Un niveau de vie en nette hausse, des gratte-ciel, des embouteillages, des mentalités qui évoluent, des langues qui se délient.
Pour le visiteur qui revient à Pékin ou à Shanghai après quelques années d'absence, la Chine a incontestablement changé , même si les grandes villes ne sont que la vitrine reluisante d'un vaste pays où la pauvreté demeure à grande échelle. Et puis en allumant la télévision à 19h , le visiteur s'aperçoit que le journal, enregistré, sert sensiblement la même propagande qu'il y a dix ou vingt ans. « Le bocal est toujours bien fermé » , résume un diplomate occidental à Pékin.
La culture du secret est d'autant plus impressionnante en ce début de siècle que l'information n'a jamais autant circulé : les Chinois voyagent en Occident, les étrangers affluent en Chine, leurs relations sont libres. Même contrôlé, l'internet fonctionne, et de plus en plus de journalistes chinois s'engouffrent dans des espaces de liberté dès que l'occasion se présente. Mais le parti unique résiste. Et plutôt bien.
L'opacité du régime dégoûte-t-il les Chinois de la politique ? Sûrement. Mais tant que leur niveau de vie augmente ou qu'ils ont l'espoir d'une vie meilleure, la contestation ne s'organisera pas, prédisent les analystes.
C'est là tout le pari du gouvernement où la nouvelle génération, sans doute plus sensible aux idéaux de démocratie, n'est pas pour autant prête à se sacrifier sur l'autel de la liberté politique.
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