La Chine célèbre le 70e anniversaire du déclenchement de la guerre contre le Japon, avec la sortie dans les salles de cinéma d'un documentaire américain sur les atrocités commises par l'armée impériale nippone pendant le conflit.
Les médias chinois ont toutefois souligné que ces commémorations n'étaient pas destinées à attiser un sentiment antijaponais parmi la population. "Prendre l'histoire comme miroir ne signifie pas perpétuer la haine mais éviter la tragédie d'une répétition de l'histoire", lit-on à ce propos dans les colonnes du Quotidien du Peuple, organe centrale du Parti communiste chinois.
"Nous devons faire face à l'histoire pour réaliser la coexistence pacifique, une amitié qui dure de génération en génération; pour réaliser le profit mutuel et la coopération, et le développement commun", lit-on aussi dans ce journal.
Des fourgons policiers étaient garés samedi non loin de l'ambassade du Japon à Pékin, semble-t-il pour décourager d'éventuels manifestants.
Les dirigeants gouvernementaux chinois, eux, se sont abstenus de toute déclaration publique à cette occasion.
Un groupe d'écoliers pékinois a organisé une veillée et allumé des bougies à la mémoire des victimes de l'incident du pont Marco Polo, au cours duquel des troupes chinoises et japonaises avaient échangé des coups de feu le 7 juillet 1937, plongeant leurs pays dans la guerre.
RASSEMBLEMENT AU PONT MARCO POLO
"Nanking" est l'un des films sur le massacre de Nankin sortis cette année à l'occasion du 70e anniversaire de la chute de cette ville, alors capitale chinoise, aux mains de l'armée japonaise le 13 décembre 1937.
Le film, qui évoque des Occidentaux qui avaient établi une zone de sécurité pour réfugiés à l'intérieur de Nankin, comporte des images de corps de jeunes enfants empilés les uns sur les autres, des comptes rendus de témoins chinois racontant des viols et des tortures commis par les soldats japonais. Des acteurs de Hollywood lisent des extraits de journaux tenus par des Occidentaux dans la zone de sécurité, et d'anciens soldats japonais reconnaissent avoir pris part au massacre.
Selon la Chine, l'armée japonaise a massacré 300.000 civils dans la seule ville de Nakin. Le tribunal allié créé après la Seconde Guerre mondiale pour juger les responsables de la "guerre du Pacifique" a situé le bilan du massacre à 142.000 morts. Certains historiens japonais affirment que ces chiffres sont exagérés et parlent de 20.000 soldats et civils tués.
Un millier de personnes doivent participer samedi à un rassemblement dans un musée près du pont Marco Polo, dans la banlieue de Pékin. Ensuite aura lieu le vernissage d'une exposition. Une autre exposition, regroupant des photos de guerre, s'est ouverte d'ores et déjà à Shenyang, dans le nord-est de la Chine.
Benjamin Kang Lim
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