Paris, le 13 octobre 2007
LETTRE OUVERTE ADRESSEE A MONSIEUR JEAN PIERRE RAFFARIN
Vice Président du groupe d'amitié France Chine au Sénat
Signée par des chercheurs ou entrepreneurs français installés ou opérant avec la Chine
Monsieur le Sénateur,
Chercheurs ou entrepreneurs français installés ou opérant avec la Chine, nous observons des disfonctionnements dans l’appareillage institutionnel français qui, à notre sens, préjugent défavorablement des ambitions de notre pays devrait nourrir.
Actuellement, la structuration du système financier public et privé favorise les grandes entreprises et les PME à voilure importante. En revanche, c’est le régime de la portion congrue pour les entrepreneurs audacieux, les porteurs de projets, les créateurs d’entreprise qui constituent désormais l’extrême majorité des initiatives lancées en Chine. Aujourd’hui, ces derniers s’aventurent en Chine avec des moyens du bord, généralement limités. Rien n’est envisagé, notamment, pour les entreprises créées ex-nihilo. Par exemple, les outils de couverture d’assurance de la Coface ne sont accordés qu’aux seules entreprises établies, dégageant du chiffre d’affaires. Quand on sait qu’il faut au minimum trois ans pour installer durablement une affaire, c’est, en somme, rendre impossible cette perspective ! Ainsi, si vous n’êtes pas dans le velours d’une structure établie, vous êtes exclus du jeu ! Nous considérons que les dispositifs d’accompagnement financiers d’accompagnement existants doivent être remis à plat ! Ce constat est vrai dans de nombreux domaines, et notamment en matière de développement urbain, où les entreprises américaines, anglaises, allemandes, sont très présentes, sur un marché qui présentera durablement de très fortes opportunités.
Pareillement, nous nous étonnons du manque de proposition eu égard à l’émergence de partenariat groupé Franco chinois dans le cadre des technologies innovantes. Comme vous le savez, en France, la situation de la recherche et de l’innovation technologique est préoccupante. De fait, beaucoup de chercheurs éprouvent des difficultés à s’arrimer à un projet entrepreneurial, pas davantage sont-ils mieux entendus par les grands groupes ! Qui plus est, pour passer de l’idée au projet, toute innovation nécessite du temps, des essais. Cette exigence est souvent contrariée par l’absence de moyens, une réglementation par trop contraignante et ensuite par des mises en jeu des responsabilités dans l’éventualité d’un accès au marché. A contrario, en Chine, l’affirmation de la puissance technologique de la Chine repose aussi sur l’existence de grands projets à rentabilité non immédiate. Dans ce cadre, la contrainte comptable est plus lâche, le canevas expérimental plus étendu, les axes de recherche plus variés. Pas ou peu de mise en jeu de responsabilité. Déstabilisée en France, s’affirmant en Chine, la recherche s’impose désormais à l’échelle mondiale. Mieux vaut donc, à notre sens, promouvoir une démarche commune. Dans un cadre qui serait à tracer, nous pourrions valoriser la mise en place de projets communs. Les compétences s’agrégeraient pour configurer de nouveaux produits et expertises. De surcroît, cette orientation donnerait naissance à des entreprises destinées à commercialiser les technologies mises au point. Au lieu de parler de transferts technologiques, il s’agirait de « partage technologique ». Les brevets qui en seraient issus seraient à la disposition de chaque pays. Si d’aventure une telle initiative était engagée, les co-créations de nouvelles technologies devraient déboucher dans chaque pays sur de l’emploi, ce qui constitue le leitmotiv de toute ambition !
Une remarque aussi sur les structures qui accompagnent les entreprises françaises en Chine. Il existe aujourd’hui des organisations qui dépendent du Ministère des affaires étrangères, d’autres du Ministère de l’économie, d’autres encore financés par des régions ou des collectivités territoriales, d’autres liées à des organisations professionnelles, bref aucune cohérence entre ces structures, des affectations de postes sur 2 ou 3 ans, des personnels qui ne connaissent peu le monde de l’entreprise, la plupart n’ayant jamais créé ou développé d’entreprises. Arrêtons de confier le développement international des PME françaises à des fonctionnaires qui ne connaissent mal le monde de l’entreprise, utilisons les expériences d’expatriés qui ont vécus de longues années à l’international, regroupons les forces en un seul et même organisme à l’instar du MITI japonais ! Peut-être pourrions-nous avoir une organisation privée en charge du développement international des PME françaises ? Une organisation qui ne dépende ni des affaires étrangères, ni des finances mais qui soit directement en relation avec le ministère de l’économie et qui agisse sur un spectre plus large qui aide tous les français qui veulent développer une activité à l’international.
Veuillez recevoir, Monsieur le Sénateur, nos sentiments considération.
Nicolas Buchod ( Renaissance urbaine / aménagement urbain )
François de la Chevalerie ( Paneurochina / valorisation de la vase de mer )
Fati Fazalah ( Ingénieur génie civil )
Claude Foulon ( Chercheur en agronomie )
Jacques Humbert ( Chercheur, Docteur en Chimie )
Jean-Claude Jubin ( Vice-Président du Groupement Européen pour les Echanges Internationaux G2ei )
Nicolas Kondratovich ( Président de Beaver International / Mettallurgie )
Hervé Lambel (Goupement de PME)
Daniel Levacher ( Chercheur, Docteur d’Etat es Sciences )
Serge Liepao ( Entrepreneur )
Thierry Meunier ( keynetwork )
Christian Perrot ( IDS/désinfection )
Haiyang Song ( Universitaire )
Wang Zhong ( Universitaire )
Pamela Zhou ( China Messengers )
Hui Wang ( Shenyang industries )
Jiarong Wei ( Asefica )
NDLR : cette lettre envoyée au sénateur n'a pas encore eu de réponse.
Le carnet de J.P. Raffarin : http://www.carnetjpr.com
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