L'entrée de Singapour International Airlines (SIA) dans China Eastern (MU) vient d'être approuvée : 930M$ pour 24% de MU, dont 16% au transporteur et 8% à Temasek, le bras commercial de la cité-Etat.
Or, Air China (AC) qui avait tenté de bloquer l'opération par une contre-offre sur 10% de China Eastern, se dit tentée par un rachat de China Southern (CS), par la voix de son Président Cai Jianjiang. A notre sens, ces deux mouvements résument l'incertitude d'un secteur en quête de consolidation. Proche du pouvoir, le vent en poupe (150M€ de profits au 1er semestre, +240%), Air China se sent l'âme à assister l'une ou l'autre de ses sœurs MU et CS, qui vont mal. La 1ère, car son fief est Shanghai, ville en disgrâce politique (l'effet Chen Liangyu, qui s'éternise : cet ex-Secrétaire du Parti local est expulsé semaine passée du PCC). Le second, car Canton sa ville, est un «désert aérien», au marché aspiré par Hong Kong…
En théorie, l'alliance Chine Eastern/SIA pourrait susciter des synergies, voire une fusion à long terme… Mais après plus d'un an, l'autre alliance entre Air China et Cathay Pacific de HK, possession croisée de 17,5% du capital, n'a porté aucun fruit : faute de liberté d'entreprise, voire de tradition d'audace gestionnaire. Aussi cette tentation d'Air China de reconstituer un ptérodactyle, 20 ans après l'avoir scindé, décontenance, jusque dans ses propres rangs : dès le lendemain, M. Cai se ravise, précise que son désir… n'est pas pour tout de suite : décidément, pour remettre à plat les ailes chinoises, pas de formule magique à l'horizon !
NB : l'autre technique, pour mener les transporteurs chinois à leur taille adulte, est l'endettement : Shanghai Airlines commande 5 Airbus A321 pour 370M$, et Xiamen Airlines bloque 25 Boeing B737-800, pour 1,9MM$, discount non compris.
Paru dans Le Vent de la Chine n°28
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