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La demande chinoise d'ivoire menace les éléphants africains

PROTECTION

Copyright © Chine Informations - Daweide, le 30-11-2005 00:00
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NAIROBI (AFP) - La croissance économique de la Chine et l'augmentation du pouvoir d'achat de ses habitants, traditionnellement amateurs d'objets en ivoire, constituent "une grande menace pour les éléphants de forêt africains", ont averti mercredi deux associations britanniques de protection de la nature.

Entre 2000 et 4500 éléphants sont tués chaque année pour leurs défenses au Cameroun, en Centrafrique, en République démocratique du Congo (RDC) et au Gabon pour alimenter les marchés de l'ivoire asiatiques et africains, selon un rapport publié à Nairobi des organisations Sauvez les éléphants et Préserver la faune.
 
"La Chine est le premier importateur (d'ivoire) d'éléphants et de la plupart de ceux qui sont braconnés en Afrique centrale", selon Esmond Martin - co-auteur avec Daniel Stiles du rapport - qui prédit une catastrophe pour les pachydermes si l'ivoire devient un jour à la mode dans la classe moyenne chinoise, en pleine expansion.

"La demande qui en résulterait entraînerait une hausse des prix" de l'ivoire extrêmement dangereuse pour les éléphants d'Afrique et d'Asie, a-t-il commenté.

De son côté, le paléontologue Richard Leakey, ancien directeur du Service kényan de la faune (KWS), organisme chargé de la gestion des parcs nationaux, a jugé que "l'économie chinoise et (son) énorme croissance représentent une grande menace pour les éléphants de forêt", moins bien protégés des braconniers que les éléphants de savane.

"Les éléphants pourraient disparaître en 30 ans, si le marché n'est pas contrôlé et la répression (du braconnage) améliorée", a-t-il estimé.

Le rapport est basé sur une étude de deux ans du marché de l'ivoire. Lors de leurs travaux, les auteurs ont recensé 297.000 pièces en ivoire en vente sur des marchés à travers le monde, dont plus de la moitié en Asie, principalement en Chine et en Thaïlande.

Selon le rapport, de 5.000 à 12.000 éléphants, dont les trois quarts en Afrique, sont tués par les braconniers chaque année.

Depuis l'interdiction du commerce de l'ivoire en 1989 et les pressions internationales pour lutter contre le trafic, la Chine, qui possède une longue tradition de travail de l'ivoire, a fermé bon nombre d'ateliers de sculpture des défenses, ont souligné les auteurs de l'étude.

Mais au moins un atelier officiel reste en activité, employant une quinzaine de sculpteurs, selon le rapport. En outre, environ 300 tailleurs d'ivoire seraient toujours en activité en Chine, la plupart travaillant à leur domicile, selon Esmond Martin.

Dans une précédente étude, il avait accusé des miliciens soudanais de se livrer à du braconnage d'éléphants à grande échelle en Afrique centrale pour fournir les marchés de l'ivoire en Afrique du Nord et en Asie.

Le rapport appelle également les pays africains à lutter plus efficacement contre le trafic. Plus d'un tiers des pièces recensées par les auteurs lors de leur étude l'ont été en Afrique, où la sculpture de l'ivoire reste une activité très rentable.

Nigel Hunter, qui dirige un programme de protection des éléphants dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), a demandé à Nairobi à ce que les marchés locaux de l'ivoire soient mieux surveillés.

"La consommation des sculpteurs d'ivoire africains représente une quantité significative de la demande" mondiale, a-t-il noté.

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