La journée de mercredi marquait le 110ème anniversaire de la naissance de Zhou Enlai. A cette occasion, une exposition au musée national des Beaux-Arts de Beijing présentait un aspect méconnu de la vie du feu Premier ministre : son grand intérêt pour l'art.
Le nom de l'ancien Premier ministre Zhou Enlai évoque plutôt l'engagement politique que la fibre artistique. Pourtant, ce personnage incontournable de l'histoire contemporaine chinoise fait l'objet d'une exposition de photos, peintures, croquis, sculptures et même cartes postales au musée national des Beaux-Arts de Beijing, sur 1 800 mètres carrés répartis en cinq salles.
Toutes les galeries sont recouvertes d'une couleur pourpre qui rehausse la solennité de l'endroit.
L'exposition inédite consacrée à Zhou Enlai débute par la présentation de trois cartes postales, prêt du musée d'histoire de Tianjin, qui reproduisent "Les Glaneuses" de Millet, "Les Funérailles d'Atala" de Girodet-Trioson et "L'Age d'airain" de Rodin. Elles ont été utilisées par l'homme d'Etat chinois dans sa correspondance avec une association de jeunes de Tianjin et prouvent l'intérêt de Zhou Enlai, alors étudiant en France, pour l'art en Occident.
Son dévouement à la Révolution chinoise est dépeint sur de nombreuses toiles, dont "Le Premier Ministre et le peuple" et "Zhou Enlai dans une zone sinistrée". Au total, soixante peintures, réalisées entre 1930 et 1980, redonnent vie au ldirigeant disparu.
Zhou Bingyi, nièce de l'ex Premier ministre, se souvient - émue - de ses conversations avec son oncle, au moment de son entrée à l'université.
Zhou Bingyi
Nièce de Zhou Enlai
"Mon oncle a toujours porté une grande attention au développement des beaux-arts. Je suis allée le voir avant d'entrer à l'académie centrale des beaux-arts de l'époque, devenue maintenant le département des beaux-arts de l'université Tsinghua. Zhou n'était pas homme à précipiter ses jugements. Il m'a dit que le pays avait besoin de toute urgence de talents artistiques qui aideraient à exporter l'image de la Chine. Après cette discussion, j'ai pris ma décision."
Les affinités de Zhou Enlai avec les grands noms du monde de l'art ont grandement bénéficié à son développement dans le pays. A différentes époques, il a donné une impulsion décisive au mouvement artistique chinois.
Son amitié avec les maîtres Qi Baishi, Xu Beihong et He Xiangning, est restée célèbre et se décline en clichés noir et blanc tout au long de l'exposition. Pendant les heures sombres de la révolution culturelle, il a redonné espoir à beaucoup d'artistes victimes de persécutions politiques.
En 1972, Zhou Enlai apprend qu'il a le cancer. Il mourait quatre ans plus tard, le 8 janvier 1976 à Beijing. Même si c'est le thème de l'engagement politique qui se dégage de l'exposition, les efforts de Zhou Enlai dans le domaine de l'art ont encouragé la création artistique même après sa mort.
L'exposition aide donc le grand public à se rendre compte de l'influence de Zhou Enlai dans l'art contemporain chinois.
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