Relations franco-chinoises - Le monde a besoin d'une Chine Nouvelle
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Dernière mise à jour le 11 mai 2008 à 17:40

Le monde a besoin d'une Chine Nouvelle

Il faudra sans doute savoir sortir, s'agissant de la situation du Tibet, des droits de l'homme pour aborder la question de l'autonomie de cette région d'une manière plus conforme à ce qu'elle représente pour les Chinois et à ce qu'elle représente pour les Tibétains.
A défaut de le faire et en persistant dans un réquisitoire droitdel'hommiste, il est à craindre que la Chine reste sourde longtemps à des appels qu'elle jugera, en partie à tort mais aussi, en partie, à raison, inadéquats et dangereux pour ce qu'elle estime être son intégrité et, partant, son intérêt vital.

C'est la raison pour laquelle les campagnes médiatiques appelant au boycott, ou à gâcher «ses» jeux olympiques, me paraissent malvenus et contreproductifs car, un tel chantage ne peut que radicaliser sa réaction et aboutir à une impasse.
Il faut au contraire entretenir avec cette grande nation un dialogue aussi ouvert et aussi exigeant que son rang lui fait devoir de réaliser et d'accepter.

La France a fait partie, il y a à peine quelques jours, des pays à avoir immédiatement jugé «inopportune» l'initiative des autorités taïwanaises consistant à envisager un référendum pour l'entrée de Taïwan à l'ONU.
Les élections taïwanaises ont donné la victoire au parti nationaliste favorable au maintien dans le giron chinois. C'est une bonne nouvelle, car elle écarte un risque de sécession.
Cette victoire démocratique, les taïwanais ayant voté massivement, est de nature à lever les peurs de Pékin de voir son empire se désagréger à toutes ses périphéries, comme si un signal de libération propagé à partir du Tibet pouvait fragiliser et émietter son unité nationale.
La Chine, incontestablement, lorsqu'elle entend le dalaï-lama, n'entend pas la réalité et l'objectivité des ses paroles. Elle entend une «parole» apte à faire éclater sa muraille, à ébrécher son dogme totalitaire construit, à l'origine, dans une aversion des religions.

Je crains que, quand elle entend le pape réclamer une liberté de culte pour ses fidèles réprimés, elle n'entend pas la parole du pape, mais une langue qui lui est étrangère et qu'elle perçoit, par conséquent, comme une menace et une concurrence.
Finalement, et c'est tout le drame de la Chine, elle se trompe d'ennemi et lorsque nous instruisons contre elle le procès des droits de l'Homme, tels que nous les entendons, nous participons à sa paranoïa.
Il faut aider la Chine à s'en guérir. C'est un service à lui rendre, en tant que nation, et c'est un service à nous rendre à nous-mêmes car le monde, plus que jamais multipolaire, a besoin de la Chine.
Elle ne doit pas manquer par conséquent son rendez-vous avec le XXIe siècle.

Si ces jeux olympiques de Pékin sont gâchés, ce n'est pas en effet seulement l'image de cette nation qui en souffrira, durablement, c'est, probablement, tout un jeu de relations et d'équilibres internationaux, fragiles, nécessaires à l'ordre mondial, qui seront anéantis au profit d'une ère de soupçon.
Alors, le sort du Tibet, avec ses quatre millions d'habitants, pourrait sembler bien peu important au regard de l'importance de la Chine, de son poids démographique, de sa marche à la rencontre de ce nouveau siècle.

La Chine peut encore penser sa légitimité et sa souveraineté dans ces termes, c'est vrai. Pour combien de temps encore? Elle aurait tort, en effet, de négliger une dimension: elle ne peut pas être une grande nation de l'avenir malgré un ensemble indéniable de progrès technologiques, industriels, et l'affirmation de modernité qui est la sienne, si, au fond d'elle-même, elle dissimule un vice caché hérité d'une Chine archaïque politiquement, qui ne se tiendrait que par la répression et la peur qu'elle inspire.

L'actualité de Taiwan lui montre ainsi quelque chose.
Elle peut considérer que les millions de Taiwanais qui ont voté pour le parti nationaliste ont obéi à une propagande. Elle peut considérer aussi qu'elle est aujourd'hui capable par ce qu'elle met en mouvement de tenir et de s'élever par l'adhésion consentie de ceux qu'elle administre.
La main tendue du dalaï-lama ne lui dit pas, selon, moi, autre chose.

Daniel Ciccia


Source : www.chine-informations.com,
Le 24 mars 2008 à 12:54
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