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La Chine s'apprête de nouveau à ordonner un évêque sans l'aval du Vatican

VATICAN

Copyright © Yahoo! Actualités - Daweide, le 02-05-2006 00:00
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La Chine communiste devrait ordonner cette semaine un deuxième évêque sans l'approbation du Saint-Siège, une décision qui pourrait compliquer les difficiles négociations entre Pékin et le Vatican en vue d'une normalisation.

La Chine s'apprête de nouveau à ordonner un évêque sans l'aval du Vatican

Après l'ordination dimanche du père Ma Yinglin à Kunming (sud-ouest), l'Eglise patriotique chinoise comptera mercredi un nouvel évêque, un prêtre de la province de l'Anhui (est).

Liu Xinhong sera ordonné au cours d'une cérémonie dans l'une des plus grandes églises de la province, à Wuhu, a indiqué le père Liu Anping, qui assistera à cette ordination.

"C'est prévu pour demain, nous sommes tous en train de nous rendre à Wuhu", a déclaré le père Liu (pas de lien de parenté avec Liu Xinhong), précisant que des centaines de personnes seraient présentes.

La Chine compte plusieurs millions de catholiques divisés entre une Eglise "patriotique" contrôlée par le pouvoir, dont le nombre de fidèles serait d'environ quatre millions, et une Eglise clandestine fidèle au Vatican, qui rassemblerait une dizaine de millions de croyants.

Depuis le début de son pontificat, le pape Benoît XVI ne cache pas son intérêt pour une normalisation des relations avec la Chine, rompues par Pékin au début des années 1950.

La Chine pose deux conditions pour un rétablissement officiel des liens : la souveraineté dans ses affaires religieuses et la rupture des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taïwan, que Pékin considère comme une province rebelle.

Entamées dans les années 1990, des négociations avaient été suspendues pendant cinq ans après l'ordination par Pékin en 2000 de cinq évêques sans l'aval du pape.

Le cardinal de Hong Kong, Joseph Zen, a estimé mardi que le Vatican devrait à nouveau cesser de discuter avec Pékin.

"Le Vatican devrait suspendre (les négociations). (La Chine) a annihilé la confiance placée en elle. Ils négocient. Puis ils mettent les gens devant un tel fait accompli. C'est vraiment une mauvaise attitude. C'est vraiment déloyal", a déclaré à l'AFP le cardinal, nommé en mars à cette fonction par Benoît XVI.

"C'est très grave. Cela devrait entraîner une réaction très forte" de la part du Vatican, a ajouté Mgr Zen. Le Saint-Siège va sous peu réagir "de manière très forte", a ajouté le cardinal, connu pour son franc-parler.

Pour Beatrice Leung, une spécialiste des relations Chine-Vatican, la décision d'ordonner deux évêques en quelques jours ne peut venir que du sommet de l'Etat.

"Cela montre qu'il n'y a pas de progrès dans les négociations et que les autorités chinoises veulent tester le Vatican, en rappelant qu'elles ont le pouvoir d'ordonner qui elles veulent", a déclaré cette experte basée à Taïwan.

Ces nominations semblent avoir jeté le trouble dans l'Eglise officielle où de nombreux membres souhaitent un rapprochement avec le pape.

"Personnellement, je respecte l'opinion du Vatican", a indiqué à l'AFP un homme qui a répondu au téléphone d'une église de Hefei, la capitale de l'Anhui.

Selon lui, sans invitation spéciale, les fidèles ne pourront assister librement à la cérémonie de mercredi à Wuhu.

"Seuls les gens invités pourront y assister. Ils ont peur que des catholiques protestent car cette ordination n'a pas été approuvée par le Vatican", a déclaré cet homme, sous couvert de l'anonymat.

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