L'enquête menée en Chine et aux États-Unis montre dans quelle mesure les discours très alarmistes des responsables américains de la Défense au sujet de la menace chinoise s'avèrent mal fondés.
Dans leur « China Military Report » publié au printemps dernier, les prévisionnistes du Pentagone concluaient que le développement rapide des armements chinois et leur nombre modifieraient à court terme l'équilibre des pouvoirs dans la région Asie-Pacifique.
Une prévision qui ne semble pas conforme à l'effort du ministère chinois de la Défense pour adapter ses forces aux guerres modernes. Récemment, deux centres de recherches indépendants américains spécialisés sur les questions de défense – la Federation of American Scientists et le Natural Ressources Defense Council – ont affirmé dans un rapport que des considérations budgétaires avaient guidé cette surévaluation.
Selon ces deux organisations, les agences de renseignement et les services de planification du département de la Défense exagèrent les capacités des sous-marins chinois et des missiles balistiques qu'ils peuvent emporter ; avec pour but de justifier la croissance des crédits qu'ils sollicitent au Congrès.
Néanmoins, en dépit de ces critiques, la secrétaire d'État Condoleezza Rice a encore une fois évoqué les bouleversements que ne manquerait pas de provoquer le développement militaire chinois, lors du sommet de l'APEC qui s'est tenu à Hanoï le mois dernier.
En Chine, de nombreux experts contestent également la légitimité de ces prises de position. Pour le contre-amiral Yang Yi, directeur du Centre stratégique de l'Université de défense, au regard de la taille de la Chine et de ses engagements, le gouvernement est encore loin de disposer d'une armée à la mesure de sa politique.
Traduction du chinois.
Le 05.12.06 Article paru le 3 déc. dans le journal Zhongguo Tongxun She, édité à Hong Kong.
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