22 éléments chinois sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco
PATRIMOINE CULTUREL
Le 30 septembre 2009, lors de la quatrième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (organe exécutif de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco de 2003) à Abou Dhabi (Émirats arabes unis), 22 éléments chinois sont inscrits à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco.
Contexte :
Cette Liste représentative est une des mesures proposées par la Convention de l'Unesco de 2003 pour mettre en valeur et sauvegarder les éléments immatériels du patrimoine culturel de l'humanité. Certaines civilisations, asiatique, africaine ou océanique ont longtemps été ignorées par le concept du "patrimoine mondial" de l'Unesco (la Convention du patrimoine mondial de 1972) qui met l'accent sur l'aspect monumental du patrimoine culturel. La Convention de 2003 représenterait ainsi une tribune pour les civilisations dans lesquelles les éléments immatériels occupent une place aussi, voire plus importante que les bâtis. Selon l'article 2 de la Convention de 2003, les "patrimoines culturels immatériels" sont "les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel". La Convention prévoit également d'établir une liste dite "de sauvegarde urgente" afin d'apporter une assistance internationale (y compris des soutiens financiers) aux éléments culturels immatériels menacés de disparition. Il s'agit d'un véritable dispositif de sauvegarde comparé à la Liste représentative qui a comme vocation d'"assurer une meilleure visibilité du patrimoine culturel immatériel " (article 16 de la Convention). La première inscription à la liste de sauvegarde urgente est en cour et les résultats doivent être publiés avant ce vendredi 2 octobre 2009.
Avant l'adoption de la Convention en octobre 2003, l'Unesco avait déjà mis en place un dispositif de "Proclamation des chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité", 90 éléments ont été ainsi proclamés "chefs-d'œuvre" entre 2001-2005. En novembre 2008, ces 90 éléments ont été intégrés dans la Liste représentative en application de l'article 31 de la Convention de 2003.
La Chine, pays très riche en patrimoine culturel immatériel, a été le sixième pays à ratifier cette convention de 2003 et a commencé dès 2005 sa mise en application. Pour l'inscription à la liste représentative de 2009, une trentaine de dossiers de candidatures sont présentés par le gouvernement chinois et 22 sont retenus par le Comité intergouvernemental. Cela représente un pourcentage important sur l'ensemble des 76 éléments inscrits cette année. Parmi les 22 éléments chinois nouvellement inscrits, l'on retrouve les expressions culturelles les plus emblématiques de la Chine, telles que la calligraphie chinoise, la sériciculture et l'artisanat de la soie, le festival du Bateau-Dragon ou le papier-découpé chinois. Mais se trouvent également sur cette liste des éléments culturels des ethnies minoritaires nationales chinoises, tels que l'opéra tibétain, la tradition épique du Gesar 格萨尔 (tibétain et mongol), le grand chant du groupe ethnique Dong 侗族大歌, l'art mongol du chant Khoomei, ou la danse des fermiers du groupe ethnique coréen en Chine 朝鲜族农乐舞. L'on ne peut négliger non plus la présence du Nanyin (南音 musique) et des cultes et rituels de Mazu, deux éléments culturels très répandus aux deux rives du détroit de Taiwan, soulignant ainsi les liens culturels entre les deux régions. En effet, pour les autorités chinoises, la mise en œuvre de la Convention fait partie de la politique générale de la construction de l'État-nation multiethnique et multiculturel, le choix des candidats nationaux par l'État chinois est donc loin d'être anodin.
La France a présenté sept dossiers de candidature à la Liste représentative cette année et trois sont retenus : la tapisserie d'Aubusson, la tradition du tracé dans la charpente française et le Maloya (une forme de musique, un chant et une danse propres à l'île de la Réunion). Le dossier de la tradition culinaire française qui a fait couler beaucoup d'encre n'a pas fait partie des candidats présentés cette année.
Les dossiers de candidature ainsi que les photographies et vidéo associées sont consultables sur le site Web de l'Unesco : http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?pg=00011
WANG Li pour Chine-informations.com
Doctorante en droit du patrimoine culturel.
Contact : liwangh[at]gmail.com
Sur le même sujet...
- [24/03/12] Chine : le Xinjiang s'engage à renforcer la protection de son...
- [26/03/12] La "Pompéi chinoise" pourrait être reconnue par l'UNESCO
- [08/04/12] Un restaurant a reçu l'ordre de déménager d'un temple historique de...
- [05/03/12] Découverte de milliers de statuettes de Bouddha dans le nord de la...
- [13/03/12] Chine : le bonze supérieur du temple Shaolin propose de protéger le...






boutique.jpg)








