Contrer la cybercriminalité et renforcer la sécurité cybernétique, priorités du 21e siècle (UIT)
UIT
Le secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications (UIT), Hamadoun Touré, a déclaré mercredi à Genève que "contrer la cybercriminalité et renforcer la sécurité cybernétique étaient désormais les priorités du 21ème siècle".
En coopération avec l'UIT, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) ont organisé mercredi un panel de haut niveau sur la sécurité cybernétique et de la cybercriminalité. Ces menaces, en pleine émergence, soulèvent de sérieuses préoccupations auprès des Etats et du secteur privé.
"Les crimes cybernétiques sont devenus l'un des plus grands défis de notre époque. Ils affectent les gouvernements, les organisations, les entreprises et les particuliers dans le monde. Ils représentent une menace pour les autoroutes de l'information qui constituent la partie vitale de la société moderne", a déclaré le Dr Carlos Lopes, directeur exécutif de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR).
M. Touré, a expliqué que "bientôt près de 6 milliards de personnes seront en possession d'un portable et près de 2,3 milliards d'individus surfent sur la toile". "Il est du devoir de l'UIT de veiller à ce que les utilisateurs des nouvelles technologies puissent le faire en toute liberté, gratuité et sécurité", a ajouté le secrétaire général.
"Nous sommes conscients des avantages d'internet mais nous devons aussi être conscients des dangers qu'il représente", a-t-il averti. D'après le chef de l'UIT, "on enregistre chaque année, des pertes de plus de 1000 milliards de dollars dans le monde du fait de la cybercriminalité".
Selon le Dr John Savage, directeur à l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (OUNDC), la cybercriminalité touche aussi bien les pays développés que les pays émergents (Brésil, Inde, Chine, Russie). Le crime organisé se perfectionne au fil des années et utilise les nouvelles technologies pour augmenter ses gains. "Les cybercriminels innovent sans cesse et ont souvent une longueur d'avance sur les autorités de surveillance", a précisé le directeur de l'ONUDC.
Le représentant russe du ministère des Affaires étrangères, Ernest Chernukhin, a dit que "les définitions des termes terrorisme cybernétique, crime cybernétique n'ont pas encore été fixées de manière internationale ainsi il est difficile de qualifier le degré de criminalité des actions et les sanctions qui s'y appliquent".
"La sécurité cybernétique est une problématique majeure qui nécessite la collaboration et la coordination entre les gouvernements, les organisations régionales et internationales, les entreprises, les communautés d'experts et la société civile", a déclaré le Dr John Savage. Selon le Dr Hamadoun Touré, une réponse mondiale s'impose à la cybercriminalité.
Selon une estimation de la société "Impact", plus de 650 000 systèmes ont été infectés dans le monde. La cybercriminalité est un fléau qui coûte plus 1 000 milliards de dollars aux pays développés et constitue un danger important pour les économies et les sociétés. Selon Hamadoun Touré, elle aurait fait plus de 431 millions de victimes dans le monde en 2011.
Selon le rapport 2011 de l'entreprise américaine de sécurité informatique, Symantec, les dommages liés à la cybercriminalité s'élèveraient à 924 millions de francs en Suisse l'an dernier. Au niveau mondial, ils s'élèveraient à 388 milliards de dollars.
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