La Chine promet de faire des efforts en matière d'hygiène

© AP - Daweide, le 21/06/2007 00:00

Voeu pieux ou réelle volonté de changement? Le chef des services sanitaires chinois s'est engagé mercredi à renforcer les normes d'hygiène après une série de scandales impliquant la qualité et la salubrité de produits alimentaires et de consommation courante destinés à l'exportation.

Du dentifrice fabriqué en Chine a ainsi été refusé par plusieurs pays, de l'Amérique latine à l'Asie. Et selon certaines informations, de la farine de gluten chinoise mélangée avec de la mélamine chimique aurait causé la mort de chiens et de chats en Amérique du Nord. Les autorités sanitaires américaines ont rejeté d'autres produits venant de Chine: lotte toxique, anguille congelée et jus de fruit contenant des colorants non comestible.

"La Chine va accélérer sa mise aux normes sur les produits agricoles et dans le traitement des produits alimentaires", a assuré Liu Pingjun, patron des services sanitaires chinois, dans un communiqué publié mercredi sur le site Internet de l'administration générale en charge de la surveillance de la qualité.

Cette mesure intervient alors que la Chine est confrontée à des critiques de la communauté internationale concernant la sécurité de ses aliments et d'un grand nombre de ses produits avant les Jeux olympiques qui doivent avoir lieu à Pékin pendant l'été 2008.

La Commission américaine de sécurité des produits (CPSC) a annoncé la semaine dernière le rappel de plusieurs dizaines de trains électriques miniatures de la marque "Thomas & Friends Wooden Railway Toys", et a demandé aux clients qui en avaient achetés de s'en débarrasser immédiatement. Certains de ces trains, fabriqués dans le sud de la Chine, contenaient de la peinture toxique.

Selon M. Liu, la Chine avait 1.965 normes nationales pour la sécurité alimentaire fin 2006, dont 634 obligatoires, mais "ces normes avaient en moyenne 12 ans d'âge". Il a affirmé que l'objectif était de s'assurer que les normes chinoises se conforment désormais toutes aux normes internationales, et qu'aucune d'elles n'ait été émise depuis plus de quatre ans et demi.

M. Liu n'a pas dit quels étaient les problèmes concernant les normes actuelles, ni comment elles différaient des normes internationales.

La réaction de la communauté internationale aux carences que présentent les exportations chinoises a contraint le gouvernement chinois à réagir. Récemment, il a ainsi qualifié de dangereux au moins quatre produits américains, jugeant qu'ils ne répondaient pas aux normes chinoises en matière de sécurité.

Parallèlement, des responsables de la sécurité des produits alimentaires ont préconisé d'améliorer la surveillance sur le territoire chinois. Ils ont promis de mettre en place un système de rappel de tous les produits suspects d'ici la fin de l'année. Il s'agirait d'une première dans ce pays.

Des informations faisant état d'empoisonnement alimentaire ou de produits avariés sont quasiment quotidiennes en Chine. Dernier scandale en date: une société a été contrainte d'arrêter sa production après avoir été prise la main dans le sac: elle reconditionnait des boulettes de riz datant d'il y a deux ans...

En plus de ces problèmes alimentaires, la Chine est depuis belle lurette un champion mondial en matière de contrefaçon, notamment pour les vêtements. Selon les autorités américaines, ces exportations coûtent aux producteurs légitimes, dans le monde entier, jusqu'à 50 milliards de dollars par an de pertes en ventes potentielles.

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