La tentative de Washington de semer la discorde entre la Chine et l'Afrique est vouée à l'échec

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Chen Shun, le 06/08/2012 10:11

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, présentement en tournée de 11 jours dans six pays africains, a donné le ton à son périple africain dès son arrivée au Sénégal, premère étape de son déplacement: prôner le modèle de la démocratie américaine et répandre la notion des droits de l'Homme.

De prime abord, on pense que plaider pour la démocratie et les droits de l'Homme en Afrique n'a rien d'incorrect. Mais le discours prononcé à Dakar par la chef de la diplomatie américaine dévoile, entre les lignes, des inquiétudes américaines par rapport aux investissements chinois en Afrique et dissimule une certaine intention de Washington de rivaliser avec Beijing sur le continent africain.

Du haut de la tribune de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Hillary Cliinton a dit: "L'époque où les gens de l'extérieur arrivaient sur place pour extraire les richesses de l'Afrique pour eux-mêmes, ne laissant pratiquement rien derrière, devrait être révolue". Bien qu'elle n'ait pas précisé nommément de qui il s'agissait, on comprend aisément ce que l'oratrice laissait entendre par insinuation, quand on se rappelle les sempiternels blâmes que les médias occidentaux jetaient sur les investissements chinois en Afrique, faisant croire que les Chinois ne faisaient que prendre des ressources sans tenir compte de la protection de l'environnement et du developpement local.

Mais, ironiquement, ce sont les puissances coloniales de l'Occident qui étaient "les gens de l'extérieur" arrivés en Afrique pour en extraire la richesse pour eux-mêmes, ne laissant rien ou très peu derrière.

Dans ses paroles, Hillary Clinton semblait ignorer que lors de la 5e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération Chine-Afrique tenue en juillet à Beijing, la Chine a annoncé un nouveau prêt de 20 milliards de dollars à l'Afrique en faveur des infrastructures, de l'agriculture, des industries manufacturières et du développement des petites et moyennes entreprises. Ce montant est deux fois de celui engagé par le gouvernement chinois il y a trois ans. Sans risque de se tromper, on constate que les pays africains préfèrent cette "aide réelle et tangible" à des prédications ou des promesses lancées en l'air.

De fait, les Etats-Unis appréhendent de voir la Chine entrer en Afrique. Non parce que "la présence de la Chine a perturbé ce qui est de la démocratie, des droits de l'Homme et de la loi", mais parce que les Chinois ont gagné la faveur et l'amitié des peuples africains en les traitant de manière égale et sincère. Plusieurs dirigeants africains, dont le président sud-africain, Jacob Zuma, ont apprécié la façon dont la Chine a tissé ses liens avec l'Afrique. Même des personnalités des milieux intellectuels de l'Occident ont dû reconnaître que "la Chine a aidé l'Afrique au moment où nombre d'Occidentaux ont affiché du mépris à l'égard de ce continent".

En dernière analyse, le voyage de Mme Clinton en Afrique vise à contrecarrer l'avancée de la Chine et à lancer la compétition avec ce pays dans le continent. Toutefois, inquiets des activités commerciales en Afrique et de l'aide désintéressée de la Chine aux Africains, les Etats-Unis, hantés par leurs propres difficultés économiques, n'ont guère le temps ni la volonté d'investir dans la construction de l'Afrique; leurs promesses demeurent donc le plus souvent au bout de leurs lèvres; l'assistance accordée est assortie de moult conditions qui sont difficiles à accepter pour les pays africains.

Ces dernières années, la coopération économique et commerciale sino-africaine a connu un essor. En 2009, par exemple, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique, en remplacement des Etats-Unis. L'an dernier, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique a atteint 166,3 millards de dollars, soit une augmentation de 83% par rapport à celui enregistré en 2009. Devant cette réalité, il serait naturel que certains diplomates américains éprouvent un sentiment de frustration et de jalousie. Par contre, il n'est pas de coopération à coeur ouvert sans le respect, l'égalité et l'amitié.

La Chine souhaite que d'autres pays viennent en aide à l'Afrique. Les Chinois, travailleurs et intelligents, n'ont jamais peur de la concurrence. Las de voir l'influence de la Chine monter régulièrement en Afrique, Washington se doit de comprendre ceci: dénigrer autrui pour faire gonfler sa propre influence serait inutile et impossible, et semer la discorde entre la Chine et l'Afrique pour arriver à son but est voué à l'échec. Ce qu'il faudrait faire, c'est suivre les conseils du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon: Nous devons nous inspirer du modèle de la Chine dans l'assistance à l'Afrique et profiter de son expérience réussie dans la coopération sino-africaine. Voilà ce dont l'Afrique a réellement besoin.

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