La Chine accompagne l'Afrique dans son processus de développement (REPORTAGE SPECIAL) (1 / 2)
AFRIQUE
Avec la montée en puissance économique de la Chine, le partenariat sino-africain a pris un nouvel élan et ses effets ne passent pas inaperçus.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 50 ans, grâce à l'appui chinois, le continent africain a vu la construction de 2 200 km de voies ferrées, 3 400 km de routes, la création de 20 centres de démonstration agricole, 30 centres de lutte contre le paludisme, et le développement d'une centaine de projets liés aux énergies renouvelables...
Les liens sino-africains ne datent pas d'hier. C'est dans les années 50 que la Chine et l'Afrique ont commencé à oeuvrer côte à côte pour faire avancer la cause de la décolonisation. Le chemin de fer Tanzanie-Zambie, le port autonome de Nouakchott, les missions d'assistance médicale, autant de projets forts qui ont émaillé l'histoire de l'assistance chinoise à l'Afrique.
LE CASSE-TETE CHINOIS POUR LES CONGOLAIS
Ombélé, village du département de la Cuvette en République du Congo.
Cette localité, qui a vu naître l'ancien chef de l'Etat Marien Ngouabi, est un célèbre site touristique. Mais ce petit éden n'accueillait pas beaucoup de visiteurs, en raison de son accès difficile, faute d'axe routier Owando-Makoua-Mambili-Ouesso.
"Le passage d'Owando-Makoua-Mambili-Ouesso a été, pour le commun des mortels, un véritable 'casse-tête chinois', parce qu'il fallait toute une journée pour faire la seule partie reliant Owando à Makoua", rappelle le sous-préfet de Makoua, Jean Pascal Koumba.
Les habitants de la région devaient donc parcourir de longues distances à pied dans la forêt équatoriale du district de Mokeko pour se rendre à l'école, aux champs ou aux zones de commerce.
"Nous avons beaucoup souffert avant la construction pour nous de cette route par une entreprise chinoise. Par manque de voie tracée, nous nous déplacions dans la brousse [...] Nos enfants étaient fatigués de marcher ainsi sur de longues distances", déplore une paysanne de Mokeko.
L'entreprise chinoise en question, c'est la CRBC (China Road and Bridge Corporation), qui s'est vu confier les travaux de construction du tronçon Owando-Makoua-Mambili-Ouesso de la route nationale N2.
D'une longueur de 330 km, ce tronçon est d'importance capitale pour le pays. Elle permet de relier le Congo au Cameroun et de rejoindre l'axe routier qui mène jusqu'au port autonome de Pointe-Noire, porte de sortie maritime du Congo.
Les travaux étaient durs. Sur les chantiers entourés de ravins et de précipices, les ouvriers devaient affronter nombre de problèmes de survie. Par exemple, la rencontre avec des serpents venimeux ou des crocodiles féroces faisait partie de leur quotidien. Personne n'a été épargné par les piqûres d'insectes et certains ont même attrapé le paludisme et la dengue, selon un responsable de la CRBC.
La route contribue à combler le déficit du Congo en infrastructures routières, le pays possédant à peine 2 000 km de routes bitumées sur ses 18 000 km de réseau routier. Il va sans dire que le projet chinois permet aussi d'améliorer les conditions de vie des Congolais.
"L'activité agricole, avec la chasse, la pêche et la pisciculture, principales richesses de Makoua, se développent grâce à cette route, car elle facilite l'évacuation des produits des populations riveraines vers les grands centres de consommation, dont Brazzaville", explique M. Koumba.
En plus du développement de l'activité agricole, le projet a créé des emplois, avec 550 ouvriers, en majorité congolais, mobilisés pour les travaux.
"Nos relations avec l'employeur chinois sont très bonnes, il intervient même dans nos besoins les plus rudimentaires [...] mais il convient de vous dire que la plupart d'entre nous n'ont pas de qualification professionnelle réelle", confiait un employé sur le chantier.
"Cette route nous apporte une réelle satisfaction professionnelle", indiquait un autre ouvrier congolais, ajoutant que cela permettait aux ouvriers de couvrir leurs besoins les plus urgents et en plus d'apprendre un métier.
La route du développement passe par le développement de la route. Ce qui se passe ici en est une parfaite illustration.
DES CHAUSSURES PLASTIQUES AU THE CHINOIS
"La discrétion est de mise ici. J'aime l'esprit de travail qui prévaut et qui ne fait pas de distinction", avoue à Xinhua, Philippe Afusuku, un employé africain qui travaille pour Zenith Plastics, une société chinoise basée dans la zone industrielle de Yopougon, à l'ouest d'Abidjan.
Après 13 années passées au sein de cette entreprise, Philippe Afusuku a été promu chef du personnel de la société, qui compte plus de 200 employés à plein temps et 70 contractuels.
"Aujourd'hui, elle [l'entreprise] compte environ 150 employés locaux. Mais il faut dire que nous avons du personnel employé par le biais de la sous-traitance avec notre entreprise. Ceci fait environ 600 travailleurs au total", révèle M. Afesuku, précisant qu'en plus des Chinois, des Mauriciens et des Philippins figurent parmi le personnel expatrié, au nombre de 13.
La société, dirigée par le Chinois Lee Kam Chuen, a démarré ses activités en Côte d'Ivoire en 1982. Elle est spécialisée dans la production de chaussures et de bols en plastique à bas coût et de bonne qualité.
Depuis l'implantation de son entreprise, le patron s'est donné pour ambition de dynamiser, d'accroître et de diversifier la production de Zenith Plastics. Au fil des ans, l'entreprise s'est fait un nom, et les habitants l'appellent communément "la société des Chinois".
"La marque Zenith est recherchée", indique M. Afesuku, ajoutant que c'est une fierté de pouvoir mettre des chaussures à la portée de tous.
Quant à l'environnement qui règne au sein de l'entreprise, il dit se sentir bien ici.
"L'atmosphère est familiale", fait remarquer le chef du personnel, visiblement satisfait.
Comme plusieurs autres de ses collaborateurs, il gagne sa vie en travaillant dans la société.
A en croire M. Afesuku, au-delà de la rigueur, l'action sociale prime au sein de la société chinoise.
"Je me souviens qu'un employé devait être renvoyé pour faute grave. Mais le patron Lee n'a pas eu le coeur de le faire, en apprenant que l'employé indélicat avait une famille nombreuse à entretenir et que les siens vivraient mal sans son soutien. Il a donc préféré qu'on lui inflige simplement une sanction disciplinaire et l'homme ainsi corrigé a repris son travail", rappelle-t-il.
Outre le secteur de l'industrie de transformation, les initiatives chinoises s'étendent également aux domaines de la diététique et de la santé en Afrique.
Marie-Anne Zon, une enseignante à Yopougon (à l'ouest d'Abidjan), fait partie des inconditionnels en nombre croissant des produits de diététique et santé chinois.
"Depuis une dizaine d'années, j'utilise des compléments alimentaires, le thé chinois et des produits médicamenteux à base de plantes. Ils me procurent beaucoup d'équilibre physique et leur efficacité n'est plus à démontrer", affirme-t-elle, précisant que toute sa famille a fini par la suivre dans ses habitudes sanitaires et diététiques.
"Au-delà de ma personne, ces entreprises qui fabriquent ces produits apportent leur contribution à la santé et au bien-être des populations", ajoute Mlle Zon.
Pour celle-ci, l'installation de commerces de produits chinois profite surtout aux bourses les plus modestes, les prix étant généralement abordables. (à suiv
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