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La modernisation du xiangsheng pourrait favoriser sa renaissance

© Chine Nouvelle (Xinhua) - LI Xiang, le 25/04/2012 02:22, modifié le 25/04/2012 02:44

Pour la plupart des Chinois, la Suisse est célèbre pour son chocolat, ses montres luxueuses et ses Alpes, et le ressortissant helvétique le plus populaire, particulièrement auprès des jeunes, est sans doute Roger Federer.

Cependant, un autre Suisse a imposé sa marque auprès du public chinois. Il s'agit de Liam Bates, ou, de son nom chinois, "Li Mu".

A l'instar du Canadien Mark Rowswell, très connu en Chine sous son nom chinois "Da Shan", Liam Bates possède une passion pour le xiangsheng, une forme de comédie traditionnelle chinoise. C'est dans un taxi pékinois, lors de sa première visite en Chine en 2004, que Liam Bates, alors âgé de 16 ans, a découvert le xiangsheng à la radio. Curieux de comprendre de quoi les comédiens parlaient, il décida d'apprendre le chinois à l'université. Une fois qu'il eut acquis un bon niveau de langue, il devint apprenti de xiangsheng, sous la houlette de Ding Guangquan, comédien renommé de xiangsheng de Chine.

"Le xiangsheng est, pour moi, une autre façon d'apprendre la langue chinoise", explique Liam Bates. "Si tu ne comprends pas le xiangsheng, cela signifie que tu n'as pas un bon niveau de chinois".

Liam Bates se souvient d'un discours prononcé par Mark Rowswell devant des étudiants de chinois lors d'un séjour à Hawaï en compagnie de Ding Guangquan. Il avait indiqué qu'il était possible d'interpréter le xiangsheng pour les Etrangers. Si l'on change la langue du chinois à l'anglais et que l'on trouve l'allusion dans la culture anglophone pour les développements ultérieurs de l'histoire, avec nos techniques, on peut finalement faire rire les spectateurs non sinophones, avait précisé Mark Rowswell.

"La façon de faire rire [les spectateurs] est la même partout dans le monde. L'humour fonctionne de manière identique, quelle que soit le public. La seule différence est le contexte culturel", affirme Liam Bates, ajoutant que le xiangsheng est caractérisé par les allusions littéraires ou historiques propres à la Chine.

Toujours à Hawaï, Liam Bates se souvient d'une anecdote concernant des kuaiban, sortes d'instruments de percussion chinois en bambou. Les kuaiban se composent de deux parties, l'une comprenant cinq morceaux courts, l'autre deux morceaux longs. Les morceaux de bambou sont reliés par des fils. Les cinq morceaux courts sont généralement tenus dans la main gauche, et les deux morceaux longs dans la main droite.

Pour accueillir Ding Guangquan et ses apprentis étrangers, un Hawaïen s'est mis à jouer du ukulélé, et Liam Bates a pris ses kuaiban pour l'accompagner. Deux instruments locaux traditionnels, issus de cultures complètement différentes, se sont ainsi offerts en concert.

"J'ai une fois fait la même chose dans une station de métro de Beijing où un homme jouait de la guitare. J'ai pris mes kuaiban pour faire le rythme, alors que le guitariste jouait et chantait. Une vidéo de cette collaboration a largement été diffusée sur Internet", poursuit Liam Bates.

"Les kuaiban peuvent même être utilisés dans le rock. C'est incroyable, mais cela a déjà été fait, et je l'ai essayé plusieurs fois. On peut utiliser les kuaiban pour faire le rythme et remplacer la batterie", affirme-t-il.

"Il faut de la nouveauté", déplore-t-il cependant en évoquant la perspective morose des kuaiban. Même si cet instrument est, selon lui, très populaire auprès des Etrangers, peu de jeunes Chinois souhaitent aujourd'hui apprendre à en jouer.

"Si l'on utilise les kuaiban dans la musique moderne, par exemple si Jay Chou (très populaire chanteur taiwanais) peut s'accompagner de cet instrument, beaucoup de jeunes décideront certainement d'apprendre à en jouer", ajoute-t-il, faisant allusion ici à la chanson "Nunchaku" de Jay Chou, une arme traditionnelle fortement popularisée par Bruce Lee.

"Il en va de même pour le xiangsheng". Selon lui, Internet permet la large diffusion du xiangsheng et en favorise la création. "Il y a une vidéo en ligne dans laquelle trois étudiants d'une université étrangère présentent un sketch de xiangsheng. Ils avaient bien préparé les objets de moquerie, mais ont mal présenté leur sketch, car ils ne savaient pas très bien interpréter le xiangsheng".

Pour lui, l'attrait du xiangsheng réside dans le contact entre les acteurs et les spectateurs.

Sur une scène errigée au milieu d'un quartier ou d'une communauté, devant un public composé en grande partie de personnes âgées, c'est ainsi que l'on présente le xiangsheng depuis plusieurs centaines d'années, sous les rires et les applaudissements des spectateurs. "C'est une ambiance formidable", conclut-il.

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