Enquête sur le parcours exceptionnel et méconnu du père de la Chine moderne, disparu en 1997, qui a mené son pays du marxisme inflexible au capitalisme le plus débridé.
Mercredi, 20 février 2008 à 21:00 sur ARTE
Sait-on aujourd'hui que le "socialisme à la chinoise" qui est en train de remodeler l'équilibre géopolitique de la planète suit à la lettre un programme élaboré dès les années 60 par Deng Xiaoping ? Comment l'homme du sérail, qui allait décider, en 1989, d'écraser dans le sang le mouvement démocratique de la place Tian An Men, a-t-il forgé ce système politique hybride, entre répression et ultralibéralisme, sans pour autant se couper du parti ? Archives et témoignages, notamment de ses enfants et de ses proches collaborateurs, racontent un parcours aussi romanesque que chaotique, qui reflète à lui seul les grandes lignes de fracture de la Chine au XXe siècle.
Né en 1904 dans une famille de la paysannerie aisée, Deng est envoyé en France à 16 ans par son père, fervent patriote : sa mission ? Apprendre de l'Occident pour sauver la Chine. Chez Schneider au Creusot, puis Renault à Billancourt, la dureté du travail le marque profondément : venu s'initier au capitalisme, c'est le communisme qu'il découvre. Auprès d'autres expatriés qui formeront l'ossature du PC chinois, comme Zhou Enlai, il devient un militant zélé, bientôt appelé à Moscou, où il est témoin des efforts de reconstruction de l'URSS. De retour en Chine en 1926, il intègre le cercle étroit des fidèles de Mao et y révèle ses talents de stratège militaire, mais surtout d'économiste, avant de participer à la Longue Marche. Après l'instauration de la République populaire (1949), vice-Premier ministre chargé de l'Économie, il combat activement les adversaires du régime, s'engageant sans réserve dans la chasse aux intellectuels de la campagne des Cent-Fleurs (1957). Mais dans un régime dictatorial, rien n'est simple... Plusieurs fois exilé ou déchu de ses fonctions, il doit aussi louvoyer dans un parti verrouillé par Mao et sa femme. Le film rappelle ainsi la violence de la Révolution culturelle, dont Deng fit les frais en 1966. En 1976, la mort de Mao lui permet de revenir sur la scène...
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