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Jeux olympiques de Pékin 2008 : Trêve de moteurs pour un ciel bleu

POLLUTION

Copyright © chine-informations.com - Daweide, le 10-04-2006 00:00
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Jeux olympiques de Pékin 2008 : Trêve de moteurs pour un ciel bleu

Pour les Jeux olympiques de 2008, Pékin rêve d'un ciel bleu. Étouffée par le smog  presque toute l'année, la ville multiplie les tactiques pour contrer la pollution et améliorer la qualité de l'air. Or, d'ici à ce que les athlètes du monde entier foulent la capitale chinoise, le temps s'annonce plutôt gris. 

Sur la place Tiananmen, l'ironie est mordante. Devant le babillard qui égrène les secondes avant le début des JO, il n'est pas rare d'apercevoir un badaud portant un masque pour mieux respirer. Dans toute bonne pharmacie, citadins et touristes peuvent se procurer ce bout de tissu semblable à celui qu'utilisent les chirurgiens. Pékin est une des villes les plus irrespirables de la planète. En 2005, une étude de l'agence spatiale européenne a conclu que la capitale chinoise et les régions avoisinantes avaient le plus haut niveau de dioxyde de nitrogène au monde, une substance qui peut causer des dommages irréparables aux poumons.

Cette distinction n'a pas empêché Wang Dawei, directeur de la qualité de l'air au sein de l'agence de la protection de l'environnement de Pékin, d'afficher une confiance à tout épreuve jeudi dernier. "Avec toutes les mesures que nous préparons, a-t-il confié à l'AFP, j'ai confiance dans le fait que la qualité de l'air sera très bonne durant les jeux Olympiques. Cela ne sera vraiment pas un problème."

Histoire de ne pas se rater son coup, M. Dawei a prévu une opération-choc. Durant une période de deux mois, débutant quelque temps avant le coup d'envoi des JO et se terminant après les Jeux paralympiques, plus de deux millions de voitures devront rester immobiles. Sur les 3,5 millions d'automobiles qui devraient circuler à Pékin en 2008, les autorités comptent restreindre ce nombre à 1,85 million, puis à 1 million  au cours des deux semaines de compétitions.

Afin d'inciter les conducteurs pékinois, les autorités promettent entre autres des vacances payées et des abonnements gratuits aux transports publics. Quant aux récalcitrants, ils seront forcés de laisser leurs véhicules au garage, a annoncé M. Dawei ; foi de gouvernement autoritaire. 

Du 25 juin au 17 septembre, la majeure partie des quelque 3000 chantiers de construction de la Ville cesseront. Les usines et centrales électriques polluantes seront fermées et les routes seront aspergées régulièrement pour éviter la poussière. Des avions et des fusées seront même utilisés pour disperser dans les nuages de l'iodure d'argent ou du nitrogène liquide afin de provoquer des pluies et se débarrasser ainsi des particules en suspension.

Le gouvernement chinois, qui voit dans ces Jeux la consécration de son développement économique et de sa puissance mondiale, a dépensé des milliards de dollars pour construire des autoroutes, de nouvelles lignes de métro et des sites de compétition flamboyants. Quel cauchemar si les médias de la planète devaient plutôt être éblouis par la piètre qualité de l'air ; par l'épaisse couche de smog qui, comme c'est le cas la plupart du temps, couvre le ciel !  

Ces dernières années, 4000 vieux autobus roulant au diesel ont été retirés de la circulation, remplacés par des autobus au gaz naturel. Pour accélérer les déplacements durant les Jeux, le comité organisateur compte aussi s'équiper de 800 autobus alimentés à l'électricité, qui voyageront sur des voies réservées. Les taxis, qui pullulent à Pékin tant ils sont bon marché, ont aussi été purgés : 30 000 tacots ont été mis au rancart, substitués dans la majorité des cas par des Hyundai Elantra vertes et jaunes.

Plus de cent centrales électriques au charbon, grandes responsables de l'émission de soufre, ont également été déplacées hors de la ville et les mines des environs ont dû fermer leurs portes. La plupart des édifices et des industries utilisent désormais le gaz naturel ou du charbon moins polluant. Sans mentionner les millions d'arbres qui ont été plantés et les surfaces désertes maintenant terrassées.  

"Le progrès a été lent, mais sans tous ces projets, la qualité de l'air aurait été pire que ce qu'elle est actuellement", soutient M. Wang. "Il y a des problèmes écologiques, mais nos amis chinois font tout ce qu'ils peuvent pour les prévenir et trouver des solutions", a assuré de son côté déclaré mercredi dernier à Séoul, le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge.

En janvier, pourtant, les 15 millions d'habitants de la capitale chinoise ont connu le mois le plus pollué depuis six ans. Grand coupable : les automobiles, qui, en raison de la hausse du niveau de vie, ont envahi la ville. En 2005, il s'est vendu près de 1000 voitures neuves par jour à Pékin, portant leur nombre à 2.6 millions. Au cours des 5 dernières années, leur nombre a plus que doublé et devrait augmenter d'un autre 40 % d'ici 2008. À ce rythme, il faudra sans doute plus qu'une trêve de moteurs durant les Jeux pour obtenir un ciel bleu.

Marc Allard

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