Pékin s'efforce de réduire sa consommation d'énergie et de la réorienter pour limiter les dégâts écologiques.
Même si un Chinois consomme dix fois moins qu'un Américain et six fois moins qu'un Européen, Pékin est aujourd'hui confronté à une demande énergétique nationale en explosion. D'une moyenne annuelle de + 4,2 % sur vingt ans, sa consommation a augmenté de 23 % en 2002, 15 % en 2003 et 2004 et 13 % en 2005. Elle est du même coup devenue l'un des pays où le rapport consommation d'énergie/unité de PIB est le plus mauvais au monde, ce qui signifie que le gaspillage y est considérable.
Le XIe Plan quinquennal dévoilé au mois de mars vise à diminuer de 20 % à 30 % la quantité d'énergie utilisée par unité de PIB gagnée entre 2005 et 2010. Actuellement, 50 millions de tonnes équivalent charbon sont nécessaires à la production de 1 milliard de PIB supplémentaire. Pour ce faire, le gouvernement mise sur la conservation d'énergie, l'amélioration des infrastructures existantes, l'utilisation d'énergies renouvelables et le développement des énergies nucléaire, hydraulique et éolienne.
Volonté de diversification. La prise en compte récente des critères environnementaux a conforté Pékin dans sa volonté de diversification de ses sources d'approvisionnement. L'hydraulique est ainsi devenue l'un des secteurs au plan le plus ambitieux. Alors qu'elle est déjà la première puissance hydroélectrique mondiale, la Chine veut faire progresser la part de l'hydraulique dans sa capacité de production d'électricité de 22,8 % en 2005 avec 117 GW installés à 30 % en 2020 avec 200-240 GW. Pékin devra ainsi construire l'équivalent du barrage des Trois-Gorges tous les deux ans, ce qui représenterait un investissement annuel compris entre 13 et 23 milliards de dollars.
Le nucléaire enregistre également une importante impulsion. Sa part devrait croître de 1,3 % en 2005 à 4 % en 2020, pour une production qui passerait d'environ 7 GW à 36 GW et un coût évalué entre 30 milliards d'euros et 40 milliards. Afin de rattraper son retard, la Chine a lancé durant l'été 2004 un premier appel d'offres pour la construction de quatre centrales dites de " troisième génération " d'une puissance de 1.000 MW. Le charbon demeure néanmoins prépondérant sur le sol chinois. En 2003, il représentait 68 % de la production nationale (contre 23 % pour le pétrole, 5 % pour l'hydraulique, 3 % pour le gaz naturel et 1,6 % pour le nucléaire) et les usines de charbon 75,8 % de la puissance installée en 2005 avec 391 GW de capacité. Si les réserves exploitables chinoises en la matière sont estimées à une centaine d'années, les dégâts environnementaux engendrés par son utilisation sont considérables. Les autorités veulent donc réduire à 60 % la part du charbon dans la production totale d'énergie d'ici à 2020.
Un souci différent se pose pour le pétrole : les réserves chinoises ne sont pas inépuisables. Le pays doit donc importer chaque année au moins 40 % du pétrole consommé. Ce chiffre devrait atteindre 63 % à 70 % à l'horizon 2020. D'après les autorités, les réserves chinoises sont estimées à 61,9 milliards de tonnes, dont seulement 23,4 milliards de tonnes ont été découvertes. D'où les tractations réalisées dans tous les recoins du globe pour assurer son approvisionnement.
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