Les performances commerciales de la Chine ne semblent pas porter ombrage à la place stratégique de Hongkong. Les autorités de ce territoire chinois, bastion du capitalisme en Asie, s'enorgueillissent des avantages proposés aux investisseurs étrangers. Mais, si l'île continue d'attirer le plus gros des investissements étrangers, le continent semble vouloir la rattraper.
En 2005, les sommes investies à Hongkong par des compagnies étrangères ont atteint 533 milliards de dollars (407 milliards d'euros), en hausse de 17 %, quand ceux en direction de la Chine continentale atteignaient 318 milliards de dollars (+ 29 %), selon le "Rapport sur l'investissement dans le monde en 2006" de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced)."La liste des impôts que nous n'avons pas est plus longue que celle que nous avons", affirme Mike Rowse, directeur général de la promotion des investissements à Hongkong. En 2007, de nouvelles mesures fiscales favorisant l'utilisation de l'île comme tremplin d'investissement en Chine verront le jour.
UN PAYS, DEUX SYSTÈMES
Selon le principe d'"un pays, deux systèmes", en vigueur depuis sa rétrocession à la République populaire de Chine en 1997, l'ancienne colonie britannique, devenue région administrative spéciale (SAR) chinoise, jouit d'une certaine autonomie par rapport au pouvoir de Pékin.
Elle bénéficie d'une devise convertible, d'un système bancaire privé, où l'Etat n'intervient que comme régulateur, d'un flux libre d'informations, et d'un état de droit exercé par un pouvoir judiciaire indépendant.
A contrario, l'hyper-réglementation ou le vide juridique rencontrés en Chine continentale découragent certains investisseurs. "Nous avons préféré délaisser Shenzen ou Shanghaï, où le marché des prix est instable et capricieux et les questions de propriété intellectuelle posent problème", explique Didier Dutronc, président pour la région Asie-Pacifique de la société Wavecom.
Mais, depuis l'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), il y a cinq ans, et alors que Hongkong y siège à part entière, la donne a changé.
"Cette franchise presque exclusive est aujourd'hui remise en question par les entreprises étrangères qui choisissent de s'installer directement sur le continent", précise Donald Tsang, chef de l'exécutif du territoire de Hongkong.
L'intérêt des investisseurs reste limité aux régions chinoises limitrophes des villes de Hongkong, de Shanghaï ou de Pékin et disposant d'une avantageuse façade maritime sur la mer de Chine.
D'après une étude de la Banque mondiale, Shanghaï, et ses 17 millions d'habitants, a attiré à elle seule, en 2004, près de 362 dollars d'investissements directs étrangers par habitant.
Pékin et le Tianjin n'en ont recueilli que 172, et les dynamiques provinces du Jiangsu, du Zhejiang et du Guangdong, dans le sud-est du pays, 128 dollars en moyenne, soit 25 fois plus que la moyenne des provinces du nord-ouest du pays.
Maguy Day
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