattants (481-221 av. J.-C.). L'affinage de la fonte en acier par insufflation d'air fut couramment utilisée à partir du IIe siècle av. J.-C. (cela conduira au procédé Bessemer en ... 1856). Celle par chauffage de la fonte avec du fer doux est apparue au Ve siècle ap. J.-C. (procédé Martin Siemens de 1863). L'usage du soufflet à double effet mû par turbine hydraulique (à partir u IIe siècle ap. J.-C.), le remplacement du charbon de bois par de la houille (à partir du XIe siècle ap. J.-C.) devaient faire de la Chine le premier producteur mondial de fer jusqu'au XVIIIe siècle.
La pratique des fours à potier permettant de hautes températures a conduit les Chinois, dès le VIe siècle avant J.-C., à une découverte capitale : La fonte. Utilisée d'abord pour les fabrications d'armes en série, elle permet une très grande diffusion de toutes sortes d'outillages, agricoles en particulier.
Source : Chine, peuples et civilisation. Sous la direction de Pierre Gentelle. Pages 187-188.

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