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Comment accroître le volume des échanges commerciaux franco-chinois ?

La France s'efforce de rattraper le temps perdu

Pour une série de raisons, le développement des relations de coopération entre la Chine et la France n'est pas à la hauteur de la puissance effective des deux pays. Bien que les relations commerciales franco-chinoises aient récemment connu un essor rapide, il existe un certain nombre de facteurs défavorables qui entravent leur plein développement.

A la fin du siècle dernier, la France n'était que le 11e fournisseur de la Chine, représentant une part de marché de 1,9% seulement. Le Japon en revanche occupe 16,2 % du marché chinois, les Etats-Unis 8% et l'Allemagne 5,5%.

La part du marché chinois occupée par la France équivaut en fait au onzième de la part du Japon et au tiers de celle de l'Allemagne. Parmi les pays de l'UE, la France est à la traîne derrière l'Allemagne et la Grande-Bretagne et il est arrivé que l'Italie et les Pays-Bas la dépassent. A la suite de la vente de plusieurs appareils Airbus, la balance commerciale de la France avec les pays asiatiques a connu pour la première fois l'équilibre en 1995.

Mais alors que Airbus occupe 30% du marché mondial des avions de ligne, sa part en Chine ne dépasse pas 7%. Du côté français, on signale que bien que la France représente 5,2% du commerce mondial, sa part sur le marché chinois ne cesse de se rétrécir. Bien que les échanges commerciaux ait connu un véritable bond ces deux dernières années, la France reste le quatrième partenaire commercial de la Chine dans l'UE, après l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie. En même temps, le volume des investissements français en Chine est également inférieur à celui de ses voisins européens. La France craint d'être sur la touche lorsque la Chine, qui représente 20% du marché des moyens de production, fera des offres d'appels pour ses grands projets de développement.

Les Français estiment que le faible développement du commerce franco-chinois est dû au fait que les entreprises françaises n'ont pas investi suffisamment en Chine. Les PME françaises en particulier n'ont pas vraiment réussi à s'implanter sur le marché chinois. Certains produits français ne sont pas compétitifs et les positions françaises lors des négociations commerciales se caractérisent encore trop souvent par une certaine rigidité. Face à l'âpre concurrence du Japon et des Etats-Unis, la France a beaucoup de mal à se faire une place au soleil. En outre, avant 1984, alors qu'un grand nombre d'entreprises françaises adoptaient une attitude de franc scepticisme à l'égard de la politique de réforme et d'ouverture en Chine, les entreprises allemandes, américaines, japonaises et italiennes se ruaient en Chine.

Le gouvernement et les entreprises français ont pris conscience de ces problèmes. Depuis 1994, la France s'efforce de rattraper son retard. De grosses compagnies de l'électricité, du pétrole, de l'aéronautique, des télécommunications, des chemins de fer, de la banque et des assurances ont déjà commencé à faire des affaires en Chine ou sont en passe de le faire. Le porte-parole de la présidence française a indiqué que pour le moment, la France n'occupe qu'une part de 1,4% du marché chinois, alors que la part de l'Allemagne s'élève à 5%. La France doit par conséquent redoubler d'efforts pour combler son retard. Le ministre du Commerce extérieur a de son côté déclaré que comme le marché chinois représente un marché exceptionnel pour les entreprises françaises, il était temps que les entreprises qui sont capables de pénétrer sur le marché chinois surmontent leurs doutes.

En Chine, la France est certes un arrivant tardif, mais du côté français on est maintenant fermement décidé à arracher un morceau substantiel du gâteau chinois : de hauts fonctionnaires du gouvernement font avancer les négociations commerciales tandis que les entreprises font des plans de coordination et d'implantation collective. L'année dernière, le président Chirac a proclamé l'objectif de doubler en trois ans le nombre de PME installées en Chine. On passerait ainsi de 3500 PME actuellement à 7000 en 2007. Rien qu'en 2005, 1000 PME françaises devraient faire leur entrée en Chine. Dans ce but, la France a organisé trois grandes manifestations afin de stimuler les échanges entre les PME chinoises et françaises, à savoir une exposition consacrée à la maison en juillet à Beijing, et un forum des PME au Guangdong en septembre et un autre à Shanghai en novembre.

Une attitude éclairée en matière de transfert de technologies

Depuis l'année dernière, la puissance globale de la France est passée de la quatrième à la cinquième place mondiale, mais elle reste deuxième en ce qui concerne l'exportation de services et de produits agricoles et quatrième en matière d'exportation de moyens de production (il s'agit principalement d'équipements). Bien que les produits français soient moins compétitifs que ceux des Etats-Unis, de l'Allemagne et du Japon, la France continue de jouir d'une position de pointe dans un certain nombre de domaines : il s'agit en particulier de l'énergie, des transports et de l'agro-alimentaire. La France a adopté une attitude relativement éclairée vis-à-vis de la Chine dans le transfert de technologies. La France s'efforce aussi de faire lever l'interdiction européenne des ventes d'armes à la Chine.

La Chine, qui cherche à diversifier ses fournisseurs, a tout intérêt à renforcer ses liens avec la France. Il existe un grand potentiel de coopération dans les domaines suivants : protection de l'environnement, construction d'infrastructures et modernisation de l'agriculture. Simultanément, la Chine doit s'efforcer de mieux exploiter le marché français et européen, améliorer la composition de ses exportations, augmenter ses investissements directs, afin de surmonter les barrières douanières et équilibrer la balance commerciale. Les entreprises chinoises qui cherchent à faire des affaires en France jouissent d'un certain nombre d'atouts importants : exonération de 18,6% de la TVA, réduction de 38% de l'impôt sur les bénéfices durant les trois premières années. Un salaire de 4000 euros donne droit à un permis de séjour à long terme et un visa de tourisme de six mois peut être obtenu.

QP.

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Le 27 septembre 2005
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