Un nouveau foyer de grippe aviaire de type H5N1 a été découvert dans l'est de la Chine, dans la province de l'Anhui, tandis que les autorités européennes travaillent de leur côté à renforcer leur arsenal réglementaire pour empêcher le dangereux virus H5N1 de prendre souche sur le Vieux continent. Le foyer a été détecté le 20 octobre dans le village de Liangying, a précisé le ministère chinois de l'Agriculture. Quelque 550 volatiles ont péri et 44.736 ont été détruits, selon le rapport des autorités vétérinaires locales transmis à l'OIE. Des mesures de quarantaine, de désinfection et de vaccination ont été prises dans la région.
La semaine dernière, la Chine a été touchée par les premiers cas de grippe aviaire depuis deux mois, en Mongolie intérieure, où quelque 2.600 oiseaux sont morts du virus H5N1 dans une petite ferme qui compte moins de 10.000 volatiles, principalement des poulets, des oies et des paons. Qualifiant la situation de "grave", les autorités chinoises ont pris des mesures sur le terrain."Nous avons le sentiment que la coopération que nous apporte la Chine est vraiment importante, c'est transparent. Ils signalent les cas rapidement et la coopération se fait sans difficultés, en particulier dans le partage de l'information", a expliqué à l'AFP le représentant de la FAO.
La Chine est particulièrement touchée par le virus de la grippe aviaire mais aucun cas humain n'a officiellement été détecté.
En Indonésie, une quatrième personne est morte de la grippe aviaire, ont annoncé mardi les autorités indonésiennes et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette victime était originaire de la région de Bogor. Le nombre de contaminations confirmées par le virus H5N1 de la grippe aviaire se monte lui à sept dans l'archipel, selon ces même sources.
L'Organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a annoncé lundi qu'elle allait envoyer très prochainement en Indonésie une "équipe d'experts" pour combattre "à la source" les foyers de grippe aviaire et établir des centres locaux de surveillance de la maladie, principalement à Java.
La grippe aviaire a tué plus de soixante personnes depuis 2003 en Asie du sud-est.
Face à la multiplication des cas suspects - et des fausses alertes- les autorités européennes s'efforcent de renforcer leur arsenal réglementaire. La Commission européenne proposera ce mardi aux 25 Etats membres de l'Union européenne d'instaurer un embargo sur les importations dans l'UE des oiseaux sauvages vivants en provenance du reste du monde, a annoncé lundi le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, au cours d'une conférence de presse à Luxembourg. Selon une source européenne, aucun pays membre n'est intervenu pour s'opposer à l'embargo.
Le Royaume-Uni avait demandé un tel embargo à la suite de la découverte en Grande-Bretagne d'un perroquet en quarantaine atteint du virus de la grippe aviaire. Les autorités britanniques recherchent la présence éventuelle du H5N1 chez des oiseaux venus de Taïwan qui avaient côtoyé le perroquet, a annoncé à la BBC Debby Reynolds, chef des services vétérinaires britanniques.
La présence du virus de la grippe aviaire de type H5 a été confirmée dans l'est de la Croatie sur des échantillons prélevés sur des cygnes retrouvés morts près de Nasice, à 15 kilomètres d'un premier foyer. Avant même de savoir s'il s'agissait de la variante la plus dangereuse, le H5N1, la Commission européenne a annoncé son intention d'interdire l'importation de volailles vivantes en provenance de Croatie.
Le Portugal attend les résultats de tests sur douze oies et cinq mouettes trouvées mortes sur une plage du centre du pays à Peniche (environ 100 km au nord de Lisbonne).
En Russie, un nouveau foyer a été découvert dans la région de Tambov, à moins de 500 kilomètres au sud-est de Moscou. Le chef adjoint du département du contrôle vétérinaire du ministère de l'Agriculture, Nikolaï Vlassov, a confirmé à l'AFP qu'il s'agissait bien du virus H5N1.
Fausse alerte en revanche à Malte, comme cela avait déjà été le cas pendant le week-end en Suède, alors qu'en Sicile, des tests étaient pratiqués sur huit poulets et un héron retrouvés morts ou agonisants.
En Roumanie, les autorités ont mis fin à la quarantaine à laquelle avaient été astreints les habitants de Ceamurlia de Jos, l'un des deux villages du delta du Danube touchés par le virus de la grippe aviaire. "Les opérations de décontamination du village sont achevées", a indiqué le ministre de l'Agriculture Gheorghe Flutur.
A Copenhague, avant l'ouverture d'une réunion de trois jours de responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Commission européenne, Gudjon Magnusson, directeur du bureau européen de l'OMS, s'est montré plutôt rassurant pour l'Europe. "En se préparant de façon adéquate et en passant à l'action, l'Europe peut éviter la situation que nous voyons en Asie", berceau de l'épidémie et région la plus menacée, a déclaré M. Magnusson dans une conférence de presse.
"Il est important de ne pas relâcher les efforts en Europe en ce moment, mais le coeur de la guerre contre la grippe aviaire, c'est l'Asie, et l'Europe a d'excellentes chances de contenir le virus", a-t-il ajouté.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Lee Jong Wook a insisté pour sa part lundi sur la nécessité d'aider les pays les plus pauvres à faire face à une éventuelle pandémie de grippe, notamment en leur facilitant l'accès à des médicaments antiviraux.
"Nous devons trouver les moyens d'aider les pays en développement. Chaque pays devrait avoir accès à des médicaments antiviraux", a-t-il dit lors de la séance inaugurale de la conférence sur "la préparation mondiale à une éventuelle pandémie de grippe", à laquelle participent des ministres de la santé et des experts d'une trentaine de pays.
AFP
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